La guerre anthropologique

Ce concept dual, et les réalités à justifier pour lui donner une consistance objective, n’a pas d’antériorité en tant que corrélation entre la guerre, phénomène défini et analysé, et l’anthropologie, discipline d’étude holistique embrassant l’ensemble des structures fondamentales.

Dans son sens linguistique, une guerre qualifiable d’anthropologique serait donc l’action ayant pour objectif d’éroder et de saper les systèmes de base de cette société, doublement enracinés par sa nature originelle et par son histoire : croyances, idées motrices, coutumes, schémas sociétaux, etc, qui sont les déterminants permanents de ses modèles socio-économiques et politiques.

Cette tentative d’approche du sujet, dite « heuristique », c’est-à-dire appliquée à un domaine encore inexploré, et difficile à étayer pour plusieurs raisons entrecroisées. La première est le caractère flou, voire nébuleux de ce concept dès lors que la polémologie, en tant qu’étude du phénomène de guerre, a déjà été admise au rang de discipline. Une deuxième raison est que de nombreux types de guerre autres que strictement militaires, ont été distingués et théorisés : guerre civile, révolutionnaire, subversive, psychologique, cybernétique, économique, etc. Un autre raison serait encore l’inaptitude une guerre comme anthropologique, qui ferait conclure à son existence ou à son caractère fantasmé. De surcroit, l’hypothèse d’une guerre anthropologique serait d’autant plus récusable, que ce type de guerre s’étalerait dans une temporalité de longue durée, donc sans réalité aisément perceptible.

Pour cerner cette forme de guerre, et donc lui donner la consistance de sa réalité, l’Histoire d’un côté et la science politique de l’autre, viennent cependant en renfort. Sans prétendre à une quelconque exhaustivité, on peut en trouver trois exemples, les deux premiers de nature comparable, le troisième marqué d’une novation radicale.

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L’intervention russe en Ukraine, cas d’école cyber de la guerre hybride moderne ?

L’expression “guerre hybride” existe depuis longtemps mais a investi sinon réinvesti ces dernières années le champ de la dialectique militaire et de travaux de recherche associés [1] tout en faisant l’objet de divergences entre les tenants de son existence [2] et ses détracteurs [3]. Pour autant l’objet de cet article n’est pas de prendre position [4] mais plutôt de s’intéresser à l’exemple de l’intervention russe en Ukraine depuis 2014 (annexion de la Crimée et soutien aux rebelles du Donbass), probablement représentatif des conflits asymétriques du 21ème siècle mais côté État(s), cette fois-ci [5].

(Source)

Pour lesquels le domaine cyber joue un rôle de plus en plus majeur sans pour autant sembler pouvoir emporter à lui seul la décision dans un conflit. Pour le moment ?

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