Toucher le fond sans en parler

Une lectrice fidèle d’Echoradar nous a soumis ses réflexions relatives à l’épidémie de Covid19. C’est bien volontiers que nous les publions, afin de nourrir le débat, et non le pugilat.

La récente épidémie (toujours en cours et… stay tuned for the second wave) a été l’occasion d’un moment épique comme seul notre pays sait en produire, à l’émerveillement du monde entier.

Déchirements, anathèmes, noms d’oiseaux, excommunications et fulminations fusèrent. Ne manquait que l’exorcisme public avec cérémonie de repentance pour que le tableau soit complet et force l’admiration.

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Au commencement était le pangolin. Encagé, n’ayant pour horizon que l’abattoir familial, il se vengea en expectorant un passager clandestin récupéré sur une chauve-souris. Enfin, telle était la version initiale, car maintenant, quid du pangolin, de la chauve-souris et de leurs amours contre nature ? Nul n’en sait plus rien.

La crise qui s’ensuivit fit plusieurs victimes non humaines sur lesquelles nous nous pencherons : la conduite de la crise, la communication, la considération pour nos concitoyens, l’équité, le débat et la science.

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Russie – Arabie saoudite : le duel pétrolier et ses conséquences

Le désaccord profond constaté début mars entre l’Arabie saoudite et la Russie sur la fixation de nouveaux quotas de production pétroliers, dans le contexte d’un marché fortement déprimé par les effets du coronavirus, vire depuis quelques jours à la guerre des prix. Alors que le Royaume saoudien souhaitait anticiper la chute de la demande mondiale de brut causée par la crise du coronavirus en sabrant la production OPEP et hors OPEP de 1,7 million de barils/jour, la Russie estimait qu’il était prématuré de prendre une telle décision. L’impossibilité de trouver un accord entre les deux poids lourds pétroliers a conduit à Vienne la semaine dernière à l’éclatement de l’accord OPEP+, dont les mécanismes de limitation de la production de pétrole cesseront de fonctionner au 1er avril prochain. Pour comprendre le claquage de porte russe à Vienne, il convient aussi de rappeler que la Russie raisonne traditionnellement en termes de parts de marché et non en termes de prix. Aussi, certains pétroliers russes – au premier rang desquels Rosneft – ont accueilli avec hostilité l’accord OPEP+ lorsque celui-ci a été signé fin 2016, tandis que d’autres s’accommodaient mieux des règles du jeu introduites par ce deal (Lukoil). Rosneft, en la personne de son tumultueux président, Igor Setchin, n’a eu de cesse de faire du lobbying pour la mise au rebus du texte, en arguant qu’il s’agissait d’un « cadeau » fait aux producteurs de pétrole non-conventionnel américains.

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5 ans d’EchoRadar – Et soudain, le sémantique !

L’apparition du cyberespace s’est accompagnée de questions relatives à sa nature : n’était-il que la prolongation de l’informatique ? Etait-il un nouvel espace au sens propre du terme “espace” ? De quoi était-il composé exactement ou, en d’autres termes, de combien de couches était-il constitué ?

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Rapidement, un consensus naquit sur l’existence des couches physique (ordinateurs, commutateurs, etc.) et logicielle. Nier leur existence aurait été en effet ridicule. Cependant, une controverse plutôt larvée apparut à propos de la couche sémantique, bien que personne ne semblait nier farouchement son existence. Était-elle une couche constitutive de ce nouvel espace au même titre que les deux précédentes, ou n’était-elle qu’une élucubration accompagnant, comme de coutume en ces occasions, un phénomène nouveau ?

D’un côté, certains happy few ont, dès les commencements du cyberespace, attiré l’attention sur cette couche non-technique qui venait hybrider les couches matérielles et logicielles du cyber. Leur réflexion a d’ailleurs fait progresser la connaissance de ce nouvel espace. De l’autre, la majorité évoquait cette couche sans paraître convaincue de sa singularité, mais parce qu’elle leur permettait de ne pas laisser la réflexion sur le cyber aux seuls techniciens. Notons d’ailleurs que cet espace n’était pas vu comme un domaine scientifique, mais comme purement technique, réservé aux geeks, néologisme indispensable pour montrer que ce nouvel espace était bien étrange.

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5 ans d’Echoradar : Le bouleversement (et la profondeur) de Trump

Quel a été le plus important événement géopolitique de ces cinq dernières années ? Une telle question suggère qu’on ait le recul suffisant pour apprécier la portée des événements. Or, il arrive que des événements passent inaperçus sur le moment et ne révèlent leur importance que dans la longue durée, surtout en matière géopolitique. Cette discipline privilégie en effet souvent une approche du temps long qui lui permet de déceler les grands mouvements tectoniques. De même, le qualificatif d’important pose difficulté : de quelle échelle s’agit-il ? Pour qui est-ce important ? Par exemple, une vision française différera d’une vision européenne, chinoise ou mondiale… Malgré toutes ces objections de méthode, risquons-nous.

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L’élection de Donald Trump en 2016 constitue bien un événement qui affecte tous les points de vue. De plus, il s’inscrit dans une histoire plus longue que les seules trois dernières années car il concrétise des tendances initiées par George W. Bush (sur les relations transatlantiques) et Barack Obama (sur le pivotement asiatique). Surtout, il affecte la première puissance globale, ayant des intérêts et des influences dans toutes les parties de la terre. Elle fut la seule depuis la fin de la Guerre froide même si on observe depuis une décennie la montée en puissance de la Chine. Mais la faillite de Lehman Brothers en 2008 ou la maîtrise du pouvoir chinois par Xi Jin Ping depuis 2013, qui pourraient constituer d’autres événements mondiaux, sont advenus avant la période considérée. Enfin, l’accession de Trump au pouvoir constitue autant la concrétisation d’une tendance préalable que l’établissement d’un nouveau cours géopolitique. C’est un tremblement de terre en ce qu’il est la résultante de pressions antérieures, tout comme il produit un nouvel état des choses profondément différent de ce qui existait auparavant et auquel on ne pourra pas revenir.

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Écho du Bocal avec Jeremy Ghez sur les États-Unis de Trump

Jeremy Ghez est professeur affilié d’économie et d’affaires internationales à HEC Paris et le codirecteur du Centre de Géopolitique de cette école. Il est l’auteur du récent livre “États-Unis: déclin impossible, rebond improbable” paru cet hiver chez VA Press (ici) et qui nous explique l’Amérique de Trump. Il répond à nos questions sur ce sujet. Mille mercis à lui.

1/ Vous montrez dans votre livre que l’élection américaine de 2016, qui a été une surprise pour tous les analystes, était finalement très explicable. Tout d’abord à cause d’Hillary Clinton qui ne s’est pas vraiment intéressée à ce que vous appelez son pare-feu électoral : pouvez-vous nous expliquer cette notion ?

Le pare-feu démocrate était l’idée selon laquelle un certain nombre d’États américains, qui avaient voté démocrate de manière systématique depuis 1992 au moins, étaient acquis à la cause du parti d’Hillary Clinton.

Pour rappel, les États-Unis sont divisés en cinquante États, auquel s’ajoute le District de Columbia qui abrite la capitale du pays, Washington. Chaque État dispose d’un nombre de grands électeurs qui est fonction de sa démographie. Lorsqu’un candidat gagne un État, il remporte l’ensemble de ses grands électeurs (exception faite du Maine et du Nebraska qui fonctionnent selon un mode de scrutin hybride, dont une partie proportionnelle). Ces grands électeurs sont moralement engagés à voter pour le candidat qui a remporté l’État — et le font dans leur très large majorité, puisque l’on ne recense qu’une poignée d’exceptions historiques.

Or, il y a en tout 538 grands électeurs. Le candidat qui remporte un ensemble d’États totalisant 270 grands électeurs (soit exactement la moitié des 538 grands électeurs totaux plus un) ou plus remporte ainsi l’élection. Et ces États du pare-feu électoral représentaient à eux seuls 242 grands électeurs. Il « suffisait » donc d’aller chercher un grand État supplémentaire, comme la Floride par exemple, que Barack Obama avait gagné à deux reprises, pour remporter la Maison Blanche. Mais voilà : on a sous-estimé, dans le camp Clinton, la probabilité que la majorité démocrate dans certains États de ce pare-feu puisse ne pas tenir. Et c’est ce qui s’est passé dans le Wisconsin, dans le Michigan et en Pennsylvanie, où le fameux « col bleu », ce travailleur ouvrier qui a voté par deux fois, sans hésiter, pour Barack Obama, s’est dit que la rupture avec le monde d’hier n’était pas suffisamment importante. Pour ces électeurs-là, la suite logique d’une présidence Obama n’était pas une présidence Clinton, mais une présidence Trump.

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Dossier Noël 2018 : Environnement et stratégie

En fin d’année, l’environnement est toujours à la mode. Les conférences des Etats qui sont signataires de la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) – aussi connues sous leur abréviation de COP – se succèdent chaque décembre avec le constat sans cesse renouvelé de l’urgence à agir pour la planète. Alors que la COP21 avait fixé un objectif de limitation de la hausse des températures à la surface de la planète de 1,5°C d’ici la fin du siècle, les trajectoires actuelles, selon le GIEC, nous amènent plus vers des hausses comprises entre 3 et 5°C que vers les 1,5°C espérés ou les 2°C raisonnablement souhaités.

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Du fort au fou

La réunion de l’Assemblée générale des Nations-Unies de fin septembre 2018 restera probablement dans les annales de la diplomatie multilatérale. Point besoin de s’étendre ici sur le fond de ce qui a été dit, les commentaires acerbes pleuvent déjà depuis hier. Plus intéressantes sont les implications de ce jeu – plus réellement – diplomatique. La posture du Président des Etats-Unis semble ainsi de plus en plus dictée par ses humeurs – non pas que ce soit une découverte – et ses volontés. De fait, la diplomatie américaine, du moins celle incarnée par son chef et ses subordonnés immédiats, apparaît de moins en moins pondérée et, surtout, de moins en moins rationnelle. La part de l’affect qui semble guider D. Trump dans ses choix et ses discours pose toutefois un certain nombre de problématiques en termes de relations bi et multilatérales.

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Mondialisation et territoires

Le sujet semble facile voire éculé ; tout ou presque aurait déjà été écrit sur la mondialisation et le phénomène serait maintenant parfaitement compris ; ses évolutions deviendraient anticipables. Le rapport de la mondialisation au territoire a toujours été complexe. Interdépendants et pourtant opposés, les deux n’ont cessé de constituer depuis le milieu du XXe siècle un couple thermodynamique central dans la compréhension de l’économie politique mondiale. Le territoire peut d’ailleurs être considéré suivant plusieurs échelles – c’est même le propre de la géographie économique – ces mêmes échelles se répondant, voire s’opposant. Continuer la lecture

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