5 ans d’Echoradar – Des Gémonies à l’Olympe, le tardif succès du Rafale

En une poignée d’années, l’avion de combat omnirole Rafale de l’avionneur Dassault s’est imposé auprès de plusieurs pays, soucieux de disposer d’un avion de combat performant et éprouvé. Et pourtant ! De la coupe aux lèvres, le breuvage fut amer durant plus de deux décennies, les moqueurs se le disputant aux Cassandre : trop performant, trop cher, ce bel avion ne se vendrait jamais. Retour sur l’un des travers franco-français qui de fiasco est devenu un véritable succès industriel ainsi que d’influence.

(Source)

Retour sur image

Imaginé dans les années 70, développé dans les années 80 et 90, les premiers appareils commencèrent à être livrés d’abord à l’Armée de l’air française en 2001 puis à l’Aéronavale en 2002, avec cinq années de retard. [1] Las, le bijou technologique que de nombreuses autres armées devaient nous envier, débutait sa carrière la coiffe de radar baissée et, surtout, sans aucun contrat d’exportation. Une première si l’on se réfère aux précédents programmes à succès de l’avionneur (Mirage 3 et Mirage 2000 en particulier). Corée du Sud, Pologne, Singapour, Arabie Saoudite, Maroc, Suisse ou Brésil, la liste des échecs du meilleur avion de combat de sa génération ressemblait à la longue litanie de défaites commerciales successives et parfois cinglantes. [2]

Le 16 février 2015, l’Égypte signe le premier contrat export mais aussi premier contrat historique. Il aura en effet fallu attendre 27 ans pour vendre un premier lot de 24 Rafale à un autre client que l’État français. [3] Suit un autre lot de 24 appareils, pour le Qatar cette fois, en décembre 2015, avec une option levée en 2017 pour 12 appareils supplémentaires. En septembre 2016, l’Inde signait pour un lot de 36 appareils. En moins de deux ans, une centaine d’appareils venaient d’être vendus et les premiers exemplaires livrés à l’Égypte. Loin de s’arrêter à ces premiers succès, l’équipe Rafale France escompte vendre encore 215 appareils supplémentaires : 167 à l’Inde, 36 au Qatar et 12 à l’Égypte, sachant que l’avion est proposé à plusieurs appels d’offre comme en Suisse et en Finlande.

Continuer la lecture

Share/Partage

Dossier Noël 2018 : Environnement et stratégie

En fin d’année, l’environnement est toujours à la mode. Les conférences des Etats qui sont signataires de la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) – aussi connues sous leur abréviation de COP – se succèdent chaque décembre avec le constat sans cesse renouvelé de l’urgence à agir pour la planète. Alors que la COP21 avait fixé un objectif de limitation de la hausse des températures à la surface de la planète de 1,5°C d’ici la fin du siècle, les trajectoires actuelles, selon le GIEC, nous amènent plus vers des hausses comprises entre 3 et 5°C que vers les 1,5°C espérés ou les 2°C raisonnablement souhaités.

source

Continuer la lecture

Share/Partage

Mondialisation et territoires

Le sujet semble facile voire éculé ; tout ou presque aurait déjà été écrit sur la mondialisation et le phénomène serait maintenant parfaitement compris ; ses évolutions deviendraient anticipables. Le rapport de la mondialisation au territoire a toujours été complexe. Interdépendants et pourtant opposés, les deux n’ont cessé de constituer depuis le milieu du XXe siècle un couple thermodynamique central dans la compréhension de l’économie politique mondiale. Le territoire peut d’ailleurs être considéré suivant plusieurs échelles – c’est même le propre de la géographie économique – ces mêmes échelles se répondant, voire s’opposant. Continuer la lecture

Share/Partage

Zuma, X37B, USA-276 : des engins mystérieux en orbite… ou pas

Autant le dire tout de suite, la quantité d’information réellement exploitable de ce petit article risque d’être un peu limitée en raison du sujet digne d’un film de James Bond. Car il y a des engins qui tournent autour de la Terre, et dont on ne sait pas grand-chose. Le grand retour du Spoutnik, mais cette fois-ci en version américaine.

Citons par exemple la navette dronisée X37B (ci-dessous), qui est restée en orbite autour de la Terre pendant 718 jours afin de mener à bien une mission gardée secrète.

Si vous ne connaissez par la X-37, c’est normal puisque cette navette robotisée développée par Boeing et opérée par l’US Air Force n’a pas vocation à faire parler d’elle. Au départ, cet engin était un démonstrateur destiné à valider les nouvelles technologies notamment de décollage, et de rentrée dans l’atmosphère. Son premier lancement dans sa version actuelle baptisée X37B OTV (Orbital Test Vehicle) a eu lieu en 2010, depuis Cap Canaveral, et a donné lieu à sa mise en orbite basse – voir plus loin –  par une fusée Atlas V501.

La navette n’est pas très grande : elle mesure 8,38 m pour une envergure de 4,57 mètres, avec une masse totale à vide n’excédant pas 3,5 tonnes. C’est une mini-navette (même mode de rentrée, même architecture générale que la navette STS classique américaine aujourd’hui abandonnée), capable d’atteindre une orbite comprise entre 230 et 1 064 km d’altitude et dotée d’une autonomie de 470 jours.

Continuer la lecture

Share/Partage

Les indigènes du numérique

Le numérique est un terme à la mode, ce qui rend son emploi peu original, notamment lorsqu’il est associé au terme fracture, étant entendu que la résorption de la fracture numérique doit être une lutte de chaque instant.

Selon wikipedia, cette fracture numérique consiste en la disparité d’accès aux technologies informatiques, notamment Internet. Cette définition intégralement reprise par l’IRA de Nantes nous fait une fois de plus regretter que l’emploi du terme numérique est symptomatique du grand flou du vocabulaire précédemment relevé dans les billets ici et . Si d’aventure on se penche sur les chirurgies présidentielles et gouvernementales précédentes, nous constatons que, si Jacques Chirac a été élu en 1995 en promettant notamment de réduire la fracture sociale, le succès de l’opération chirurgicale promise a été pour le moins relatif, ce qui n’est pas de bon augure pour celui de la résorption de la fracture numérique…

La grande différence entre ces deux fractures résiderait-elle dans le fait que depuis le 17 décembre 2009, une loi relative à la lutte contre la fracture numérique a été publiée au journal officiel ? Las ! son objet était de fournir la télévision numérique aux Français et, pour cela, d’instituer dans chaque département une commission de transition vers la télévision numérique (article 4).

Continuer la lecture

Share/Partage

Transhumanisme, sécurité et identité

Le transhumanisme est une question d’actualité. De quoi s’agit-il, que peut-on en faire, est-ce dangereux pour notre humanité, etc. Autant de questions qui se posent et ne trouvent pas nécessairement de réponse.

Il est vrai qu’il est parfois dangereux de se prononcer sur un sujet, surtout lorsqu’on ne se coule pas dans le flot dominant…

Mais, de même que commander, c’est renoncer, écrire c’est s’exposer. Sinon, autant écrire de la littérature bisounours.

Alors, allons-y, jetons-nous à l’eau, et abordons le transhumanisme sous les aspects de la sécurité et de l’identité.

Source

Comme nous le rappelle wikipedia, le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Le transhumanisme considère certains aspects de la condition humaine tels que le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort subie comme inutiles et indésirables, aussi amalgament-ils la misère matérielle et la misère spirituelle et pensent qu’en résolvant la première la seconde suivra. Dans cette optique, les penseurs transhumanistes comptent sur les biotechnologies et sur d’autres techniques émergentes.

Mais quelles en sont les conséquences ?

Continuer la lecture

Share/Partage

Contes & légendes stratégiques… et déjantés de Noël

Fidèles lecteurs, vous le savez : demain, c’est Noël. Tous les sites internet s’affolent, s’agitent et rivalisent d’ingéniosité ou de marketing mensonger pour vous fidéliser, ou plutôt fidéliser votre porte-monnaie. Ici, rien de tel, c’est une autre forme de fidélisation qui est à l’œuvre : celle de vos neurones.

christmas_is_coming_nickovatus

Cette fin d’année, le dossier de Noël est consacré aux Contes & Légendes Stratégiques (et déjantés ?). Laissez-vous donc bercer par la prose de nos auteurs que le monde s’arrache, par la fulgurance de leur pensée et la pertinence de leur réflexion. Et tout ceci à un rythme de publication aléatoire, pour respecter la fameuse surprise stratégique. A demain… et Joyeux Noël / Merry Xmas !

Share/Partage

La famille EchoRadar accueille ses nouveaux membres

L’heureuse venue de trois nouveaux membres en 2015 a permis à notre blogzine d’enrichir et de diversifier ses contenus tout en promouvant, conformément à notre profession de foi, les pensées critiques à l’égard de la stratégie et de ses diverses variantes.

echoradar_blogs_part3

Afin de continuer à progresser intellectuellement et collectivement et de conserver nos valeurs d’ouverture, de coopération et de bienveillance, nous accueillons, cette année, trois nouveaux membres :

  • Rus Navy Intelligence par Igor Delanoë, expert en politiques étrangères et de défense russes et en particulier son volet maritime;

  • Pax Aquitania par Thomas Schumacher, spécialisé dans l’écosystème de défense en particulier de la région Nouvelle Aquitaine ;

  • VMF 214 par Emmanuel Chiva, dont le blog propose des billets relatifs à l’innovation technologique, appliquée à la défense et à la sécurité.

Ces trois nouveaux blogueurs ont été choisis par l’ensemble des membres d’EchoRadar qui vous propose donc cette deuxième et prometteuse promotion « échoradienne ».

Nous adressons à nos nouveaux camarades un salut de bienvenue, chaleureux et fraternel, et espérons que vous partagerez notre enthousiasme en continuant de nous suivre via nos pages TwitterFacebook , Google+ et, évidemment, de lire notre blogzine avec assiduité.

Share/Partage