Espaces inexplorés, territoires à explorer ?

Sans doute la question ainsi posée interpelle : un milieu inexploré doit-il impérativement être exploré ? Et, par la magie de la sémantique, comment un espace devient-il un territoire ? Au-delà de cette double interrogation géographique, spatiale et philosophique, l’idée de cet article est de parcourir trois espaces méconnus qui environnent l’espèce humaine et en façonnent sa destinée : les fonds océaniques, l’espace et le cyberespace.

(Source)

Avec pour particularité pour ce dernier d’être entièrement artificiel, fruit de l’imagination de notre espèce, devenu un domaine hybride (virtuel et réel) au fil des évolutions techniques et technologiques successives. Continue Reading

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Sur la route de Mars… littéralement

Excellent communicant et chantre de la nouvelle frontière propre à l’esprit américain [1], Elon Musk fit coup triple ce 6 février 2018 avec le lancement de la fusée Falcon Heavy [2] depuis Cap Canaveral (tout un symbole de la conquête spatiale) vers Mars.

 

Une réussite technique, une visibilité médiatique et des retombées économiques assurées : ce seront les fruits de cette démonstration mondiale.

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Zuma, X37B, USA-276 : des engins mystérieux en orbite… ou pas

Autant le dire tout de suite, la quantité d’information réellement exploitable de ce petit article risque d’être un peu limitée en raison du sujet digne d’un film de James Bond. Car il y a des engins qui tournent autour de la Terre, et dont on ne sait pas grand-chose. Le grand retour du Spoutnik, mais cette fois-ci en version américaine.

Citons par exemple la navette dronisée X37B (ci-dessous), qui est restée en orbite autour de la Terre pendant 718 jours afin de mener à bien une mission gardée secrète.

Si vous ne connaissez par la X-37, c’est normal puisque cette navette robotisée développée par Boeing et opérée par l’US Air Force n’a pas vocation à faire parler d’elle. Au départ, cet engin était un démonstrateur destiné à valider les nouvelles technologies notamment de décollage, et de rentrée dans l’atmosphère. Son premier lancement dans sa version actuelle baptisée X37B OTV (Orbital Test Vehicle) a eu lieu en 2010, depuis Cap Canaveral, et a donné lieu à sa mise en orbite basse – voir plus loin –  par une fusée Atlas V501.

La navette n’est pas très grande : elle mesure 8,38 m pour une envergure de 4,57 mètres, avec une masse totale à vide n’excédant pas 3,5 tonnes. C’est une mini-navette (même mode de rentrée, même architecture générale que la navette STS classique américaine aujourd’hui abandonnée), capable d’atteindre une orbite comprise entre 230 et 1 064 km d’altitude et dotée d’une autonomie de 470 jours.

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Elon Musk : diffuseur d’air, d’espace et de publicité mensongère

Lors d’une spectaculaire keynote au Congrès Astronautique d’Adélaïde (Australie), le sémillant Elon Musk a présenté ses projets spatiaux : une base sur la Lune, un vol habité vers Mars en 2024, la production imminente de sa nouvelle fusée Big Falcon Rocket destinée au transport Terre-Lune/Mars… et au vol commercial à très grande vitesse autour de notre planète bleue. 

Selon le patron de SpaceX, la Big F…g Rocket (BFR) reliera les métropoles mondiales en moins d’une heure et transportera une centaine de passagers, pour le même prix qu’un vol en classe économique.

Qui n’a pas rêvé d’un vol suborbital Paris-New York ou Shangaï-Londres en 30 minutes plutôt que d’un voyage de 8-10 heures à bord d’un ennuyeux Airbus/Boeing ? Désormais, ce fantasme n’est plus réservé à l’huile de Wall Street devant assister à son conseil d’administration au-delà des mers, ni à la richissime bimbo pressée de chiner outre-Atlantique avec ses copines de trente ans…

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Pour une culture spatiale mondiale, démocratique et stratégique

Toute culture est constituée de référentiels. Il existe des cultures traditionnelles souvent implantées dans des lieux géographiques, pratiques pour le développement des sociétés, et mythiques, car un signe ou un événement désigne ce lieu comme étant propice à l’installation des sociétés. Il existe également des sociétés artificielles qui se constituent pour répondre à des besoins le plus souvent économiques et scientifiques comme les plateformes pétrolières, les sous-marins, les environnements hyper-informatisés et les vols habités.

Quelle que soit la nature de ces sociétés, il est nécessaire d’appliquer des principes d’observation qui induisent  à la fois un devoir d’objectivité (on regarde, on enregistre, mais on ne juge pas et on ne transfert pas nos propres référentiels culturels sur l’Autre) et un devoir d’exhaustivité (il ne faut négliger aucun détail). Le plus souvent, le travail d’observation nécessite que l’on se déplace sur le terrain lorsque cela est possible et que l’on partage la vie et les mœurs des populations que l’on analyse. Continue Reading

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L’Echo du mois avec Philippe Perrin – De l’espace à l’avion du futur

Philippe Perrin est diplômé de l’Ecole Polytechnique. En 1985, il rejoint l’Armée de l’Air où il devient successivement pilote de reconnaissance sur Mirage F1-CR, pilote d’essais, chef des opérations de l’escadron de chasse 01/002 Cigognes à Dijon, sur Mirage 2000 et enfin, pilote de marque 2000-5 au Centre d’essais en vol. Sélectionné comme candidat spationaute en 1990, il suit à la Cité des Etoiles (CPK), un stage d’initiation au système spatial russe (Soyouz-TM, station MIR et activités extravéhiculaires). Envoyé en août 1996 à Houston, il obtient sa qualification d’astronaute spécialiste de mission. Responsable de l’amélioration de certains systèmes à bord de la navette américaine, Philippe Perrin est ensuite affecté à la mission STS-111 sur la navette Endeavour du 5 au 19 juin 2002 et à bord de l’ISS depuis laquelle il effectue trois sorties extravéhiculaires. Depuis 2006, Philippe Perrin est pilote d’essais chez Airbus, où il participe à tous les développements des appareils récents, en intervenant notamment en tant qu’expert « Systèmes Commandes de vol. »

Photo de Philippe Perrin

Pilote d’essais chez Airbus depuis 2004, envisagez-vous un jour le transport aérien commercial sans pilotes ?

Avec le temps, on peut tout imaginer, et généralement d’ailleurs, se tromper sur à peu près tout. Ce que je sais assurément en tant que pilote d’essais c’est que même si beaucoup trop d’accidents sont aujourd’hui causés par des membres d’équipages, un nombre incalculable d’accidents est chaque jour évité grâce à ces mêmes équipages. Comment apprendre à un avion à éviter des oiseaux au décollage ? Comment apprendre à un avion à se poser sur l’Hudson River après avoir avalé dans ces moteurs ces mêmes oiseaux ? Comment piloter un avion quand les automatismes sont en panne ? En automatique, tout problème a une solution, mais également un coût, et il me semble que pour très longtemps encore il sera moins cher de laisser un pilote dans l’avion ; considération financière à laquelle il faut rajouter la défiance des passagers laissés aux bons soins du seul pilote automatique ou, en cas de reprise des commandes depuis le sol, la gestion des risques terroristes à distance.

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Starship troopers : une vision 2.0 de l’avenir ?

Starship troopers a été un bide relatif au niveau commercial. Il faut bien le reconnaître. Est-ce bien mérité ? Certainement pas si l’on regarde cette dystopie comme un miroir des défauts de notre temps, qui nous pointe le risque de la dégénérescence des démocraties en empire totalitaire. Une fois compris les malaises palpables à la vue de ce film quelque peu subversif – à moins de ne vouloir voir qu’un très bon film d’action (très mauvais pour ses suites), ce récit reste savoureux.19

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« Houston, we’ve got a problem »…So, hack !*

5 février 1971, orbite lunaire.
Alors qu’il vient de se séparer du Module de Commandement qui va rester attendre en orbite le module de remontée, Antares, le Module Lunaire (ML) d’Apollo 14, va pouvoir débuter sa descente en direction du cratère Fra Mauro. Apollo 13, la mission précédente qui faillit se terminer en tragédie, est encore dans l’esprit des milliers d’ingénieurs participant à ce « grand pas pour l’Humanité ». Pourtant, Apollo 14 va connaître une panne et un dysfonctionnement majeur en début puis en cours de descente.
Image illustrative de l'article Apollo 14

L’équipage d’Apollo 14

Pour le dysfonctionnement, un contournement logiciel assimilable à une forme de piratage informatique permettra la réussite de cette mission. Retour sur un événement oublié de la conquête spatiale où l’ingéniosité et cette fameuse part de chance permirent un succès indéniable.

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