La vie sans l’Australie

Avec la véritable baffe AUKUS, le segment de l’axe indopacifique prôné par la France vient de durablement se raccourcir. 

La mission Pégase de l’armée de l’Air en 2018, faisait de l’Australie un aboutissement – capture modifiée par l’auteur

 

La France est une Nation du Pacifique. D’autant plus qu’avec 1,7 millions de citoyens sur zone, dont les deux tiers autour de la mer de Chine (contre respectivement 270 et 280 000 habitants pour la Nouvelle Calédonie et la Polynésie), il est totalement justifié que celle-ci ambitionne d’y disposer d’outils politiques ou militaires à même de garantir sa souveraineté. Continuer la lecture

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Après le coup de pied dans l’AUKUS, quelles déclinaisons de la stratégie française ?

Amis lecteurs, vous ne rêvez pas, EchoRadar est de retour après une période d’indisponibilité estivale ! Qui a certes débuté au printemps et se termine à l’orée de l’hiver, mais que vaut cet intervalle de temps par rapport au plaisir de partager nos réflexions sur des sujets stratégiques traités à la façon d’EchoRadar !

Pour cette reprise, nous vous proposons un dossier hivernal nouvelle formule ! Nouvelle formule, qu’est-ce à dire ? C’est à dire que, dans un premier temps, ce sera un dossier hivernal ressemblant aux précédents. Le sujet est le titre même du billet : Après le coup de pied dans l’AUKUS, quelles déclinaisons de la stratégie française ? Mais après… Patience !

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Le contrat entre Naval Group et le gouvernement des kangourous semblait en béton armé, voire insubmersible. Et pourtant, patatras ! Les Australiens nous ont sorti un joker de leur poche (kangourou) que personne, semble-t-il, n’a vu venir. Ce revirement de situation change la donne dans une région où les Anglo-Saxons sont bien présents, sans pour autant que la France y soit une intruse. La Nouvelle-Calédonie est encore (pour combien de temps ?) terre française, et n’oublions pas que le Vanuatu était un condominium franco-britannique. Plus à l’est, une partie de la Polynésie est encore française. Expulsée à grands coups de pied dans (de ?) l’AUKUS du Pacifique occidental, que peut faire et que peut maintenant espérer la France ? Quel est l’avenir et la force des alliances nouées lorsque de tels revirements (coups bas) ont lieu ? Les différents alliés ont-ils tous le même poids dans une alliance ? A priori non, si l’on en juge par la durée nécessaire au retour des ambassadeurs dans les différents pays protagonistes de cette “ténébreuse affaire”… Quels ont été le poids et le rôle du renseignement dans cette affaire ? Qui savait quoi ? Qui a intoxiqué qui ? Il est bien entendu que des alliés ne s’espionnent pas (ou presque) mais Pegasus a rappelé qu’entre les belles paroles et la réalité se nichait le principe de réalité. Quel est le rôle des ventes d’armes dans la construction d’alliances qui peuvent être qualifiées d’alternatives par rapport à celles existant depuis longtemps, telle l’OTAN ? La vente de Rafale peut-elle rattraper la vente torpillée (c’est le cas de le dire) des sous-marins ? Et quel avenir maintenant pour l’industrie navale française ? Ah, j’allais oublier : et le rôle de l’Europe (il est vrai qu’on a tendance à souvent l’oublier lorsqu’on parle de stratégie) ?

Pour balayer ce spectre de questions intéressantes, nous proposons à votre lecture des billets qui traiteront de la vision plus orientale de cette affaire et de ses conséquences, des intérêts français dans la zone, du referendum à venir et de ses résultats, et de l’aspect organisationnel d’une alliance. Et aussi…

Car oui, c’est maintenant que ce dossier hivernal prend toute son originalité ! Chers lecteurs, vous appréciez EchoRadar et souhaiteriez y prendre part épisodiquement ? Nous vous offrons alors de publier un billet relatif au thème de ce dossier ! Comment faire ? Tout simplement en envoyant à l’adresse echoradar.blog CHEZ gmail.com votre proposition d’article qui fera l’objet d’une relecture des membres puis publié dans ce dossier. Original, n’est-ce pas ?

Alors, partant ?

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Crise sanitaire, risque cyber et résilience

Alors que le gouvernement français déroule son plan de lutte contre la propagation du Coronavirus, les entreprises et les administrations incitent leurs salariés à privilégier le travail à distance lorsque cela est possible. Par principe, les options du télétravail et du téléenseignement vont ralentir la diffusion du virus tout en garantissant la continuité d’activité des entreprises et des administrations.

Une fois cette option choisie, les généralisations momentanées du télétravail, des télé-transactions, des téléconsultations et du téléenseignement vont mettre à l’épreuve l’ensemble des infrastructures numériques du pays. Certaines n’ont pas été dimensionnées pour encaisser une montée en charge brutale alors que d’autres peuvent passer à l’échelle facilement.

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5 ans d’ECHORADAR – Collapsologie, un malware cognitif ?

Les collapsologues sont à la mode, présents dans tous les médias pour nous alerter à l’heure du déjeuner sur l’effondrement majeur imminent de nos sociétés industrielles, capitalistes, libérales, et forcément décadentes. Dans certains milieux, l’irrationnel apocalyptique a définitivement pris le dessus sur toute argumentation scientifique pour devenir une norme de communication.

A force d’être répétée, la surenchère de promesses de catastrophes à court terme devient une vérité inattaquable par la seule force de sa diffusion et de sa capacité de sidération sur des publics jeunes, vulnérables, influençables.

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5 ans d’EchoRadar – Climat, je t’aime, moi non plus !

C’est incontestable, nous le savons depuis des décennies, la planète subit un réchauffement climatique et il est urgent de réduire la production de CO2. Face à ce constat simple, que faisons – nous et surtout avec quelle efficacité ?
Le point de départ de cet article qui s’inscrit dans le dossier anniversaire d’EchoRadar est la tenue de la COP 21 de décembre 2015, événement marquant choisi dans la période de 2014 à 2019.

Source image : AFP/Archives – LIONEL BONAVENTURE

Une vision politique du climat – la COP 21 et les suivantes
La COP est une conférence internationale sur le climat qui réunit chaque année les pays signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC). L’édition 2015 (COP21) a été organisée par la France. L’Accord de Paris qui y a été adopté engage toutes les parties signataires à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à maintenir le réchauffement sous la barre des 2°C d’ici à 2100. Belle performance médiatique et politique puisque le 4 novembre 2016, un an seulement après la COP21, l’Accord de Paris est entré en vigueur car le double seuil nécessaire a été atteint, ratification par 55 pays couvrant au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre, grâce à la ratification des pays les plus émetteurs comme le Canada, la Chine, les États-Unis, l’Inde. Cet accord incarne un repère historique pour les négociations internationales sur le climat ainsi qu’un éveil médiatique et citoyen sur la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique.
Mais 3 ans après, l’accord est affaibli par le retrait des États Unis ainsi que l’inaudibilité des COP 22 et suivantes sur la poursuite d’un plan d’actions cohérent et efficace.
Ces accords politiques certes nécessaires sont loin d’être suffisants pour l’efficience de l’action politique sur le climat.

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Mesurer la diversité

La diversité étant un bien, durement acquis et sans cesse menacé, il m’a paru utile d’apporter ma pierre à l’édifice de sa préservation et de la lutte contre les discriminations. D’autant plus que l’informatique le numérique est un secteur réputé misogyne, sexiste, etc.

DIVERSITÉ & IMAGE : LES ENTREPRISES PRENNENT POSITIONS ...

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Cependant, comme dans tout combat, il faut savoir évaluer son ennemi, les forces en présence avant de lancer une offensive. Je vous propose donc une façon de mesurer la diversité via un coefficient, préalable à tout combat mené avec une forte probabilité de réussite.

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Perspectives navales du canon électrique

La République populaire de Chine pourrait disposer d’ici 2025, au plus tard, d’un bâtiment de guerre – une nouvelle version du destroyer Type 055 est un candidat prometteur – portant un canon électromagnétique. Cette avancée décisive chinoise pourrait réveiller d’autres projets nationaux américain, français et russe. Ils ont en commun de prétendre à 200 km de portée et jusqu’à 390 pour celui américain. Ces canons peuvent amener le retour au combat tournoyant.

 

Le canon électrique est une idée relativement ancienne qui peut être datée pour ses premières esquisses de la fin du XIXe siècle avant d’être reprise au siècle suivant en Norvège (1901), France (1914) et Allemagne (1940). Les problèmes de stockage de l’énergie rebutèrent les plus courageux.
 Il existe deux filières du canon électromagnétique :

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Du courage et du management

Récemment, sur twitter1, une controverse a eu lieu sur la question du courage des managers. En cause, ou au commencement, le livre de N Bouzou et J de Funes La comédie (in)humaine2, dans laquelle il serait écrit qu’une des causes du mal-être des employés des entreprises françaises serait le manque de courage des managers.

Face à cette affirmation, plusieurs personnes ont dénoncé ce qu’elles estiment être un raccourci inapte à expliquer une situation très complexe, une stigmatisation abusive des managers : les échanges se montrant assez vifs.

Pourtant, cette question du courage des managers est loin d’être nouvelle. Déjà, en 2009, JP Lugan et Ph Ruquet publiaient un livre intitulé Manager avec courage3.

Les controverses ne sont pas non plus nouvelles, puisqu’il était demandé soit Par pitié, arrêtons avec le « courage managérial4 », soit de (re)décrouvrir « le courage managérial, une qualité trop souvent oubliée5 ».

Et, peu de temps après la publication du livre incriminé, un article répondait par la négative à la question Les managers manquent-ils de courage6 ?

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Le but de ce billet n’est pas de se lancer dans une exégèse (à charge ou à décharge) du livre incriminé, mais de se pencher sur la question du courage dans le management, et donc du courage des managers, tant il est vrai que certains en manquent parfois cruellement, tous les participants à la controverse le reconnaissent.

Une des difficultés est cependant de savoir si, comme certains semblent le penser, ou tout au moins l’écrivent, dénier aux managers le courage reviendrait à en faire des salauds ou des imbéciles7, voire les deux. Mais, ce faisant, n’est-ce pas fausser la question en faisant des amalgames ?

Ce qui amène le problème vers d’autres questions : peut-on dire d’une personne (voire d’un manager) qu’elle manque de courage, sans pour autant la vouer aux gémonies ? L’accusation de manque de courage est-elle synonyme de déchéance, d’infamie perpétuelle ? Un manager peut-il se relever d’une telle accusation ? Peut-on « acquérir » le courage une bonne fois pour toutes ?

En venir à de telles extrémités reviendrait à faire du courage la condition sine qua non de l’exercice du management puisque si un manager en manquait, cela reviendrait à faire de lui un mauvais manager.

N’est-il pas possible de proposer de nouvelles pistes de réflexion relatives au courage afin de sortir de cet affrontement stérile ?

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