QUEL DESTIN POUR L’AVION SPATIAL ?

Ma génération a probablement plus été imprégnée par le Tintin sur la Lune d’Hergé, époque série animée, que par Jules Vernes. Ma génération avait également tenu pour acquis le fait que le voyage des humains dans l’espace se ferait dorénavant grâce à ce magnifique appareil qu’était la Navette Spatiale. Aujourd’hui, alors que s’ouvre une seconde ère de conquête, l’avion spatial se cherche encore.

Ci-dessus : la navette Discovery apporte un module à l’ISS en 2011 – NASA

 

Avion spatial, « Space Plane », ou « Rocketplane ». Ces concepts reviennent régulièrement éveiller l’intérêt du passionné d’aérospatial. D’autant plus qu’avec la fin en 2011 du programme américain des Navettes, la formule n’a pas été renouvelée, malgré une intéressante variété de concepts. Continuer la lecture

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L’électrification des mobilités sera-t-elle un accélérateur de la désindustrialisation européenne ?

Encore très marginaux en termes de volume des ventes, les véhicules électriques (à batterie ou à hydrogène) s’insèrent tout doucement dans le paysage des mobilités européen grâce à des incitations fiscales fortes et des restrictions plus draconiennes pour leurs homologues thermiques. Les projets, les modèles et les marques se multiplient dans le secteur automobile et les annonces n’en finissent plus de dévoiler un avenir 100% électrique dans un horizon de plus en plus proche. Pour autant, cette électrification des mobilités accompagne une réalité industrielle qu’il est nécessaire d’appréhender sur un plan géopolitique en raison d’une véritable bascule effective depuis 2015 et qui a déjà commencé à produire des effets singuliers sur l’industrie du Vieux Continent.

Crédit illustration : Pexels.com

La lutte pour le marché de l’électromobilité est un déterminant du pivotement géopolitique qui a cours, penchant de plus en plus nettement vers le continent asiatique… Y. Harrel expose que l’électrification des mobilités, en dépit de réelles qualités, entraîne la disparition de tout un savoir-faire industriel européen tant par l’exclusion d’autres solutions technologiques que par l’absence d’approche systémique de cette transition imposée par les pouvoirs publics nationaux et européens.

Lire l’analyse complète sur Diploweb.com.

 

Cyberstratégie Est-Ouest

 

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Stratégie & Confinement : l’ère du blocus informationnel

2020 : nous voilà soudain tous enfermés ! En termes stratégiques (« nous sommes en guerre » n’est-ce pas) comme doit-on évaluer notre confinement ? Est-ce un comportement défensif, ou au contraire, une tactique menant à la victoire ? Et d’ailleurs serions-nous autoconfinés si nos chefs – en stratège de la nation – n’avaient pas imposé cette décision ?

Ces questions, qui renvoient aux grandes peurs du passé, il paraissait encore inimaginable de se les poser au 21ème siècle, pour un occidental du moins, dans un monde en paix. Pourtant, les sièges, les blocus, les containement et embargos ne sont pas des reliquats de l’Histoire et bien des peuples en font encore l’amère expérience aujourd’hui.

Difficile d’illustrer cet article, alors voici une citation de Star Wars Episode 1. Un “meme” très repris cette année lors des interruptions de visio !

Le pivot Pacifique des Etat-Unis face à l’expansion chinoise nous rappelle bien sûr le containment de l’URSS mais aussi les alliances britanniques sur le continent jusqu’en 1815, des murs renforcés à grand renfort de technologies numériques sont rebâtis aux frontières depuis une décennie sur tous les continents, et certains aimeraient même voir l’Europe « forteresse » rejouer les invasions barbares en Méditerranée (ajoutons-y le Royaume-Uni dans la Manche) face aux flux migratoires. Quant aux zones de guerre, les sièges et blocus y semblent plus durs que jamais, et les ghettos et camps d’internement n’ont pas disparu.

Non décidemment, la planète n’a pas attendu la pandémie pour conserver, intensifier, et moderniser des stratégies de confinement vielles de plusieurs millénaires.

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Anatoli Kitov : pionnier de la cybernétique soviétique [Partie 3]

Troisième et dernière partie de l’entretien mené avec Vladimir Kitov sur son père, pionnier de la cybernétique.

Dans cette partie vous pourrez découvrir que rien n’arrête un génie, même entravé politiquement, et qu’il s’est lancé à corps perdu dans l’informatisation de la médecine avec des succès notables, au point de participer à un programme mondial sous l’égide de l’UNESCO lequel perdure de nos jours.

À l’heure où la découverte d’un vaccin russe contre la pandémie du SARS-CoV-2 suscite l’admiration ou l’interrogation de nombreux gouvernements dans le monde, il est appréciable de rappeler l’apport d’un Anatoli Kitov au secteur médical de son pays.

En vous en souhaitant une bonne lecture,

Yannick Harrel

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Contact-tracing face au covid-19 : pas d’autres choix que l’audace (G-P Goldstein)

Nos amis de La Vigie (www.lettrevigie.com) ont déjà publié des textes de Guy-Philippe Goldstein sur le COVID 19 (ici et ici). Il revient  sur le sujet (ici) , en évoquant la question du traçage électronique, qui fait débat actuellement. Merci à LV de nous autoriser à reproduire ce texte intéressant et suscitant le débat. ER

Il y a cinq semaines déjà, le 11 mars dernier, nous publions déjà dans ces lignes les points clés d’une réponse inspirés des bons résultats alors déjà observables en Corée du Sud et à Taïwan, en compléments des gestes barrières et des premiers éléments de distanciation sociale déjà appliqués en France. Cette réponse mettait en avant (1) les tests ; mais au-delà, (2) le volet numérique, offrant une gamme large de solutions tant dans le repérage que dans le télétravail, qui n’existaient pas encore dans les plans épidémiques datant de plus d’une dizaine d’années ; et enfin (3) un tempo rapide, et donc audacieux, afin de prendre de vitesse une épidémie foudroyante.  Prise à la gorge parce que trop lente à réagir, la France a finalement appliquée des mesures sévères de confinement six jours plus tard, bien plus strictes et limitant les libertés individuelles que ce qui existe en Corée du Sud. L’objectif était de se donner du temps, justement. Et pour finalement mettre en place « une approche proche de la Corée du Sud », comme l’a dit Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique[i].

Source

Or, d’après le gouvernement de Corée du Sud lui-même, une part importante de la réponse tient dans le volet numérique[ii], appliquée justement de manière rapide et audacieuse. Et pourtant, le volet numérique a été traité quasiment « à la sauvette », tant dans la déclaration du Président du lundi 13/4 que surtout dans l’intervention du Premier Ministre du 19/4, pourtant relativement détaillée et exhaustive. On sent bien qu’un cadre politique rigide est en train d’être défini tant par le sommet de l’exécutif que par les partis d’opposition, l’ensemble concourant au même groupthink idéologique incapable de se questionner alors qu’une crise sans précédent frappe l’Europe, et qui était déjà à l’origine du fiasco du premier tour des municipales. A cause de ce cadre, le volet numérique risque d’échouer en France  malgré tous les talents et bonnes volontés réelles qui s’y sont investis. Il faut donc comprendre (1) Pourquoi le numérique est l’un des piliers de la gestion de l’épidémie ; (2) pourquoi nombre de peurs et de réticences sont inappropriées ; (3) Comment avancer à la fois dans le respect de nos valeurs et dans le pragmatisme qu’impose l’extraordinaire situation sanitaire et économique actuelle.

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Innovation et innovateur

L’affolement médiatique et politique autour du Professeur Raoult peut être vu comme révélateur de nombre d’éléments : narcissisme de l’intéressé, résistance de la caste des mandarins qui se voit menacée par un hurluberlu, faillite de l’État, engouement pour un “gourou” ayant trouvé un remède miracle, volonté de mettre de côté la méthode scientifique, résistance des lobbies (ah, toujours critiquer les lobbies, surtout quand on ne précise pas lesquels !), espoir en un homme ou un remède miracles d’autant plus démesurés que la surprise a pris (tout le monde, forcément) de court, etc.

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Sujets sûrement passionnants que nous n’évoquerons cependant pas dans les lignes de ce billet. En effet, “l’affaire Raoult” reflète également ce que vivent les innovateurs, ce qui nous amène à nous focaliser sur l’innovation et ses caractéristiques. Sans toutefois coller au cas d’espèce actuel, car le but de ce billet n’est pas de prendre parti pour ou contre le professeur et ce qu’il propose, nous tenterons de dresser quelques caractéristiques communes aux innovateurs. Ce faisant nous aborderons les deux côtés de l’humanité, des ombres et des lumières.

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Les nourritures terrestres de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle est on ne peut plus à la mode. Il faut en parler, car elle est censée façonner le monde à venir. De ce fait, elle est soit encensée (l’IA nous libérera ! de quoi, cela reste à définir) soit elle est dénigrée car elle fit peur, elle effraye. Et dans la catégorie anxiogène, on convoque bien évidemment le grand méchant Vlad qui aurait dit “Celui qui deviendra leader en ce domaine sera le maître du monde.”

Alors, comme il ne faut pas laisser les cosaques dominer le monde, une course à l’IA a été lancée.

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C’est un truisme maintenant que de dire que l’IA repose sur de l’apprentissage. Mais l’apprentissage nécessite des données en (très) grande quantité. Donc plus la quantité de données est importante, meilleur l’apprentissage pourra être. Mais on n’en est pas sûr. Par contre, on est sûr que si la quantité de données est faible, la qualité de l’apprentissage sera médiocre. Tout développement de l’IA a donc comme préalable la constitution d’un stock de données très important.

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5 ans d’EchoRadar – Une expansion chinoise ou une obsession américaine nommée Huawei

Depuis quelques années, la firme chinoise Huawei est une véritable obsession pour les Etats-Unis. À l’ère où la maîtrise des réseaux informatiques constitue un atout-maître des grandes puissances, l’expansion internationale des plateformes numériques made in China révèle et accélère le déclin relatif de l’Amérique sur la scène technologique.

 


America Online

Au-delà des terres américaines, les analystes de la chose technologique ignorent ou omettent à quel point “le cyberespace, plus que tout autre espace de la mondialisation, est conçu par les Américains comme un prolongement de leur territoire national. Pour les Américains, l’imaginaire d’Internet est très proche de celui d’un nouveau Far-West […] Un lieu à découvrir, à explorer, à conquérir mais aussi à créer à sa convenance.” (1)

Quelques évidences démontrent amplement comment le Web a été façonné par la main de l’Amérique depuis les années 1990. Continuer la lecture

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