Le « Remote Carrier » est-il l’avenir du drone de combat ?

Loyal Wingmen, ou Remote Carrier, ces curieuses appellations, en attendant de trouver le bon terme en français, désignent toute une nuée d’appareils qui s’intégreront au(x) système(s) de combat aérien futur(s), aux côtés des avions “pilotés”. A mi-chemin entre le drone et le vecteur autonome, ils sont les instruments au service du pilote de chasse.


Illustration ci-dessus: les “remote carriers” selon Airbus Defence & Space (vue d’artiste)
 
 
Star du Salon du Bourget 2019, le New Generation Fighter ou “NGF” de Dassault Aviation (maître d’oeuvre, en collaboration avec Airbus), était accompagné sur le tarmac de deux curieux appareils, au design de missile de croisière. Un chez Airbus, l’autre chez le missilier MBDA. Ces appareils sont officiellement appelés “remote carriers”, littéralement des effecteurs détachés du chasseur. Il ne s’agit pas d’armes, mais bien d’aéronefs intégrés au groupe de combat durant une mission.

Apparus ces deux (ou trois) dernières années dans les modélisations des industriels et forces aériennes occidentales, les “loyal wingmen” comme on les appelle aux USA, font partie de la solution imaginée pour percer la fameuse bulle A2/AD (anti area/aerial denial) qui, incarnée à travers le très (trop ?) fameux système de défense AA et anti-missile russe S-400, doit mettre à bas la toute puissante domination aérienne de l’Occident.

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Après le 7 janvier – INDECT : Vers un système global de surveillance européen

Durement touchée par des attaques terroristes sanglantes, notre nation va devoir s’interroger sur la pertinence d’un « Patriot Act » à la française qui impacterait de fait une partie des libertés individuelles, pour la bonne cause. La question principale est bien celle de la position du curseur séparant « Security » et « Privacy ». Où accepterons-nous de placer ce curseur et quels espaces de liberté sommes nous prêts à entamer pour gagner en sécurité ? La mise en place d’infrastructures globales de surveillance automatisées risque de susciter des réactions violentes, du rejet et des frustrations. Pourtant, ces architectures peuvent aussi se révéler extrêmement performantes pour contenir et limiter une opération terroriste. L’Europe n’a pas attendu d’être attaquée pour développer ce type d’infrastructure. Elle a travaillé en effet durant 5 ans sur le programme (FP7) INDECT que nous présentons dans cet article.

fig 1 INDECT

Source – site officiel INDECT – www.indect-project.eu

INDECT en deux mots

Sélectionné par le programme de recherche et développement de la commission européenne FP7, le projet européen INDECT fait bien peu parler de lui au regard des enjeux majeurs qu’il sous-tend en termes de sécurité collective sur l’espace public, de liberté individuelle et d’éthique [1].

Littéralement, INDECT désigne un système d’information intelligent soutenant l’observation, la recherche et la détection pour la sécurité des citoyens en milieu urbain. Lancé en janvier 2009, ce programme européen de recherche s’est fixé l’objectif de concevoir une infrastructure algorithmique destinée à la détection automatique des menaces, des comportements anormaux ou de violence à partir des flux de données issues notamment des caméras de vidéo surveillance et du web.

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