“Le chant du loup” d’Antonin Baudry

Exceptionnel : le film proposé par Antonin Baudry l’est à plus d’un titre. Il n’est pas exempt de défauts et de choix audacieux dans le scénario et la conduite de l’intrigue. Ce qui n’empêche aucunement beaucoup de reconnaître qu’il est un très bon film et, fait rarissime, une bonne retranscription de la navigation à bord des sous-marins à propulsion navale nucléaire français. Belle récompense pour la Marine nationale qui continue à renouer avec le cinéma et n’a pas ménagé ses efforts pour ce film. Bien des problématiques opérationnelles sont retranscrites sur grand écran.

 

 

Attention : ne lisez pas ce qui suit si vous n’avez pas encore vu Le chant du loup. Foncez dans la salle obscure la plus proche de chez vous et ne lisez pas la suite… !

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“Porte-avions européen” : quelle intention ?

En réponse à la tribune du président de la République Emmanuel Macron, Mme Annegret Kramp-Karrenbauer – présidente de la CDU (Union chrétienne-démocrate d’Allemagne – Christlich Demokratische Union Deutschlands) – réplique par la proposition de construire “un porte-avions européen commun, pour souligner le rôle de l’Union européenne dans le monde en tant que puissance garante de sécurité et de paix”. Mme Angela Merkel, chancelière de la République Fédérale d’Allemagne,”trouve bien et juste que côté européen nous puissions disposer d’un tel équipement” : il s’agit donc désormais d’une proposition de l’Allemagne dans le cadre du débat mené entre les États membres de l’Union européenne quant à l’autonomie stratégique de cette dernière.

© US Navy - Mass Communication Specialist 3rd Class Ethan M. Schumacher. Le porte-aéronefs (LHA) Cavour de la Marina militare naviguant de concert avec le porte-avions CVN-75 USS Harry S. Truman (Ve fleet) et le porte-avions Charles de Gaulle (TF 473) pendant des opérations menées dans le Golfe d'Oman.
© US Navy – Mass Communication Specialist 3rd Class Ethan M. Schumacher. Le porte-aéronefs (LHA) Cavour de la Marina militare naviguant de conserve avec le porte-avions CVN-75 USS Harry S. Truman (Ve fleet) et le porte-avions Charles de Gaulle (TF 473) pendant des opérations menées dans le Golfe d’Oman.

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Variations sur le thème de l’effet majeur

La méthode française utilisée pour élaborer une manœuvre tactique fait la part belle à ce qu’on appelle l’effet majeur1. Toute la méthode tourne autour de lui, dans la mesure où sa détermination conditionne la pertinence des ordres qui seront élaborés puis transmis aux subordonnés dans le but avoué d’obtenir la victoire.

Cependant, malgré son caractère central dans l’élaboration de la manœuvre, l’observation des effets majeurs énoncés dans différentes situations tactiques prouve que cette notion est mal comprise, donc mal maîtrisée, ce qui se traduit par des effets majeurs qui n’en sont pas. Ce ne serait pas grave si l’effet majeur n’était qu’une pure construction intellectuelle mais, dans la mesure où il conditionne les ordres donnés et donc l’exécution de la manœuvre, un effet majeur mal choisi risque d’entraîner l’échec de la mission.

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Cependant, malgré son caractère central dans l’élaboration de la manœuvre, l’observation des effets majeurs énoncés dans différentes situations tactiques prouve que cette notion est mal comprise, donc mal maîtrisée, ce qui se traduit par des effets majeurs qui n’en sont pas. Ce ne serait pas grave si l’effet majeur n’était qu’une pure construction intellectuelle mais, dans la mesure où il conditionne les ordres donnés et donc l’exécution de la manœuvre, un effet majeur mal choisi risque d’entraîner l’échec de la mission.

Le problème est que, dans la mesure où peu de monde aime la méthode et l’effet majeur (il n’y a que dans l’Église catholique et pour l’effet majeur qu’on qualifie des personnes d’intégristes2), le dit effet majeur devient presque une idée reçue au sens Flaubertien du terme3.

Par conséquent, on en parle beaucoup, on insiste sur son importance, mais on ne sait le définir ou, lorsqu’on le fait, on ne peut l’expliquer clairement. Reconnaissons que sa définition réglementaire « effet à obtenir sur l’ennemi, en un temps et un lieu donnés. Sa réussite garantit le succès de la mission » ne brille pas par sa clarté et peut laisser sur notre faim.

Alors, dans la mesure où une troupe bien nourrie est une troupe qui manœuvre, il paraît utile de faire un détour par la sémantique pour voir ce qu’elle peut nous apprendre et ce que nous pourrons en tirer d’un point de vue pratique.

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Des informatiques orphelines dans les armées et de leurs conséquences

Le récent article du colonel Légrier, publié dans la rubrique « opinions » mais promptement retiré le 16/02 du site internet de la Revue de la Défense Nationale pour des raisons initialement non exposées et au demeurant assez xylolalique, incite à se poser, de manière plus moderne, la sempiternelle question de la dépendance des armées envers la technique.

Notons, avant de poursuivre, que le lecteur ne trouvera pas ici de discussion sur le bien fondé des opinions dudit colonel ni même sur l’opportunité et l’élégance du retrait de cet article. Uniquement une réflexion sur la question de la dépendance des armées envers la technique. Mais de manière plus moderne, car cette séduction a maintenant pris les traits (marketing ou post-modernes) de la numérisation, sans laquelle toute entreprise (au sens large du terme) serait condamnée à végéter.

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Faisant également suite à un article un peu moins récent dans lequel était expliqué que des troupes françaises, en manœuvre dans un pays balte, s’étaient trouvées perdues à cause d’une panne de GPS (elles ont donc réactualisé le bon vieux principe du PMG, paumés mais groupés) l’objectif de ce billet est de se demander si les informatiques ne sont pas, parfois, considérées comme orphelines dans les armées et donc si la fameuse loi de conservation de l’intelligence ne s’applique pas également aux systèmes militaires. Si tel était le cas, il faudrait alors identifier quelles conséquences opérationnelles sa mise en application peut avoir.

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Le piège américain

Il est beaucoup question du Piège américain dans lequel Frédéric Pierucci raconte son incarcération aux USA, durant laquelle il estime avoir servi à la fois de bouc émissaire du ComEx d’Alstom et de moyen de pression utilisé par la justice américaine pour finaliser le rachat d’Alstom par General Electric.

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Le récent veto de la commission européenne à la fusion d’Alstom et Siemens redonne de l’intérêt à ce livre, car il permet de mieux comprendre le chemin tortueux qui a conduit à cette décision pour le moins étonnante.

Quant aux tout aussi récents commentaires de Michel Sapin sur la responsabilités des entreprises européennes dans leurs déboires avec la justice américaine, le récit de Frédéric Pierucci leur donne une saveur particulière.

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Perspectives navales du canon électrique

La République populaire de Chine pourrait disposer d’ici 2025, au plus tard, d’un bâtiment de guerre – une nouvelle version du destroyer Type 055 est un candidat prometteur – portant un canon électromagnétique. Cette avancée décisive chinoise pourrait réveiller d’autres projets nationaux américain, français et russe. Ils ont en commun de prétendre à 200 km de portée et jusqu’à 390 pour celui américain. Ces canons peuvent amener le retour au combat tournoyant.

 

Le canon électrique est une idée relativement ancienne qui peut être datée pour ses premières esquisses de la fin du XIXe siècle avant d’être reprise au siècle suivant en Norvège (1901), France (1914) et Allemagne (1940). Les problèmes de stockage de l’énergie rebutèrent les plus courageux.
 Il existe deux filières du canon électromagnétique :

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L’Union Européenne, prototype de dictature post-démocratique

De prime abord, l’intitulé du texte qui suit serait de nature à dispenser de sa lecture tant la question qu’il soulève paraît incongrue. Pour la majorité des observateurs peu avertis ou  limitant leur jugement aux apparences, l’Union Européenne ne saurait être qualifiée de dictature. Une reconnaissance faciale de son régime politique ne montre en effet aucun des stigmates qui signalent une essence dictatoriale : ni parti unique, ni corps de doctrine formalisé, ni police politique, ni office central de propagande, ni autocrate omnipotent, ni embrigadement de masse, ni théatralisation du pouvoir, mais au contraire : institutions pluralistes, liberté d’opinion et de réunion, procédures démocratiques, revendication de l’état de droit, etc.

Conjuration de Catilina

Récent et encore peu exploré, le concept de post démocratie laisse entendre un régime politique qui traduirait l’achèvement et le dépassement d’une période bi séculaire d’émergence et de développement de la démocratie (environ de 1800 à 2000).Ce  questionnement a aujourd’hui pour cadre obligé l’Europe elle-même en tant que matrice de toutes les idéologies et de la quasi-totalité des régimes politiques répertoriés dans l’Histoire contemporaine. S’agissant de l’Union Européenne, le sujet appartient à l’actualité dans la mesure où s’y déroule, depuis « les crises », un débat public sur le besoin de son « perfectionnement démocratique », signifiant à la fois un présupposé de démocratie existante, et son imperfection relative. Ce débat a cependant été instantanément orienté et verrouillé  par le postulat du renforcement de l’intégration européenne, présenté comme le moyen et la  condition de ce perfectionnement. C’est notamment la thèse du philosophe allemand Jürgen Habermas, affirmant en corollaire que la France a vocation à l’impulser en raison de son aptitude aux conceptions idéalistes. S’y greffe le thème devenu récurrent d’une présumée « crise de l’Europe », exploité pour maintenir l’opinion publique dans l’angoisse des dangers menaçant « la construction européenne », et donc justifiant l’exigence d’un nouveau « saut démocratique ».

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Gilets jaunes + numérique = gilets jaunes numériques

Le mouvement des gilets jaunes (remarquons que personne ne le qualifie de crise, alors qu’il dure depuis 10 semaines et ne montre pas de signes d’essoufflement autres que ceux répétés il y a peu par le gouvernement) est diversement apprécié et analysé. Mouvement insurrectionnel, révolte contre les institutions ou preuve d’un ras-le-bol généralisé, les interprétations divergent, selon qu’on en est partisan ou pas.

Pour certains, il fut même la manifestation d’une peur devant le changement, voire devant les ruptures à venir.

Le constat de son apparition quasi concomitante avec la numérisation de notre société peut susciter des questions dont celle, simple à première vue, de savoir si on peut manager à l’ère numérique comme avant. Un précédent billet donnait un avis sur la question.

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D’autre part, et bien qu’il ne s’agisse pas de comparer les révolutions de couleur et les printemps de jadis avec l’automne jaune qu’a vécu la France, l’utilisation des réseaux sociaux est un point commun de ces mouvements, tant dans l’expression des revendications que dans leur mise à profit tactique (intox sur le lieu de départ de la manifestation notamment lors de l’acte VI).

Cette utilisation du numérique est caractéristique de notre époque où la numérisation est parfois montrée comme le seul avenir possible de l’humanité. En contrepartie, des travaux sur cette utilisation par le mouvement des gilets jaunes tendent à faire croire qu’ils dévoient le numérique pour y déverser leur haine, répandre des fake news à tire-larigot et ainsi faire le lit de l’extrême droite.

Cette révolte contre le système établi dans le monde réel incite aussi à se demander si le monde numérique ne risque pas de voir apparaître, à un horizon qu’il serait bien téméraire d’annoncer, un soulèvement similaire à celui des gilets jaunes et comment les dirigeants d’entreprises numériques (ou se prétendant telles) pourraient le précéder.

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