Fêtons les 5 ans d’EchoRadar !

Le 13 juillet 2014 apparaissait dans le cyberespace, plus précisément dans la blogosphère française un nouvel objet non identifié intitulé EchoRadar. Ce nouveau blogzine avait et a toujours, depuis 5 ans, pour ambition de regrouper un collectif de blogueurs bouillonnants qui s’expriment autant sur la géopolitique, la défense, la sécurité et les technologies. L’objectif principal réside dans le partage d’analyses inédites rédigées par des passionnés qui apportent une contribution atypique à la réflexion actuelle, passée et à venir.

Face à l’explosion des réseaux sociaux et de l’information brute immédiatement disponible, l’intérêt des blogs est remise en question depuis plusieurs années et cela même au sein du collectif. L’utilité et le temps consacré à des études plus élaborées que 280 caractères ou de simples vidéos interrogent. Pour EchoRadar, il s’agit pourtant de son mode d’expression favori pour livrer à ses lecteurs des travaux distincts autant que possible que des courants majoritaires de pensée.

Quoiqu’il en soit, cinq ans plus tard, nous n’avons pas à rougir de notre bilan : plus de 400 articles publiés dont des interviews sérieuses et truculentes, une veille quotidienne qui se traduit sur les réseaux sociaux avec presque 10 000 tweets et plus de 1600 abonnés, et près de 1000 sur Facebook.

Si nous en sommes fiers, nous conservons l’humilité et le recul nécessaires inscrit dans notre ADN.

Continuer la lecture

Share/Partage

Écho du Bocal avec Jeremy Ghez sur les États-Unis de Trump

Jeremy Ghez est professeur affilié d’économie et d’affaires internationales à HEC Paris et le codirecteur du Centre de Géopolitique de cette école. Il est l’auteur du récent livre “États-Unis: déclin impossible, rebond improbable” paru cet hiver chez VA Press (ici) et qui nous explique l’Amérique de Trump. Il répond à nos questions sur ce sujet. Mille mercis à lui.

1/ Vous montrez dans votre livre que l’élection américaine de 2016, qui a été une surprise pour tous les analystes, était finalement très explicable. Tout d’abord à cause d’Hillary Clinton qui ne s’est pas vraiment intéressée à ce que vous appelez son pare-feu électoral : pouvez-vous nous expliquer cette notion ?

Le pare-feu démocrate était l’idée selon laquelle un certain nombre d’États américains, qui avaient voté démocrate de manière systématique depuis 1992 au moins, étaient acquis à la cause du parti d’Hillary Clinton.

Pour rappel, les États-Unis sont divisés en cinquante États, auquel s’ajoute le District de Columbia qui abrite la capitale du pays, Washington. Chaque État dispose d’un nombre de grands électeurs qui est fonction de sa démographie. Lorsqu’un candidat gagne un État, il remporte l’ensemble de ses grands électeurs (exception faite du Maine et du Nebraska qui fonctionnent selon un mode de scrutin hybride, dont une partie proportionnelle). Ces grands électeurs sont moralement engagés à voter pour le candidat qui a remporté l’État — et le font dans leur très large majorité, puisque l’on ne recense qu’une poignée d’exceptions historiques.

Or, il y a en tout 538 grands électeurs. Le candidat qui remporte un ensemble d’États totalisant 270 grands électeurs (soit exactement la moitié des 538 grands électeurs totaux plus un) ou plus remporte ainsi l’élection. Et ces États du pare-feu électoral représentaient à eux seuls 242 grands électeurs. Il « suffisait » donc d’aller chercher un grand État supplémentaire, comme la Floride par exemple, que Barack Obama avait gagné à deux reprises, pour remporter la Maison Blanche. Mais voilà : on a sous-estimé, dans le camp Clinton, la probabilité que la majorité démocrate dans certains États de ce pare-feu puisse ne pas tenir. Et c’est ce qui s’est passé dans le Wisconsin, dans le Michigan et en Pennsylvanie, où le fameux « col bleu », ce travailleur ouvrier qui a voté par deux fois, sans hésiter, pour Barack Obama, s’est dit que la rupture avec le monde d’hier n’était pas suffisamment importante. Pour ces électeurs-là, la suite logique d’une présidence Obama n’était pas une présidence Clinton, mais une présidence Trump.

Continuer la lecture

Share/Partage

Doctrine spatiale : priorité nationale, enjeu européen

Ce 14 Juillet 2019, l’Espace devrait occuper une place prépondérante en parallèle des traditionnelles cérémonies militaires. Emmanuel Macron doit s’exprimer sur le sujet et présenter la “doctrine spatiale” nationale. Car en effet, le contexte international fait plus que jamais de l’espace stratégique souverain, une priorité nationale. Et plus encore, un enjeu européen.

Ci-dessus: décollage d’Ariane 5 à Kourou, en juin 2019, pour la mission VA-248. D’ici un an, Ariane 6 effectuera son premier lancement – CNES

Le Président de la République Emmanuel Macron doit axer une partie de son discours aux Armées le 13 juillet sur la stratégie spatiale du pays. Un discours qui présentera les grandes lignes de notre nouvelle “doctrine spatiale”, une doctrine ayant vocation à comprendre un important volet européen.

Toute la difficulté dans la rédaction de ce billet résidera donc pour nous dans le besoin de présenter des enjeux à la fois militaires… et civils, à la fois français… et européens.
Share/Partage

Quelle Europe dans un monde d’empires ?

Le groupe d’études géopolitiques (GEG) est un cercle de réflexion issu de la rue d’Ulm et résolument pro-européen, mâtiné de beaucoup de culture (je n’ose dire qu’il est élitiste). Adossé à un site, le Grand continent, Il envoie chaque fin de semaine une petite lettre qui est souvent intéressante. La dernière (voir ici) m’a toutefois chagriné. Elle publie en effet la lettre d’un intellectuel italien, Alberto Alemanno, professeur titulaire de la chaire Jean Monnet en droit et politiques publiques européennes à HEC Paris, qui réagissait à un discours récent d’un autre intellectuel, américain celui-là, Tymothy Snyder.

source

Ce dernier, dans un discours prononcé à Vienne le 9 mai dernier, dénonçait “l’un des malentendus les plus prégnants du débat européen : bien plus qu’une union d’États-nations épuisés par des siècles d’affrontement intestins, l’Europe est née de l’effondrement des empires européens. Loin d’avoir précédé l’Europe, l’État-nation est une construction européenne“. A. Alemanno réagissait à ce discours dans un long texte publié par GEG.

Continuer la lecture

Share/Partage

Le « Remote Carrier » est-il l’avenir du drone de combat ?

Loyal Wingmen, ou Remote Carrier, ces curieuses appellations, en attendant de trouver le bon terme en français, désignent toute une nuée d’appareils qui s’intégreront au(x) système(s) de combat aérien futur(s), aux côtés des avions “pilotés”. A mi-chemin entre le drone et le vecteur autonome, ils sont les instruments au service du pilote de chasse.


Illustration ci-dessus: les “remote carriers” selon Airbus Defence & Space (vue d’artiste)
 
 
Star du Salon du Bourget 2019, le New Generation Fighter ou “NGF” de Dassault Aviation (maître d’oeuvre, en collaboration avec Airbus), était accompagné sur le tarmac de deux curieux appareils, au design de missile de croisière. Un chez Airbus, l’autre chez le missilier MBDA. Ces appareils sont officiellement appelés “remote carriers”, littéralement des effecteurs détachés du chasseur. Il ne s’agit pas d’armes, mais bien d’aéronefs intégrés au groupe de combat durant une mission.

Apparus ces deux (ou trois) dernières années dans les modélisations des industriels et forces aériennes occidentales, les “loyal wingmen” comme on les appelle aux USA, font partie de la solution imaginée pour percer la fameuse bulle A2/AD (anti area/aerial denial) qui, incarnée à travers le très (trop ?) fameux système de défense AA et anti-missile russe S-400, doit mettre à bas la toute puissante domination aérienne de l’Occident.

Continuer la lecture

Share/Partage

Éthique de responsabilité individuelle c/ punition collective

 

L’étude des mobilités a ceci de fascinant qu’elle permet de mettre en exergue les fondements d’une civilisation, tant par les mobilités elles-mêmes que par l’écosystème qu’elle génère et nécessite.

C’est pourtant sur un plan plus philosophique que technique ou logistique qu’est abordé le sujet du jour.

Continuer la lecture

Share/Partage

Remédier à l’échec de la sensibilisation à la cybersécurité

Malgré son importance, la cybersécurité pâtit du fait qu’elle est à la mode. Sensibiliser à la cybersécurité est rappelé sans cesse, tel un mantra. Comme il est vrai qu’un défaut de cybersécurité peut avoir des conséquences désastreuses pour soi et les autres membres du réseau, il est indispensable que chacun se sente concerné et applique les règles élémentaires de cybersécurité. Pour cela, il va de soi que chaque utilisateur de l’informatique, du cyber ou du numérique, doit être sensibilisé aux dangers, à leurs remèdes, aux bonnes pratiques qui permettent de se prémunir des cyberattaques en tout genre.

Cela est fort bien, et loin de moi l’idée de critiquer l’aspect indispensable de la cybersécurité.

Pensez cybersécurité on Twitter: "Avez-vous appris des ...

Source

Cependant, le problème réside dans le fait que la cybercriminalité augmente dramatiquement (de manière exponentielle disent même ceux qui maîtrisent cette fonction… ou presque). Alors, si l’on fait preuve d’un peu de rigueur ou de perspicacité (voire des deux), on en vient à se demander pourquoi, si la sensibilisation à la cybersécurité se poursuit de la meilleure manière possible (personne ne la remet, même partiellement, en question), la cybercriminalité augmente et continue de rapporter à ceux qui la pratiquent ?

Parce qu’elle se diversifie et devient plus complexe, disent la majorité des intervenants.

Parce que la sensibilisation à la cybersécurité est un échec, dis-je, et je m’en vais vous expliquer pourquoi.

Continuer la lecture

Share/Partage

Echo du Bocal avec Jonathan Marole, responsable du studio de développement Vision Réelle

Faisant suite à la présentation de la simcade Classic Racers à laquelle nous avons consacré une analyse, nous avons contacté Jonathan Marole qui s’est prêté au jeu de l’Echo du Bocal. Qu’il en soit remercié.

Pouvez-vous vous présenter Jonathan, et notamment décrire votre parcours professionnel?

Titulaire d’un Bac STI, je suis principalement autodidacte dans le métier, mû par ma passion pour le monde automobile. Et pour être plus précis, c’est surtout le design automobile qui bénéficie de mon intérêt, à telle enseigne que lors d’un de mes premiers postes chez Office Depot, je dessinais des carrosseries pendant mes pauses au lieu de déjeuner. J’ai aussi acquis une Lancia Delta 2 HF Turbo 2.0l.

Puis j’ai été amené à travailler pour Eden Studios, développant principalement des simulations automobiles. Avec l’émergence de la 3D et son rachat par Infogrames/Atari, j’ai participé à plusieurs projets dont Test Drive Unlimited 1 où je fus en charge de la partie DLC et Test Drive Unlimited 2 où je gérais tous les aspects des véhicules (graphismes, physique, gameplay et son). Ces dernières années, ma société a principalement travaillé pour des titres tels que Gear Club sur iOS, Android et Nintendo Switch.

Continuer la lecture

Share/Partage
Translate »