Le (télé) travail c’est (pendant les crises de) la santé

En son temps, Henri Salvador chantait que le travail c’était la santé. Depuis, nous avons été incités, pendant les crises sanitaires, à découvrir les joies vertus et bonheurs du télétravail. A entendre les conseils prodigués au tout début du confinement, cela semblait tout simple. Les professeurs étaient d’ailleurs incités le soir de l’annonce de l’imminence du confinement à préparer dare dare leurs cours pour qu’ils soient télé compatibles.

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C’est dire comme c’était facile, car comme tous les managers sont bons excellents, ils ne peuvent mettre leurs subordonnés dans une situation délicate. Il suffisait d’un ordinateur, d’une connexion internet, d’un peu de bonne volonté et…hop ! Le tour était joué.

Dans les faits, était-il si bien joué que cela ? Au-delà des questions légales que le télétravail peut soulever, nous allons passer en revue quelques ingrédients pour que le télé travail fonctionne correctement.

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Innovation et innovateur

L’affolement médiatique et politique autour du Professeur Raoult peut être vu comme révélateur de nombre d’éléments : narcissisme de l’intéressé, résistance de la caste des mandarins qui se voit menacée par un hurluberlu, faillite de l’État, engouement pour un “gourou” ayant trouvé un remède miracle, volonté de mettre de côté la méthode scientifique, résistance des lobbies (ah, toujours critiquer les lobbies, surtout quand on ne précise pas lesquels !), espoir en un homme ou un remède miracles d’autant plus démesurés que la surprise a pris (tout le monde, forcément) de court, etc.

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Sujets sûrement passionnants que nous n’évoquerons cependant pas dans les lignes de ce billet. En effet, “l’affaire Raoult” reflète également ce que vivent les innovateurs, ce qui nous amène à nous focaliser sur l’innovation et ses caractéristiques. Sans toutefois coller au cas d’espèce actuel, car le but de ce billet n’est pas de prendre parti pour ou contre le professeur et ce qu’il propose, nous tenterons de dresser quelques caractéristiques communes aux innovateurs. Ce faisant nous aborderons les deux côtés de l’humanité, des ombres et des lumières.

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Crise sanitaire, risque cyber et résilience

Alors que le gouvernement français déroule son plan de lutte contre la propagation du Coronavirus, les entreprises et les administrations incitent leurs salariés à privilégier le travail à distance lorsque cela est possible. Par principe, les options du télétravail et du téléenseignement vont ralentir la diffusion du virus tout en garantissant la continuité d’activité des entreprises et des administrations.

Une fois cette option choisie, les généralisations momentanées du télétravail, des télé-transactions, des téléconsultations et du téléenseignement vont mettre à l’épreuve l’ensemble des infrastructures numériques du pays. Certaines n’ont pas été dimensionnées pour encaisser une montée en charge brutale alors que d’autres peuvent passer à l’échelle facilement.

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Cyber corona

Bien que n’ayant pas encore achevé la rédaction de ma thèse (mais cela approche, heureusement !) l’actualité me pousse à rédiger un billet tant qu’il en est temps : espérons que le corona ne s’appesantira pas, et que la vie reprendra son cours paisible.

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Ayant été frappé par les similarités entre le monde réel et le monde cyber à l’occasion de cette épidémie, je vous propose d’en faire un petit tour, non exhaustif.

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Russie – Arabie saoudite : le duel pétrolier et ses conséquences

Le désaccord profond constaté début mars entre l’Arabie saoudite et la Russie sur la fixation de nouveaux quotas de production pétroliers, dans le contexte d’un marché fortement déprimé par les effets du coronavirus, vire depuis quelques jours à la guerre des prix. Alors que le Royaume saoudien souhaitait anticiper la chute de la demande mondiale de brut causée par la crise du coronavirus en sabrant la production OPEP et hors OPEP de 1,7 million de barils/jour, la Russie estimait qu’il était prématuré de prendre une telle décision. L’impossibilité de trouver un accord entre les deux poids lourds pétroliers a conduit à Vienne la semaine dernière à l’éclatement de l’accord OPEP+, dont les mécanismes de limitation de la production de pétrole cesseront de fonctionner au 1er avril prochain. Pour comprendre le claquage de porte russe à Vienne, il convient aussi de rappeler que la Russie raisonne traditionnellement en termes de parts de marché et non en termes de prix. Aussi, certains pétroliers russes – au premier rang desquels Rosneft – ont accueilli avec hostilité l’accord OPEP+ lorsque celui-ci a été signé fin 2016, tandis que d’autres s’accommodaient mieux des règles du jeu introduites par ce deal (Lukoil). Rosneft, en la personne de son tumultueux président, Igor Setchin, n’a eu de cesse de faire du lobbying pour la mise au rebus du texte, en arguant qu’il s’agissait d’un « cadeau » fait aux producteurs de pétrole non-conventionnel américains.

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CONCEPTS DE CONTRE GUERILLA EN GUERRE ASYMETRIQUE

L’auteur du texte ne possède aucune expertise militaire. Son propos limité est de rappeler des concepts opérationnels ayant eu cours dans les deux conflits auxquels la France fut confrontée en Indochine (1945-1954) et en Algérie (1954-1962). Dans les deux cas de ces guerres « asymétriques », une fraction d’officiers de terrain de l’armée française avait développé des concepts de contre guérilla inspirés des principes de la guerre révolutionnaire mis en pratique par le Vietminh. L’application de ces concepts avait été tolérée tacitement par l’Etat Major, et dans l’abstention décisionnaire du pouvoir politique, au cours des « opérations du maintien de l’ordre » en Algérie. Parmi ces officiers (décédés) on pouvait citer notamment les noms des colonels Roger Trinquier (auteur de « La guerre moderne ») et Antoine Argoud, polytechnicien (nb : major de l’Ecole de Guerre, qualifié par ses pairs de l’époque de possible « futur chef de l’armée française »).

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En Chine, des gangs propagent la peste porcine avec des drones

Chine | Afin de faire flamber le prix de la viande de porc, des gangs chinois propagent la peste porcine africaine dans les fermes avec des drones. Les éleveurs de porcs ripostent avec des brouilleurs anti-drones… et perturbent les avions de ligne.

Selon le ministère chinois de l’agriculture et la FAO, la Chine a perdu 130 millions de porcs (-40% du cheptel total) depuis l’éclatement d’une violente épidémie de peste porcine africaine à l’été/automne 2019. Cette perte équivaut à deux fois la production américaine, troisième pays producteur derrière la Chine et l’Union Européenne.

Des abattages massifs de porcs ont été effectués afin de limiter la propagation de l’épidémie. La pénurie consécutive de porcs a immédiatement provoqué une flambée du prix de leur viande : de 32 yuans/kg (4 euros) à 60 yuans/kg (7,6 euros). En Chine, le porc constitue 70% de la viande consommée et un Chinois en consomme 20 kg par an en moyenne. Dans certaines zones urbaines comme rurales, certains restaurants qui servaient uniquement de la viande de porc proposent également de la viande de chien, nettement plus abordable pour leur clientèle (1)

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La stratégie russe de développement de l’intelligence artificielle

Ce texte est le fruit d’une collaboration entre Thierry Berthier et Yannick Harrel (membres d’EchoRadar). Il s’agit d’une étude exclusive relative à la publication par les autorités russes du document stratégique sur l’IA. Elle a été diffusée initialement sur The Conversation le 26 Novembre 2019

 

Vladimir Poutine lors de l’assemblée fédérale du 1er mars 2018 – Crédits photo Sputnik

Le 1er septembre 2017, le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine énonça lors du discours de rentrée universitaire ces propos sentencieux :

« L’intelligence artificielle est l’avenir, non seulement pour la Russie, mais pour toute l’humanité. Cela présente des opportunités colossales, mais aussi des menaces difficiles à prévoir aujourd’hui. Quiconque deviendra le leader dans ce domaine deviendra le dirigeant du monde. »

L’oukaze (loi) fixant le cadre, les objectifs et les moyens du développement de l’intelligence artificielle en Russie a été promulgué près de deux ans plus tard, le 10 octobre 2019. Ce décret présidentiel s’inscrit dans une volonté politique plus large : garantir la souveraineté technologique de la Fédération de Russie. Une ambition qu’est encore venue illustrer la participation remarquée de Vladimir Poutine à la conférence sur l’intelligence artificielle tenue le 9 novembre 2019 à Moscou.

 

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