Quand la police maritime devient un service robotisé à la carte

Le Vigilant est à la fois un véhicule autonome de surface sans pilote (IUSV : Independent Unmanned Surface Vehicle) dédié aux missions de surveillance, d’escorte et d’assistance en mer… et une solution robotisée clés en main de police maritime. 

Zycraft_Vigilant_IUSV_1

Selon James Soon, PDG de la firme singapourienne Zycraft, l’IUSV ne nécessite guère de vaisseau-mère et opère 30 jours sans ravitaillement du fait de sa cargaison de 5,5 tonnes de carburant – soit 40% de sa masse – alimentant deux moteurs diesel Yanmar (d’une puissance totale de 973 chevaux / 706 Kw). Long de 16 mètres (soit 5 à 7 mètres de plus que les très populaires Zodiac) et large de 3,2 mètres en coupe au maître, le Vigilant peut transporter un équipage de 7 personnes (sur une une surface habitable de 18 mètres carrés) dans un rayon de 1500 miles nautiques à une vitesse de 12-25 nœuds. Ces performances sont essentiellement dues à sa structure en matériaux composites légers à base de nanotubes de carbone.  

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Démonstration navale russe depuis la Caspienne

Le portail des forces navales de la Fédération de Russie (ou RusNavyIntelligence pour les intimes) le remarque avec finesse : pour célébrer l’anniversaire de Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie, la flottille de la mer Caspienne tirait – officiellement – une salve de 26 missiles de croisière. Le fait d’armes est triplement symbolique : Poutine est l’homme qui a décidé de redresser la puissance maritime Russe depuis le drame du Koursk, il joue les cartes Russes sans faute depuis la crise ukrainienne et c’était son anniversaire.

ob_277e5d_kalibr-nk© Twitter. Tir de missile Kalibr en mer Caspienne.

Rendons à César ce qui est à César : le souverain de la Russie s’offre la troisième marche du podium, c’est-à-dire que la Marine russe s’illustre ainsi comme la troisième marine du monde à avoir mis en œuvre des missiles de croisière au cours d’une opération extérieure, derrière l’US Navy et la Royal Navy. Sachant que cette dernière ne dispose encore et toujours que de MdCN tirés depuis sous-marins et n’a pas encore arrêtée ses choix pour équiper ses destroyers et frégates.

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Armes miraculeuses, armes de rupture ? Le laser de combat de l’US Navy (2)

En décembre 2014, l’US Navy a présenté le LaWS, laser de combat embarqué redoutablement efficace contre les embarcations légères et les drones, qui préfigure probablement une rupture technologique, économique et tactique dans la conception et l’utilisation des armes à énergie dirigée.

USNavy_laser

Le Laser Weapon System est un laser rotatif de combat asservi à la tourelle d’acquisition et de poursuite de cibles initialement intégrée au Phalanx, fameux système de défense anti-missile rapprochée (CIWS : Close-In Weapon System) et embarqué sur de nombreux bâtiments de surface de l’US Navy. Ce système est contrôlé par un opérateur de tir grâce à une manette évoquant grandement celle d’une console de jeu Playstation / Xbox.

La combinaison du LaWS et d’un système de défense éprouvé compense remarquablement les difficultés de ciblage et d’impact inhérentes aux armes laser, brièvement évoquées dans le volet précédent. En effet, l’énergie cinétique d’un projectile (tiré par une arme à feu) et/ou le souffle de son explosion endommage sévèrement l’objet visé, pour peu que le ciblage soit suffisamment précis. Dans le cas d’un laser de combat au faisceau concentré, un ciblage ultra-précis est nécessaire pour neutraliser ou détruire l’objet visé. Ainsi, un laser ne fait guère “sauter” un bâtiment ou un véhicule mais pulvérise instantanément une tête humaine ou perfore le moteur d’une embarcation légère à plusieurs kilomètres de distance en épargnant les objets environnants.

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1914-1916 : Les groupes mixtes d’automitrailleuses et d’autocanons de la Marine

Quittons un peu la mer et les embruns pour découvrir une histoire qui semble, manifestement, assez méconnue. La Marine nationale s’est illustrée à de nombreuses reprises pour ses combats à terre : au moins pendant les trois guerres face à l’Allemagne de 1870 à 1945.

Aujourd’hui, découvrons grâce à l’article du colonel A. POLI paru dans la Revue Historique des Armées (Guerre de 1914-1918, numéro 3 – 1988) l’origine et les combats des Groupes mixtes d’automitrailleuses et d’autocanons de la Marine pendant la guerre de 1914 (pp. 91-100).

© GBM n°90. Photo parue dans GBM N°90 l’une des quatre automitrailleuses affectées à l’unique groupe d’autocanons de 47m/m datée du 25/02/1915.Photographie prise à l’intérieur du Grand-Palais (via la publication de Mihansoldtimer 1 sur le forum Les Renault d’Avant Guerre).

Dans un premier temps, le colonel Poli nous relate les premières expérimentations d’embarquement de mitrailleuses à bord d’automobiles. Par exemple, en 1902 il y a l’apparition de l’automitrailleuse Charron-Girardot & Voigt (sigle CGV). Il s’agit d’une voiture de tourisme dotée d’un moteur de 30 cv, roulant à environ 40 km/h, armée d’une mitrailleuse Hotchkiss de 8 mm avec une plaque de blindage de 6 mm pour protéger le servant. Expérimentée la même année au camp de Satory, aucune suite n’a été donnée.

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