Russie – Arabie saoudite : le duel pétrolier et ses conséquences

Le désaccord profond constaté début mars entre l’Arabie saoudite et la Russie sur la fixation de nouveaux quotas de production pétroliers, dans le contexte d’un marché fortement déprimé par les effets du coronavirus, vire depuis quelques jours à la guerre des prix. Alors que le Royaume saoudien souhaitait anticiper la chute de la demande mondiale de brut causée par la crise du coronavirus en sabrant la production OPEP et hors OPEP de 1,7 million de barils/jour, la Russie estimait qu’il était prématuré de prendre une telle décision. L’impossibilité de trouver un accord entre les deux poids lourds pétroliers a conduit à Vienne la semaine dernière à l’éclatement de l’accord OPEP+, dont les mécanismes de limitation de la production de pétrole cesseront de fonctionner au 1er avril prochain. Pour comprendre le claquage de porte russe à Vienne, il convient aussi de rappeler que la Russie raisonne traditionnellement en termes de parts de marché et non en termes de prix. Aussi, certains pétroliers russes – au premier rang desquels Rosneft – ont accueilli avec hostilité l’accord OPEP+ lorsque celui-ci a été signé fin 2016, tandis que d’autres s’accommodaient mieux des règles du jeu introduites par ce deal (Lukoil). Rosneft, en la personne de son tumultueux président, Igor Setchin, n’a eu de cesse de faire du lobbying pour la mise au rebus du texte, en arguant qu’il s’agissait d’un « cadeau » fait aux producteurs de pétrole non-conventionnel américains.

Alors que la Russie a sciemment refusé l’offre saoudienne, Riyad semble vouloir jouer la carte baissière en annonçant – comme ce fut le cas en 2014 lors de la grande réorganisation de la stratégie saoudienne vis-à-vis des pays de l’OPEP – une augmentation des volumes mis sur le marché. Le Royaume a d’ores et déjà annoncé un objectif de production de 12,3 millions de barils/jour (l’Arabie saoudite a produit 9,7 millions de barils/jour en février), censé compenser les pertes générées par l’effondrement des prix récemment constaté. Ce qui a fonctionné face à l’Algérie et au Venezuela aura-t-il les mêmes effets sur la Russie ? Rien n’est moins sûr. Dans le contexte mondial d’une consommation en berne et face à des producteurs de pétrole non-conventionnel américains qui voient arriver les échéances de remboursement des emprunts colossaux conclus à la fin des années 2000 pour lancer leur production, le duel pétrolier risque d’avoir des conséquences mondiales importantes. Toutefois il faut ici analyser les déterminants profonds qui permettent aux deux acteurs d’aborder cette période de prix très bas avec plus ou moins de confiance.

Il importe également de considérer la différence de nature économique entre la Russie et l’Arabie saoudite. Côté russe le pétrole est certes un actif très important dans les exportations et l’équilibre du budget fédéral – la Russie est le 3e producteur mondial de pétrole – mais il n’est pas, loin s’en faut, la seule matière première sur laquelle l’économie russe repose. La Russie est ainsi le 2e producteur mondial de gaz et premier exportateur, producteur majeur de la quasi-totalité des matières premières non-alimentaires (métaux, uranium, charbon) et grand exportateur de céréales (blé en particulier). Avec des exportations en direction de l’Europe et de l’Asie en croissance et des prix de certaines matières première très élevés comme les platinoïdes, la Russie dispose d’une certaine diversification de son panier export, certes toujours beaucoup trop constitué de matières premières. Moscou est par ailleurs autrement mieux préparé à affronter cette épreuve de force avec Riyad qu’en 2014, voire qu’elle ne l’aurait été il y a 10 ans. Traditionnellement conservateurs, les prévisions budgétaires du ministère russe des Finances tablent généralement sur des prix du baril (Ural) assez pessimistes qui ont ainsi permis au fil des ans de dégager des surplus, minutieusement épargnés. Avec près de 150 milliards USD dans le Fonds de Bien-être national, la Russie estime pouvoir faire face à des temps difficiles sur le marché pétrolier pendant les 6 à 10 prochaines années. Le budget fédéral peut aujourd’hui subir un baril dont le prix s’établirait entre 40 et 50 USD, tandis qu’en 2019, les revenus générés par la vente des hydrocarbures ont représenté 25% des rentrées budgétaires. Si ce chiffre demeure encore élevé, il illustre néanmoins un effort de sevrage (inachevé) du budget russe vis-à-vis des exportations de gaz et de pétrole. Le taux de change rouble/dollars semble par ailleurs de plus en plus décorrélé du cours du brut depuis les 24 derniers mois, principalement en raison de la mise en place de nouvelles règles fiscales en Russie en 2017. Enfin, Moscou a tenu à se créer un confortable « oreiller » afin d’être en mesure d’affronter de nouveaux chocs extérieurs majeurs : il y a aujourd’hui plus de 2 000 tonnes d’or dans les réserves de la Banque centrale russe (un record pour la Russie post-1991) ainsi que l’équivalent de plus de 500 milliards USD de réserves de change, ce qui couvre l’intégralité de la dette publique extérieure du pays qui équivaut à 15% du PIB. On table peut-être aussi à Moscou sur le fait que l’effondrement des prix aura comme probable conséquence, en seconde intention, de stimuler la demande du marché, aujourd’hui en berne.

De son côté l’Arabie saoudite demeure certes un acteur pétrolier central en tant que swing producer de l’OPEP et premier exportateur mondial de brut, mais elle est, comme la quasi-totalité des pays de l’OPEP, un mono-exportateur. La dépendance de son économie et de son système politico-social aux cours du pétrole est telle que les variations, dans un sens ou un autre, y ont des effets bien plus importants. En outre l’Arabie saoudite est plus exposée que la Russie au problème de la baisse de la demande chinoise causée par l’épidémie de Coronavirus puisque la Pékin est le 2e partenaire pétrolier de Ryad derrière Tokyo. La Russie dispose d’un profil à la fois bien plus orienté vers l’Europe (deux-tiers de ses exportations) où la demande diminue moins vite – elle est moins liée à l’industrie qu’en Chine – et exporte beaucoup plus de produits raffinés que l’Arabie saoudite (173 millions de tonnes contre 56 millions de tonnes en 2018), moins immédiatement touchés par la baisse des cours.

Si la Russie semble donc mieux préparée au choc que ne l’est l’Arabie saoudite, cela ne signifie pas, loin s’en faut, qu’elle n’en souffrirait pas, mais les efforts de rationalisation entrepris depuis 2014 ainsi que les capacités de limitation des dépenses – pendant un temps qui reste à définir – lui permettraient a priori de ne pas se retrouver en faillite. Côté Arabie saoudite, la corrélation du budget de l’État sur un baril à 80 dollars entraîne mécaniquement des effets rapides – pression sur le plan Vision 2030 promu par le prince héritier Mohamed Ben Salman –, d’autant plus dans un contexte de confiance dégradée entre le pays et ses traditionnels alliés d’une part et, d’autre part, suite aux attaques qui ont eu lieu il y a quelques mois sur les outils de production, lesquelles ont manifesté la vulnérabilité de Riyad.

Une explication émerge alors, loin de la vision d’une volonté de mettre à bas le système pétrolier des États-Unis, celle de la domination pour le rôle d’acteur central de la production. Dans le système OPEP, avec un certain nombre de limites, l’Arabie saoudite jouait naturellement ce rôle vu ses volumes de production et le prix de revient de ses pétroles. Or l’OPEP représente aujourd’hui un peu moins de 40% de la production mondiale, autant dire plus assez pour peser de manière déterminante sur les marchés et les prix. Cette situation de l’érosion progressive de la part des pays OPEP dans la production mondiale a conduit en 2015 à Vienne à la signature de l’accord initiant le format OPEP+, dans lequel l’OPEP s’entend avec d’autres pays producteurs comme la Russie ou l’Azerbaïdjan pour maintenir les prix. Le format OPEP+ permet de réunion environ 62% de la production mondiale, assez pour avoir un vrai pouvoir de marché. Or ce format change la donne interne en faisant de la Russie le nouvel acteur central du monde des producteurs-exportateurs. Alors que Moscou n’avait jamais pu entrer dans l’OPEP – pour diverses raisons, y compris la diversification de ses matières premières déjà évoquée – l’accord OPEP+ lui donne enfin un poids majeur dans la fixation des prix au niveau mondial.

Toutefois ce rééquilibrage des pouvoirs en faveur de la Russie demeurait jusqu’ici tacite et l’Arabie saoudite continuait de se positionner en tant que leader naturel de l’OPEP, d’autant plus après la sortie du Qatar, le rétablissement des sanctions contre l’Iran et la punition des « passagers clandestins » de l’organisation qu’étaient l’Algérie et le Venezuela. La dispute actuelle entre la Russie et l’Arabie saoudite revêt ainsi une forme de catharsis. En provoquant la rupture nette, Moscou entend manifester son nouveau rôle et remettre à sa – nouvelle – place l’Arabie saoudite, surtout avec l’emballement des tensions internes et l’autoritarisme croissant de Mohamed Ben Salmane. Plus qu’un jeu de dupes, il s’agit ici avant tout pour V. Poutine de faire avec l’Arabie saoudite comme avec la Turquie : montrer qu’une entente entre acteurs aux visées communes ne signifie jamais une relation de pure équité.

Igor Delanoë, Docteur en histoire, spécialiste des questions de sécurité et de défense russe

Nicolas Mazzucchi, Chargé de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique

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5 ans d’EchoRadar – Et soudain, le sémantique !

L’apparition du cyberespace s’est accompagnée de questions relatives à sa nature : n’était-il que la prolongation de l’informatique ? Etait-il un nouvel espace au sens propre du terme “espace” ? De quoi était-il composé exactement ou, en d’autres termes, de combien de couches était-il constitué ?

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Rapidement, un consensus naquit sur l’existence des couches physique (ordinateurs, commutateurs, etc.) et logicielle. Nier leur existence aurait été en effet ridicule. Cependant, une controverse plutôt larvée apparut à propos de la couche sémantique, bien que personne ne semblait nier farouchement son existence. Était-elle une couche constitutive de ce nouvel espace au même titre que les deux précédentes, ou n’était-elle qu’une élucubration accompagnant, comme de coutume en ces occasions, un phénomène nouveau ?

D’un côté, certains happy few ont, dès les commencements du cyberespace, attiré l’attention sur cette couche non-technique qui venait hybrider les couches matérielles et logicielles du cyber. Leur réflexion a d’ailleurs fait progresser la connaissance de ce nouvel espace. De l’autre, la majorité évoquait cette couche sans paraître convaincue de sa singularité, mais parce qu’elle leur permettait de ne pas laisser la réflexion sur le cyber aux seuls techniciens. Notons d’ailleurs que cet espace n’était pas vu comme un domaine scientifique, mais comme purement technique, réservé aux geeks, néologisme indispensable pour montrer que ce nouvel espace était bien étrange.

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5 ans d’Echoradar : Le bouleversement (et la profondeur) de Trump

Quel a été le plus important événement géopolitique de ces cinq dernières années ? Une telle question suggère qu’on ait le recul suffisant pour apprécier la portée des événements. Or, il arrive que des événements passent inaperçus sur le moment et ne révèlent leur importance que dans la longue durée, surtout en matière géopolitique. Cette discipline privilégie en effet souvent une approche du temps long qui lui permet de déceler les grands mouvements tectoniques. De même, le qualificatif d’important pose difficulté : de quelle échelle s’agit-il ? Pour qui est-ce important ? Par exemple, une vision française différera d’une vision européenne, chinoise ou mondiale… Malgré toutes ces objections de méthode, risquons-nous.

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L’élection de Donald Trump en 2016 constitue bien un événement qui affecte tous les points de vue. De plus, il s’inscrit dans une histoire plus longue que les seules trois dernières années car il concrétise des tendances initiées par George W. Bush (sur les relations transatlantiques) et Barack Obama (sur le pivotement asiatique). Surtout, il affecte la première puissance globale, ayant des intérêts et des influences dans toutes les parties de la terre. Elle fut la seule depuis la fin de la Guerre froide même si on observe depuis une décennie la montée en puissance de la Chine. Mais la faillite de Lehman Brothers en 2008 ou la maîtrise du pouvoir chinois par Xi Jin Ping depuis 2013, qui pourraient constituer d’autres événements mondiaux, sont advenus avant la période considérée. Enfin, l’accession de Trump au pouvoir constitue autant la concrétisation d’une tendance préalable que l’établissement d’un nouveau cours géopolitique. C’est un tremblement de terre en ce qu’il est la résultante de pressions antérieures, tout comme il produit un nouvel état des choses profondément différent de ce qui existait auparavant et auquel on ne pourra pas revenir.

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Écho du Bocal avec Jeremy Ghez sur les États-Unis de Trump

Jeremy Ghez est professeur affilié d’économie et d’affaires internationales à HEC Paris et le codirecteur du Centre de Géopolitique de cette école. Il est l’auteur du récent livre “États-Unis: déclin impossible, rebond improbable” paru cet hiver chez VA Press (ici) et qui nous explique l’Amérique de Trump. Il répond à nos questions sur ce sujet. Mille mercis à lui.

1/ Vous montrez dans votre livre que l’élection américaine de 2016, qui a été une surprise pour tous les analystes, était finalement très explicable. Tout d’abord à cause d’Hillary Clinton qui ne s’est pas vraiment intéressée à ce que vous appelez son pare-feu électoral : pouvez-vous nous expliquer cette notion ?

Le pare-feu démocrate était l’idée selon laquelle un certain nombre d’États américains, qui avaient voté démocrate de manière systématique depuis 1992 au moins, étaient acquis à la cause du parti d’Hillary Clinton.

Pour rappel, les États-Unis sont divisés en cinquante États, auquel s’ajoute le District de Columbia qui abrite la capitale du pays, Washington. Chaque État dispose d’un nombre de grands électeurs qui est fonction de sa démographie. Lorsqu’un candidat gagne un État, il remporte l’ensemble de ses grands électeurs (exception faite du Maine et du Nebraska qui fonctionnent selon un mode de scrutin hybride, dont une partie proportionnelle). Ces grands électeurs sont moralement engagés à voter pour le candidat qui a remporté l’État — et le font dans leur très large majorité, puisque l’on ne recense qu’une poignée d’exceptions historiques.

Or, il y a en tout 538 grands électeurs. Le candidat qui remporte un ensemble d’États totalisant 270 grands électeurs (soit exactement la moitié des 538 grands électeurs totaux plus un) ou plus remporte ainsi l’élection. Et ces États du pare-feu électoral représentaient à eux seuls 242 grands électeurs. Il « suffisait » donc d’aller chercher un grand État supplémentaire, comme la Floride par exemple, que Barack Obama avait gagné à deux reprises, pour remporter la Maison Blanche. Mais voilà : on a sous-estimé, dans le camp Clinton, la probabilité que la majorité démocrate dans certains États de ce pare-feu puisse ne pas tenir. Et c’est ce qui s’est passé dans le Wisconsin, dans le Michigan et en Pennsylvanie, où le fameux « col bleu », ce travailleur ouvrier qui a voté par deux fois, sans hésiter, pour Barack Obama, s’est dit que la rupture avec le monde d’hier n’était pas suffisamment importante. Pour ces électeurs-là, la suite logique d’une présidence Obama n’était pas une présidence Clinton, mais une présidence Trump.

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Dossier Noël 2018 : Environnement et stratégie

En fin d’année, l’environnement est toujours à la mode. Les conférences des Etats qui sont signataires de la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) – aussi connues sous leur abréviation de COP – se succèdent chaque décembre avec le constat sans cesse renouvelé de l’urgence à agir pour la planète. Alors que la COP21 avait fixé un objectif de limitation de la hausse des températures à la surface de la planète de 1,5°C d’ici la fin du siècle, les trajectoires actuelles, selon le GIEC, nous amènent plus vers des hausses comprises entre 3 et 5°C que vers les 1,5°C espérés ou les 2°C raisonnablement souhaités.

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Du fort au fou

La réunion de l’Assemblée générale des Nations-Unies de fin septembre 2018 restera probablement dans les annales de la diplomatie multilatérale. Point besoin de s’étendre ici sur le fond de ce qui a été dit, les commentaires acerbes pleuvent déjà depuis hier. Plus intéressantes sont les implications de ce jeu – plus réellement – diplomatique. La posture du Président des Etats-Unis semble ainsi de plus en plus dictée par ses humeurs – non pas que ce soit une découverte – et ses volontés. De fait, la diplomatie américaine, du moins celle incarnée par son chef et ses subordonnés immédiats, apparaît de moins en moins pondérée et, surtout, de moins en moins rationnelle. La part de l’affect qui semble guider D. Trump dans ses choix et ses discours pose toutefois un certain nombre de problématiques en termes de relations bi et multilatérales.

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Mondialisation et territoires

Le sujet semble facile voire éculé ; tout ou presque aurait déjà été écrit sur la mondialisation et le phénomène serait maintenant parfaitement compris ; ses évolutions deviendraient anticipables. Le rapport de la mondialisation au territoire a toujours été complexe. Interdépendants et pourtant opposés, les deux n’ont cessé de constituer depuis le milieu du XXe siècle un couple thermodynamique central dans la compréhension de l’économie politique mondiale. Le territoire peut d’ailleurs être considéré suivant plusieurs échelles – c’est même le propre de la géographie économique – ces mêmes échelles se répondant, voire s’opposant. Continuer la lecture

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Forces de l’ordre : refonder la formation

Actuellement la formation des membres des forces de l’ordre repose essentiellement sur le droit pénal. Si cela apparaît non dénué de fondement au vu de leurs missions répressives, ce point de départ a plusieurs conséquences pratiques :

  • cela les axe principalement sur l’aspect répressif de leur mission ;
  • comme ils ne consacrent pas leur vie entière au droit, ils peuvent être vus par les professions judiciaires comme des amateurs cherchant parfois à se hausser vainement au niveau des professionnels.

La conséquence de ce deuxième point est que, dès le commencement de leur exercice professionnel, ils sont confrontés à un problème de positionnement. Car les mêmes attitudes que celles décrites par Norbert Elias dans la société de cour sont encore à l’œuvre : une absence de regard d’approbation de la part de celui qui détient le pouvoir (ou le savoir), et voilà la disgrâce…

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Pourtant, il serait temps que les intéressés s’en persuadent : ils ne seront jamais considérées comme de vrais juristes par ceux qui estiment l’être (magistrats, avocats).

Mais est-ce un réel problème ?

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