L’armée française et l’Union européenne

PREAMBULE

 

Dans une tribune rédigée pour le quotidien Le FIGARO daté du 17.07.2021, M. Jean-Louis Borloo, ancien ministre, informe l’opinion d’un arrêt rendu par la Cour de Justice de l’Union Européenne le 15.07.2021 relatif aux horaires d’activité de l’Armée française. Ce texte fait suite à une première alerte lancée par l’intéressé sur le sujet dans ce même organe de presse le 29.01.2021. Dans cet arrêt, la CJUE fait sommation à la France de rendre conforme aux règles européennes la durée et l’amplitude des temps de « travail » de son Armée, par leur alignement sur celles régissant les activités des secteurs civils et professionnels (directive 2003/88/CE). Les deux alertes de M.Borloo ont le mérite de porter à la connaissance du public un coup de force juridique des autorités européennes quasi ignoré dans l’ensemble du champ médiatique, et sans réplique officielle du gouvernement français lui-même. Dans ce cadre, M.Borloo réclame pour l’Armée française le droit à un statut spécifique en vertu des exigences particulières liées à l’exercice de son activité.

Son interpellation, étant publique, confère un droit de réponse à son lectorat. La nature du sujet, qui implique la souveraineté de la France, autorise de même le droit d’expression de tout citoyen à l’adresse des autorités gouvernementales.

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Rallye des 1000 pistes : la compétition au son du clairon

Un rallye de type africain en pleine Provence? Un rallye sur un champ de manoeuvres militaires ? Le propos pourrait être incongru s’il n’avait été réalisé entre 1976 et 1986 dans un contexte, il est vrai, assez singulier de méfiance entre forces armées et population civile. Il faut rappeler que dans les années 1970 la création ou l’extension de camps était très mal acceptée par les expropriés, bénéficiant le cas échéant d’un soutien médiatique, politique et physique comme ce fut le cas avec la lutte du Larzac. De fait, les autorités militaires prirent conscience que les rapports avec la population devaient évoluer, ce qui imposait de promouvoir une nouvelle image des armées précisément.

 

L’occasion fut saisie avec l’enthousiasme de l’ASA Team Dragon (une structure associative de sport automobile) et la volonté du commandant du camp de Canjuers, le colonel Sirvent, d’offrir plus qu’un terrain d’entente : un terrain de compétition. 110 kilomètres de route asphaltée, 400 de piste en terre, un sol calcaire aride, des passages à gué et une activité d’artillerie soutenue toute l’année : tel était le camp Canjuers, alors plus grande enceinte militaire en Europe. L’accord fut scellé de la façon suivante : l’armée mettait à disposition l’ensemble des installations (restauration, hébergement, service médical) pour les concurrents, leur équipe technique ainsi que pour la presse présente. De même que des moyens logistiques conséquents (véhicules tout-terrain, camions de dépannage et hélicoptères). L’association prenait pour sa part à sa charge les frais de carburant et l’organisation générale sur le parcours. L’improbable fut ainsi réalisé onze éditions durant : un rallye dans un camp militaire français!

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Le cyberespace dans le discours de Vladimir Poutine à l’Assemblée Fédérale du 1er mars 2018

Vladimir Poutine fascine autant qu’il irrite en Occident. Plus encore depuis les évènements survenus en Ukraine en 2014 suivis du rattachement de la péninsule de Crimée à la Fédération de Russie ainsi que par son rôle d’acteur incontournable dans la crise en Syrie.

 

C’est dans un contexte très tendu dans ses relations avec ses homologues occidentaux que le président russe en pleine campagne de réélection s’est adressé aux représentants des deux chambres ainsi qu’aux membres du gouvernement Medvedev. Ce discours, principalement axé vers les problématiques internes, fut calibré pour être capté par les oreilles de pays alliés mais plus encore par celles d’États en friction avec la Russie. C’est d’ailleurs là tout l’intérêt de revenir sur cette tribune de pratiquement deux heures : comprendre, plus qu’apprendre, ce que le Kremlin envisage pour l’avenir du pays sitôt le processus électoral achevé.

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