L’organisation d’une alliance

Notre dossier hivernal, consacré aux réflexions consécutives au coup de pied dans l’AUKUS a largement mentionné, ou au moins sous-entendu, les alliances. Il peut être intéressant de se pencher davantage sur ce qu’est une alliance entre pays, et principalement une alliance militaire, puisque l’aspect militaire semble être une des raisons d’être de l’AUKUS.

Selon le Larousse, l’alliance peut être une Union, accord intervenant entre des pays, des personnes, un Accord, union de choses de nature différente, ou encore l’Objet d’un traité consistant dans l’engagement d’entraide mutuelle de deux ou de plusieurs États et, par extension, nom de ce traité et, éventuellement, de l’institution qui en résulte. (Toutes les alliances ont officiellement un but défensif.) Du bric et du broc, en vous faisant grâce de la bague des époux et autres joyeusetés.

Source

Dans le cas qui nous intéresse, celui des alliances militaires, nous pouvons remarquer que deux définitions concernent vraiment notre sujet, celle du milieu étant un peu tirée par les cheveux. Quoique… Cela est fort bien, mais à part cultiver notre jardin, que pouvons-nous faire, munis de ces définitions ? Plein de choses, en fait, nous l’allons voir de ce pas.

Continuer la lecture

Share/Partage

Après le coup de pied AUKUS : quelques réflexions pour le long terme

L’élection présidentielle française de 2022 et la crise, principalement diplomatique et politique à l’annonce de l’alliance AUKUS, sont deux événements qui méritent d’être reliés à plus d’un titre. Pour en tirer pleinement les enseignements à moyen et surtout long terme et profiter de la future nouvelle mandature pour, osons le dire, se concentrer sur les priorités nationales en réallouant significativement nos moyens militaires comme diplomatiques. Cet article, sans être exhaustif, propose des pistes de réflexion pour permettre à la France de demeurer une puissance moyenne, capable de protéger efficacement ses intérêts fondamentaux et, par extension, de soutenir son développement et sa capacité à traverser les prochaines décennies en étant moins vulnérable à un adversaire, quel qu’il soit.

(Source)

Le nouveau Président de la République, qui sera élu au soir du 6 mai 2022, bénéficiera d’une pleine et entière légitimité pour poser un nouveau regard stratégique sur ce que sont nos intérêts fondamentaux et quelles sont nos réelles priorités face à l’arc de crise [1]. Continuer la lecture

Share/Partage

Quels intérêts français en Nouvelle-Calédonie ?

En 2021, la France s’est intéressée au Pacifique pour deux raisons : d’une part à cause du revirement australien sur le contrat de sous-marins, d’autre part à cause du troisième référendum d’indépendance en Nouvelle-Calédonie. Gageons que 2022 connaîtra moins d’intérêt pour la zone car usuellement, la métropole ne porte guère attention à ces régions éloignées.

Source

La Nouvelle Calédonie est éloignée de 16.000 km de la métropole, quasiment à son opposé géographique du globe (aux antipodes). Cette île de 18.000 km² se situe au nord-est de la grande île australienne. Elle appartient donc de fait au continent océanien, tout comme la Polynésie d’ailleurs. C’est d’ailleurs tout le problème… Continuer la lecture

Share/Partage

L’AUKUS : un regard depuis la Russie

Par Igor Delanoë

Directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe (Moscou)

Docteur en histoire

 

La création de l’AUKUS a pris par surprise experts et décideurs politico-militaires en Russie. Envisagée à travers le prisme de la confrontation avec la communauté euro-atlantique, cette alliance politico-militaire et industrielle revêt à court terme un caractère de dangerosité pour Moscou. A plus long terme, l’AUKUS pourrait toutefois bien se muer en menace pour la Russie sur son flanc Asie-pacifique. Il s’agit d’une région qui baigne l’Extrême-Orient russe, et dont Moscou a pu prétendre réinvestir la scène stratégique, sans que pour autant elle soit parvenue à y trouver sa place. En réalité, compte-tenu du niveau de tensions et des enjeux de la compétition sino-américaine qui y prend forme, le Kremlin semble préférer jouer en “deuxième ligne” tant il redoute les conséquences d’une crise dans laquelle il pourrait se retrouver entraîner. En tout état de cause, au-delà des défis que la Russie veut bien voir dans la formation de l’AUKUS, ce pacte pourrait cependant ouvrir des possibilités de coopération économique et militaro-industrielle entre Moscou et des pays de la zone Asie-Pacifique. Quant à la France, trahie par ses alliés, elle est jugée sévèrement et avec une certaine condescendance.

Continuer la lecture

Share/Partage

L’hôpital qui se fout de l’informatique

Rappelle-toi Barbara, il pleuvait sur Rouen ce jour-là… Le 15 novembre 2019, le CHU de Rouen était la cible d’une attaque par rançongiciel.  La presse de l’époque racontait : “19 h 45, vendredi 15 novembre. Un « cryptovirus », de type rançongiciel selon les informations du Monde, est repéré par les services informatiques de ce CHU réparti sur cinq sites, comptant plus de 10 000 salariés et près de 2 500 lits. Afin d’éviter que le virus ne se propage, l’arrêt de tous les ordinateurs est rapidement décidé. L’hôpital passe alors en mode dit dégradé. Il l’était encore lundi dans la journée.”

Source

Ce n’était pas une première, puisque le 15 mai 2017, l’hôpital d’Issoire faisait l’objet d’une attaque par rançongiciel : « Au premier constat, on a eu vraiment peur. Mais on a rapidement identifié les origines de ce virus arrivé par mail. L’impact est minime. On a perdu très peu de données », affirme Franck Barbeau, responsable informatique à l’hôpital Paul-Ardier. N’oublions pas qu’en 2017, le rançongiciel WannaCry avait semé le chaos dans tout le système britannique de santé, contraignant de multiples établissements à refuser des patients. Sûrement la faute au Brexit, et n’oublions pas que nous avons en France un système de santé que le monde nous envie…

Continuer la lecture

Share/Partage

Stratégie & confinement : de l’adhésion à la répulsion ?

La foudroyance de la crise Covid-19 laisse depuis beaucoup d’entre nous dans un état oscillant entre new normalité et sidération avec des périodes alternant abattement et bouffées d’optimisme extrêmes. La dépression collective et le cataclysme économique se rapprochent nous disent les spécialistes, oubliant sans doute un peu à dessein que le pire n’est jamais sûr. Il n’empêche, alors qu’un troisième confinement en moins d’une année se profile, l’heure est venue de s’interroger sur un phénomène étrange voire paradoxal.

(Source)

Les Français, si Gaulois et rétifs à l’autorité et à la contrainte, qu’elle soit physique ou idéologique, ont à une écrasante majorité étonnamment adhéré aux confinements et au respect des différentes règles s’y rapportant.

Continuer la lecture

Share/Partage

Toucher le fond sans en parler

Une lectrice fidèle d’Echoradar nous a soumis ses réflexions relatives à l’épidémie de Covid19. C’est bien volontiers que nous les publions, afin de nourrir le débat, et non le pugilat.

La récente épidémie (toujours en cours et… stay tuned for the second wave) a été l’occasion d’un moment épique comme seul notre pays sait en produire, à l’émerveillement du monde entier.

Déchirements, anathèmes, noms d’oiseaux, excommunications et fulminations fusèrent. Ne manquait que l’exorcisme public avec cérémonie de repentance pour que le tableau soit complet et force l’admiration.

Source

Au commencement était le pangolin. Encagé, n’ayant pour horizon que l’abattoir familial, il se vengea en expectorant un passager clandestin récupéré sur une chauve-souris. Enfin, telle était la version initiale, car maintenant, quid du pangolin, de la chauve-souris et de leurs amours contre nature ? Nul n’en sait plus rien.

La crise qui s’ensuivit fit plusieurs victimes non humaines sur lesquelles nous nous pencherons : la conduite de la crise, la communication, la considération pour nos concitoyens, l’équité, le débat et la science.

Continuer la lecture

Share/Partage

5 ans d’Echoradar – Des Gémonies à l’Olympe, le tardif succès du Rafale

En une poignée d’années, l’avion de combat omnirole Rafale de l’avionneur Dassault s’est imposé auprès de plusieurs pays, soucieux de disposer d’un avion de combat performant et éprouvé. Et pourtant ! De la coupe aux lèvres, le breuvage fut amer durant plus de deux décennies, les moqueurs se le disputant aux Cassandre : trop performant, trop cher, ce bel avion ne se vendrait jamais. Retour sur l’un des travers franco-français qui de fiasco est devenu un véritable succès industriel ainsi que d’influence.

(Source)

Retour sur image

Imaginé dans les années 70, développé dans les années 80 et 90, les premiers appareils commencèrent à être livrés d’abord à l’Armée de l’air française en 2001 puis à l’Aéronavale en 2002, avec cinq années de retard. [1] Las, le bijou technologique que de nombreuses autres armées devaient nous envier, débutait sa carrière la coiffe de radar baissée et, surtout, sans aucun contrat d’exportation. Une première si l’on se réfère aux précédents programmes à succès de l’avionneur (Mirage 3 et Mirage 2000 en particulier). Corée du Sud, Pologne, Singapour, Arabie Saoudite, Maroc, Suisse ou Brésil, la liste des échecs du meilleur avion de combat de sa génération ressemblait à la longue litanie de défaites commerciales successives et parfois cinglantes. [2]

Le 16 février 2015, l’Égypte signe le premier contrat export mais aussi premier contrat historique. Il aura en effet fallu attendre 27 ans pour vendre un premier lot de 24 Rafale à un autre client que l’État français. [3] Suit un autre lot de 24 appareils, pour le Qatar cette fois, en décembre 2015, avec une option levée en 2017 pour 12 appareils supplémentaires. En septembre 2016, l’Inde signait pour un lot de 36 appareils. En moins de deux ans, une centaine d’appareils venaient d’être vendus et les premiers exemplaires livrés à l’Égypte. Loin de s’arrêter à ces premiers succès, l’équipe Rafale France escompte vendre encore 215 appareils supplémentaires : 167 à l’Inde, 36 au Qatar et 12 à l’Égypte, sachant que l’avion est proposé à plusieurs appels d’offre comme en Suisse et en Finlande.

Continuer la lecture

Share/Partage