L’Écho du mois : Kenneth Sisseke, officier de police en Afrique du sud

Kenneth Sisseke est officier de police dans la banlieue de Johannesburg depuis une dizaine d’années et un fin observateur de l’évolution économique et sociale de l’Afrique du sud. La nation arc-en-ciel était secouée par des vagues d’attaques xénophobes lors de son entretien avec EchoRadar…

EchoRadar : Des attaques xénophobes avaient déjà eu lieu en 2000 et 2008, elles ciblaient essentiellement des ressortissants du Zimbabwé voisin. En 2015, elles ont connu une ampleur inédite notamment à Durban. Des Africains étrangers ont été tués, blessés, certains brûlés vifs, et leurs commerces ont été pillés ou incendiés. L’armée a été appelée en renfort et plusieurs pays africains ont rapatrié leurs ressortissants. Comment en est-on arrivé là ?

Kenneth Sisseke : Nous savions que des attaques d’une telle ampleur surviendraient un jour ou l’autre. Je pense qu’elles seront plus fréquentes dans les années à venir. Regardons ce qui se passe ailleurs pour mieux cerner ce qui cloche dans ce pays. J’ai marché dans des villes comme Accra, Naïrobi et Dar Es Salaam, et j’appréciais énormément cette omniprésence de petits et de grands commerces entourés d’échoppes, de vendeurs à la sauvette, de foules qui erraient avec joie ou étaient toujours en quête de quelque chose jusqu’aux heures tardives.

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