L’électrification des mobilités sera-t-elle un accélérateur de la désindustrialisation européenne ?

Encore très marginaux en termes de volume des ventes, les véhicules électriques (à batterie ou à hydrogène) s’insèrent tout doucement dans le paysage des mobilités européen grâce à des incitations fiscales fortes et des restrictions plus draconiennes pour leurs homologues thermiques. Les projets, les modèles et les marques se multiplient dans le secteur automobile et les annonces n’en finissent plus de dévoiler un avenir 100% électrique dans un horizon de plus en plus proche. Pour autant, cette électrification des mobilités accompagne une réalité industrielle qu’il est nécessaire d’appréhender sur un plan géopolitique en raison d’une véritable bascule effective depuis 2015 et qui a déjà commencé à produire des effets singuliers sur l’industrie du Vieux Continent.

Crédit illustration : Pexels.com

La lutte pour le marché de l’électromobilité est un déterminant du pivotement géopolitique qui a cours, penchant de plus en plus nettement vers le continent asiatique… Y. Harrel expose que l’électrification des mobilités, en dépit de réelles qualités, entraîne la disparition de tout un savoir-faire industriel européen tant par l’exclusion d’autres solutions technologiques que par l’absence d’approche systémique de cette transition imposée par les pouvoirs publics nationaux et européens.

Lire l’analyse complète sur Diploweb.com.

 

Cyberstratégie Est-Ouest

 

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5 ans d’Echoradar – Dieselgate : la flaque de mazout qui fit déraper constructeurs et politiques

Septembre 2015 : en notifiant au groupe allemand Volkswagen un défaut de respect de la législation sur la pollution atmosphérique, l’United States Environmental Protection Agency (l’agence américaine de protection environnementale) plongea tout le secteur automobile dans un profond désarroi perdurant encore. Outre les amendes records, les démissions forcées et les procès à répétition, cette affaire précipita le marché automobile vers une électrification à outrance qui changera notre perception et approche des mobilités.

L’affaire du Dieselgate prend sa source en mai 2014. Elle est la résultante d’une découverte sous forme d’interrogation par l’équipe de chercheurs de l’université de Virginie Occidentale, mandatée par l’International Council on Clean Transportation de l’université : pourquoi les données constructeurs de véhicules du groupe Volkswagen ne concordent-elles pas avec les résultats obtenus par les tests opérés ?

Tout part en réalité de l’impossibilité par les ingénieurs de Volkswagen de développer un moteur deux litres diesel compatible avec les normes anti-pollution américaine (le EA 189 dans sa terminologie industrielle) : la recherche et développement prenant bien plus de temps que prévu pour concilier élimination des NOx (oxydes d’azote) et basse consommation, tandis que l’échéance de commercialisation ne pouvait plus être repoussée. Pour trancher ce dilemme, il fut décidé par le département motorisation du groupe allemand de procéder par un tour de prestidigitation… électronique. Les ingénieurs s’appliquèrent en effet à la modification d’un logiciel d’origine Bosch capable de duper les tests de détection des émissions, en jouant sur la modulation du régime moteur lors des phases de test, ce qui permit de rester en conformité avec lesdites normes. La possibilité de truquer le logiciel était connu depuis 2006 mais – fait aggravant – fit l’objet d’optimisations en 2011 permettant de libérer le plein potentiel du moteur dès l’allumage et de repasser en mode bridé en cas de phase de test.

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