L’électrification des mobilités sera-t-elle un accélérateur de la désindustrialisation européenne ?

Encore très marginaux en termes de volume des ventes, les véhicules électriques (à batterie ou à hydrogène) s’insèrent tout doucement dans le paysage des mobilités européen grâce à des incitations fiscales fortes et des restrictions plus draconiennes pour leurs homologues thermiques. Les projets, les modèles et les marques se multiplient dans le secteur automobile et les annonces n’en finissent plus de dévoiler un avenir 100% électrique dans un horizon de plus en plus proche. Pour autant, cette électrification des mobilités accompagne une réalité industrielle qu’il est nécessaire d’appréhender sur un plan géopolitique en raison d’une véritable bascule effective depuis 2015 et qui a déjà commencé à produire des effets singuliers sur l’industrie du Vieux Continent.

Crédit illustration : Pexels.com

La lutte pour le marché de l’électromobilité est un déterminant du pivotement géopolitique qui a cours, penchant de plus en plus nettement vers le continent asiatique… Y. Harrel expose que l’électrification des mobilités, en dépit de réelles qualités, entraîne la disparition de tout un savoir-faire industriel européen tant par l’exclusion d’autres solutions technologiques que par l’absence d’approche systémique de cette transition imposée par les pouvoirs publics nationaux et européens.

Lire l’analyse complète sur Diploweb.com.

 

Cyberstratégie Est-Ouest

 

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Union européenne : le futur dystopique en QR code

Pexels – Cotton Bro

Mardi 29 mars 2021 a été présenté le futur passeport sanitaire de l’Union Européenne par le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton. Un document sous forme papier ou numérique qui devrait permettre à des millions d’européens de retrouver leur vie d’avant, du moins est-ce ainsi que le projet est présenté. Celui-ci contiendra plusieurs données accessibles par QR code, dont votre nom, votre prénom, votre sexe, votre date de naissance, votre numéro de carte sociale, votre état de santé (comprendre si vous avez été porteur du virus par le passé), votre état de vaccination (première ou seconde dose) ainsi que votre type de vaccin.

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L’Union Européenne, prototype de dictature post-démocratique

De prime abord, l’intitulé du texte qui suit serait de nature à dispenser de sa lecture tant la question qu’il soulève paraît incongrue. Pour la majorité des observateurs peu avertis ou  limitant leur jugement aux apparences, l’Union Européenne ne saurait être qualifiée de dictature. Une reconnaissance faciale de son régime politique ne montre en effet aucun des stigmates qui signalent une essence dictatoriale : ni parti unique, ni corps de doctrine formalisé, ni police politique, ni office central de propagande, ni autocrate omnipotent, ni embrigadement de masse, ni théatralisation du pouvoir, mais au contraire : institutions pluralistes, liberté d’opinion et de réunion, procédures démocratiques, revendication de l’état de droit, etc.

Conjuration de Catilina

Récent et encore peu exploré, le concept de post démocratie laisse entendre un régime politique qui traduirait l’achèvement et le dépassement d’une période bi séculaire d’émergence et de développement de la démocratie (environ de 1800 à 2000).Ce  questionnement a aujourd’hui pour cadre obligé l’Europe elle-même en tant que matrice de toutes les idéologies et de la quasi-totalité des régimes politiques répertoriés dans l’Histoire contemporaine. S’agissant de l’Union Européenne, le sujet appartient à l’actualité dans la mesure où s’y déroule, depuis « les crises », un débat public sur le besoin de son « perfectionnement démocratique », signifiant à la fois un présupposé de démocratie existante, et son imperfection relative. Ce débat a cependant été instantanément orienté et verrouillé  par le postulat du renforcement de l’intégration européenne, présenté comme le moyen et la  condition de ce perfectionnement. C’est notamment la thèse du philosophe allemand Jürgen Habermas, affirmant en corollaire que la France a vocation à l’impulser en raison de son aptitude aux conceptions idéalistes. S’y greffe le thème devenu récurrent d’une présumée « crise de l’Europe », exploité pour maintenir l’opinion publique dans l’angoisse des dangers menaçant « la construction européenne », et donc justifiant l’exigence d’un nouveau « saut démocratique ».

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Mondialisation et territoires

Le sujet semble facile voire éculé ; tout ou presque aurait déjà été écrit sur la mondialisation et le phénomène serait maintenant parfaitement compris ; ses évolutions deviendraient anticipables. Le rapport de la mondialisation au territoire a toujours été complexe. Interdépendants et pourtant opposés, les deux n’ont cessé de constituer depuis le milieu du XXe siècle un couple thermodynamique central dans la compréhension de l’économie politique mondiale. Le territoire peut d’ailleurs être considéré suivant plusieurs échelles – c’est même le propre de la géographie économique – ces mêmes échelles se répondant, voire s’opposant. Continuer la lecture

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L’idéologie de l’ouverture

Le texte qui suit se limite à un caractère d’introduction exploratoire. La nature et la dimension du sujet nécessitent l’approche d’analystes politiques ou d’opérateurs spécialisés dans les méthodes actuelles de gestion de l’opinion publique : formatage des idées, fabrication du consentement, culpabilisation collective, production d’émotions, technique des amalgames, etc. L’évidence initiale perceptible par les observateurs avertis est toutefois que l’idéologie de l’ouverture détient une place centrale irradiante dans la stratégie globale d’orientation et de contrôle de l’Union Européenne.

Dans leur sens commun, le terme, le thème ou le fait de l’ouverture n’auraient de prime abord aucun rapport avec le registre des idées, s’il n’était constaté que le discours européen de l’ère postcommuniste s’en est emparé pour en faire un concept à la fois doctrinal et opérationnel. Pour en saisir d’emblée la portée, il convient d’accoupler ce concept à la formulation de l’alternative à double caractère d’avertissement et d’injonction diffusée et répétée en leitmotiv, à savoir : « l’ouverture à l’Autre », laquelle doit être opposée au « repli sur soi ».

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Préparer l’avenir, affermir le présent : les choix de Vladimir Poutine

10 août 2016 : Vladimir Poutine annonce que les services de renseignement russes ont déjoué plusieurs attentats ukrainiens, diligentés par les autorités de Kiev, en passe d’oeuvrer sur le sol de Crimée. L’annonce est d’autant plus inhabituelle que d’ordinaire ce type d’accusation est l’apanage du gouvernement ukrainien. Le ton solennel du président russe suivi de mouvements de troupes aux frontières ukrainiennes ont relancé une situation de crise qui tendait à s’appaiser, même relativement, dans la région.

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12 août 2016 : Sergueï Ivanov, chef de la sécurité présidentielle et fidèle compagnon de Vladimir Poutine, aest muté, à sa demande est-il bien précisé, aux questions d’environnement et de transports. Il est remplacé par Anton Vaïno, ambitieux quadra et diplomate de métier, au même poste, et sur recommandation du partant est-il une nouvelle fois précisé.

Si le lien entre les deux évènements n’apparait pas clairement, il ne saurait pour autant être éludé si l’on considère l’imbrication du contexte interne et externe propre au pays.

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Quelques scénarios catastrophe et surprises stratégiques pour 2017…

Disserter sur les surprises stratégiques est toujours utile, aussi bien pour analyser les surprises du passé (Sont-elles des « surprises » ? Sont-elles « stratégiques » ?) que pour conceptualiser la notion. Toutefois, la finalité de ce travail consiste à mieux appréhender les surprises du passé afin d’éviter les surprises de demain. En comprenant les mécanismes de la surprise passée, on cadre les trous noirs de nos postures stratégiques de façon à éviter de reproduire l’erreur. En ce sens, ce travail d’enquête factuelle devrait contribuer à une bonne décision stratégique. L’inconvénient, c’est qu’on ne fait que prolonger les courbes, ce qui n’est pas le meilleur moyen de percevoir les nouveautés.

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Une autre méthode consiste à se tourner vers l’avenir, en utilisant une méthode des scénarios. Il ne s’agit pas ici de prédire l’avenir, ni même d’entrer dans un processus de prospective, mais de bâtir des scénarios crédibles de façon à les présenter au décideur : l’objectif ne vise pas à prendre des décisions aujourd’hui pour contrer cette crise spécifique mais à envisager son éventualité qui peut nécessiter des décisions de prudence. Au fond, penser l’impensable est la meilleure façon de ne pas être surpris, même si la réalité diffère forcément du scénario proposé. Ainsi, on considère que le futur construit le présent : c’est parce qu’on pense le futur (objet de toute démarche stratégique) que l’on va influer sur le présent. La méthode serait plus efficace que celle du retour d’expérience, qui part du principe que l’étude du passé permet de mieux comprendre le présent. Penser les ruptures de demain serait ici plus efficace pour agir aujourd’hui.

Tentons l’expérience en cet été 2016, qui est déjà furieusement bouleversé et chaotique. Or, notre intuition laisse présager que nous soyons au début d’un bouleversement encore plus systémique.

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Conséquences stratégiques de la confrontation Union Européenne – Grèce

L’échec et la capitulation devant les autorités européennes du nouveau gouvernement grec,le 13 juillet 2015, et après 5 mois de tractations, peut être considéré comme l’évènement politique le plus important en Europe depuis la chute du bloc soviétique au tournant des années 1990.Il serait de courte vue de n’y voir qu’une péripétie supplémentaire de «la crise grecque» ouverte depuis 2010.

Enlèvement Europe

Dans cette mise en perspective, l’emploi des termes échec et capitulation est d’abord justifié pour balayer l’apparence d’une négociation dont la fiction a été entretenue par le système dirigeant de l’Union Européenne avec le concours de la majorité des media. Il n’y a eu aucune négociation entre la Grèce et le bloc formé par la Troïka élargie en «quartet» (FMI,BCE, Commission Européenne, Eurogroupe), mais au contraire une stratégie ayant pour objectif la capitulation sans conditions du gouvernement grec élu en janvier 2015. Les méthodes employées par ce quartet en termes tactiques et de communication sont à elles seules un cas d’école de guerre non militaire tel qu’on en observe dans la géopolitique de la période post soviétique.

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