Le nickel de Nouvelle Calédonie : un métal très convoité

Le troisième et dernier référendum de la Nouvelle Calédonie le 13 décembre 2021 a été particulièrement suivi par la France en raison de son futur statut en tant que collectivité territoriale ou d’État indépendant. Cette votation fut cependant aussi scrutée de très près par plusieurs acteurs mondiaux, publics et privés.

Gisement du grand Sud – Prony Resources

Car l’archipel néo-calédonien attise l’attention de nombreux observateurs internationaux pour une double raison : la première est son positionnement géographique dans l’espace de l’Océan Pacifique Sud, où la montée en puissance de la Chine suscite une inquiétude renforcée chez les puissances régionales comme l’Australie et la Nouvelle Zélande, alliées des États-Unis (d’où l’annonce officielle de l’alliance militaire AUKUS le 15 septembre 2021) ; la seconde, celle qui nous intéresse le plus en la présente analyse, est sa richesse minéralogique, laquelle consiste en l’extraction de plusieurs ressources, dont la principale demeure, et de loin, le nickel.

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Quels intérêts français en Nouvelle-Calédonie ?

En 2021, la France s’est intéressée au Pacifique pour deux raisons : d’une part à cause du revirement australien sur le contrat de sous-marins, d’autre part à cause du troisième référendum d’indépendance en Nouvelle-Calédonie. Gageons que 2022 connaîtra moins d’intérêt pour la zone car usuellement, la métropole ne porte guère attention à ces régions éloignées.

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La Nouvelle Calédonie est éloignée de 16.000 km de la métropole, quasiment à son opposé géographique du globe (aux antipodes). Cette île de 18.000 km² se situe au nord-est de la grande île australienne. Elle appartient donc de fait au continent océanien, tout comme la Polynésie d’ailleurs. C’est d’ailleurs tout le problème… Continuer la lecture

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L’AUKUS : un regard depuis la Russie

Par Igor Delanoë

Directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe (Moscou)

Docteur en histoire

 

La création de l’AUKUS a pris par surprise experts et décideurs politico-militaires en Russie. Envisagée à travers le prisme de la confrontation avec la communauté euro-atlantique, cette alliance politico-militaire et industrielle revêt à court terme un caractère de dangerosité pour Moscou. A plus long terme, l’AUKUS pourrait toutefois bien se muer en menace pour la Russie sur son flanc Asie-pacifique. Il s’agit d’une région qui baigne l’Extrême-Orient russe, et dont Moscou a pu prétendre réinvestir la scène stratégique, sans que pour autant elle soit parvenue à y trouver sa place. En réalité, compte-tenu du niveau de tensions et des enjeux de la compétition sino-américaine qui y prend forme, le Kremlin semble préférer jouer en “deuxième ligne” tant il redoute les conséquences d’une crise dans laquelle il pourrait se retrouver entraîner. En tout état de cause, au-delà des défis que la Russie veut bien voir dans la formation de l’AUKUS, ce pacte pourrait cependant ouvrir des possibilités de coopération économique et militaro-industrielle entre Moscou et des pays de la zone Asie-Pacifique. Quant à la France, trahie par ses alliés, elle est jugée sévèrement et avec une certaine condescendance.

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L’électrification des mobilités sera-t-elle un accélérateur de la désindustrialisation européenne ?

Encore très marginaux en termes de volume des ventes, les véhicules électriques (à batterie ou à hydrogène) s’insèrent tout doucement dans le paysage des mobilités européen grâce à des incitations fiscales fortes et des restrictions plus draconiennes pour leurs homologues thermiques. Les projets, les modèles et les marques se multiplient dans le secteur automobile et les annonces n’en finissent plus de dévoiler un avenir 100% électrique dans un horizon de plus en plus proche. Pour autant, cette électrification des mobilités accompagne une réalité industrielle qu’il est nécessaire d’appréhender sur un plan géopolitique en raison d’une véritable bascule effective depuis 2015 et qui a déjà commencé à produire des effets singuliers sur l’industrie du Vieux Continent.

Crédit illustration : Pexels.com

La lutte pour le marché de l’électromobilité est un déterminant du pivotement géopolitique qui a cours, penchant de plus en plus nettement vers le continent asiatique… Y. Harrel expose que l’électrification des mobilités, en dépit de réelles qualités, entraîne la disparition de tout un savoir-faire industriel européen tant par l’exclusion d’autres solutions technologiques que par l’absence d’approche systémique de cette transition imposée par les pouvoirs publics nationaux et européens.

Lire l’analyse complète sur Diploweb.com.

 

Cyberstratégie Est-Ouest

 

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Quels débats en Chine même ? (X. d’Abzac)

Nous sommes heureux de publier cet article innovant, publié chez nos amis de La Vigie (ici). La lecture est passionnante et change de ce qu’on lit régulièrement sur la Chine. L’auteur nous propose ici un très intéressant texte décrivant les débats intellectuels nourris parmi les élites chinoises, qui sont finalement si peu connus en Europe. Aller écouter l’autre pour comprendre son point de vue, quelle bonne idée ! Merci à lui. ER

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5 ans d’EchoRadar – Une expansion chinoise ou une obsession américaine nommée Huawei

Depuis quelques années, la firme chinoise Huawei est une véritable obsession pour les Etats-Unis. À l’ère où la maîtrise des réseaux informatiques constitue un atout-maître des grandes puissances, l’expansion internationale des plateformes numériques made in China révèle et accélère le déclin relatif de l’Amérique sur la scène technologique.

 


America Online

Au-delà des terres américaines, les analystes de la chose technologique ignorent ou omettent à quel point “le cyberespace, plus que tout autre espace de la mondialisation, est conçu par les Américains comme un prolongement de leur territoire national. Pour les Américains, l’imaginaire d’Internet est très proche de celui d’un nouveau Far-West […] Un lieu à découvrir, à explorer, à conquérir mais aussi à créer à sa convenance.” (1)

Quelques évidences démontrent amplement comment le Web a été façonné par la main de l’Amérique depuis les années 1990. Continuer la lecture

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5 ans d’Echoradar : Le bouleversement (et la profondeur) de Trump

Quel a été le plus important événement géopolitique de ces cinq dernières années ? Une telle question suggère qu’on ait le recul suffisant pour apprécier la portée des événements. Or, il arrive que des événements passent inaperçus sur le moment et ne révèlent leur importance que dans la longue durée, surtout en matière géopolitique. Cette discipline privilégie en effet souvent une approche du temps long qui lui permet de déceler les grands mouvements tectoniques. De même, le qualificatif d’important pose difficulté : de quelle échelle s’agit-il ? Pour qui est-ce important ? Par exemple, une vision française différera d’une vision européenne, chinoise ou mondiale… Malgré toutes ces objections de méthode, risquons-nous.

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L’élection de Donald Trump en 2016 constitue bien un événement qui affecte tous les points de vue. De plus, il s’inscrit dans une histoire plus longue que les seules trois dernières années car il concrétise des tendances initiées par George W. Bush (sur les relations transatlantiques) et Barack Obama (sur le pivotement asiatique). Surtout, il affecte la première puissance globale, ayant des intérêts et des influences dans toutes les parties de la terre. Elle fut la seule depuis la fin de la Guerre froide même si on observe depuis une décennie la montée en puissance de la Chine. Mais la faillite de Lehman Brothers en 2008 ou la maîtrise du pouvoir chinois par Xi Jin Ping depuis 2013, qui pourraient constituer d’autres événements mondiaux, sont advenus avant la période considérée. Enfin, l’accession de Trump au pouvoir constitue autant la concrétisation d’une tendance préalable que l’établissement d’un nouveau cours géopolitique. C’est un tremblement de terre en ce qu’il est la résultante de pressions antérieures, tout comme il produit un nouvel état des choses profondément différent de ce qui existait auparavant et auquel on ne pourra pas revenir.

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Du fort au fou

La réunion de l’Assemblée générale des Nations-Unies de fin septembre 2018 restera probablement dans les annales de la diplomatie multilatérale. Point besoin de s’étendre ici sur le fond de ce qui a été dit, les commentaires acerbes pleuvent déjà depuis hier. Plus intéressantes sont les implications de ce jeu – plus réellement – diplomatique. La posture du Président des Etats-Unis semble ainsi de plus en plus dictée par ses humeurs – non pas que ce soit une découverte – et ses volontés. De fait, la diplomatie américaine, du moins celle incarnée par son chef et ses subordonnés immédiats, apparaît de moins en moins pondérée et, surtout, de moins en moins rationnelle. La part de l’affect qui semble guider D. Trump dans ses choix et ses discours pose toutefois un certain nombre de problématiques en termes de relations bi et multilatérales.

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