Espaces inexplorés, territoires à explorer ?

Sans doute la question ainsi posée interpelle : un milieu inexploré doit-il impérativement être exploré ? Et, par la magie de la sémantique, comment un espace devient-il un territoire ? Au-delà de cette double interrogation géographique, spatiale et philosophique, l’idée de cet article est de parcourir trois espaces méconnus qui environnent l’espèce humaine et en façonnent sa destinée : les fonds océaniques, l’espace et le cyberespace.

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Avec pour particularité pour ce dernier d’être entièrement artificiel, fruit de l’imagination de notre espèce, devenu un domaine hybride (virtuel et réel) au fil des évolutions techniques et technologiques successives. Continue Reading

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Frontières économiques et territoires

La conquête de nouveaux territoires a longtemps été le moteur des peuples avant de se stabiliser en grande partie à partir des années 1990.

Désormais les conflictualités économiques ont pris le pas sur les prétentions territoriales, qui bien que toujours existantes utilisent moins fréquemment les forces armées.

La présidence Trump et sa doctrine protectionniste agressive illustre parfaitement cette guerre commerciale qui fait rage. Tournant historique ou simple recommencement d’un cycle existant? Voici quelques éléments de réflexion à ce sujet dans le cadre du dossier estival d’EchoRadar dédié aux territoires.

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Définitions et historique

Avant de développer le sujet des frontières économiques, il est important de rappeler qu’en droit international, la notion d’État est définie à partir de trois éléments constitutifs :

une population ;
un gouvernement ;
– un territoire.
Le territoire est l’espace à l’intérieur duquel l’État souverain exerce ses compétences. Il est constitué :
– du territoire terrestre qui comprend le sol, le sous-sol et les voies d’eau intérieures ;
– du territoire maritime constitué des eaux intérieures, mers territoriales jusqu’à 12 milles marins, la zone contiguë, la Zone d’économie exclusive (ZEE) et le plateau continental ;
– du territoire aérien situé au-dessus des territoires terrestre et maritime.

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Territoires et empire

Le dossier estival d’Echoradar a pour thème les territoires (voir présentation du thème). Cela m’a donné de réfléchir à l’empire, sujet qui me taraude depuis quelque temps, comme alternative à l’État-nation. Quels sont les avantages de l’empire ? pourquoi ceux-ci ont-ils disparu ? peuvent-ils ressurgir ? Bref, cette forme politique qui a dominé de multiples zones de l’humanité à travers les siècles a certainement des atouts qu’il s’agit d’analyser, ce qui ne signifie évidemment pas que nous dressions un plaidoyer pour l’empire.

source : l’empire mongol de Gengis Khan.

L’empire a mauvaise presse. Qu’il s’agisse des formes anciennes de domination directe ou de l’impérialisme attribué à l’hégémon américain, chacun y dénonce un pouvoir distant et oppresseur. Or, les historiens distinguent plusieurs formes d’empire et il faut se défier de notre représentation immédiate de ce concept. H. Inglebert propose ainsi cinq types différents d’empire : grands royaumes régionaux, hégémonies régionales, empires commerciaux, empires tribaux des steppes et empires à prétention universelle (1). Constatons que nous pensons plutôt au cinquième type lorsque nous parlons d’empire. H. Inglebert précise qu’un empire doit maîtriser quatre aspects : l’extension spatiale et la maîtrise des communications ; le contrôle politique différencié de différents segments de la population ; la capacité administrative à exploiter la population ; l’autoreprésentation du pouvoir central et son influence culturelle sur les élites centrales et locales. L’empire, c’est d’abord la sujétion de territoires périphériques par un pouvoir central. Ne nous y trompons pas, il y a bien au préalable un rapport de force et de domination. Omettre cette sujétion première, c’est ne rien comprendre à la dynamique politique à l’œuvre depuis quatre siècles qui conduisit à la disparition des empires.

 
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Mondialisation et territoires

Le sujet semble facile voire éculé ; tout ou presque aurait déjà été écrit sur la mondialisation et le phénomène serait maintenant parfaitement compris ; ses évolutions deviendraient anticipables. Le rapport de la mondialisation au territoire a toujours été complexe. Interdépendants et pourtant opposés, les deux n’ont cessé de constituer depuis le milieu du XXe siècle un couple thermodynamique central dans la compréhension de l’économie politique mondiale. Le territoire peut d’ailleurs être considéré suivant plusieurs échelles – c’est même le propre de la géographie économique – ces mêmes échelles se répondant, voire s’opposant. Continue Reading

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La Nouvelle Calédonie, clé de voûte de notre « pivot Pacifique » ?

Alors que les grands enjeux stratégiques de notre monde se déplacent vers l’Extrême Orient, ce sont 1,7 millions de français qui vivent dans cette zone Indo-Pacifique, avec au cœur, la Nouvelle Calédonie et son référendum d’indépendance à venir. Un moment clé à l’heure où à Paris, les décideurs tentent de faire exister la France à l’autre bout du monde. 

Images et illustrations: Armée de l’air, Marine Nationale, ministère des Armées, RAAF.

Il existe un éternel débat en France sur la place à donner aux territoires ultramarins. A la remorque de la métropole pour certains, pas assez autonomes pour d’autres, il n’en demeure pas moins que du point de vue du stratège, le soleil de se couche jamais vraiment sur la « l’archipel France » (un plaisir que de ravir cette formule à l’Angleterre victorienne !).

En réalité, il n’y a pas aujourd’hui un territoire en outre-mer qui ne soit confronté à un enjeu sécuritaire majeur: Orpaillage illégal et accès à l’Espace (centre de tir de Kourou) en Guyane, violence accrue des ouragans et narcotrafic aux Antilles, piraterie et immigration pour Mayotte et La Réunion, course internationale aux ressources du pôle Sud pour les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF)… Les armées françaises, notamment la Marine Nationale qui doit couvrir une incroyable ZEE de 10 millions de km², mais également la Gendarmerie, la Police ou les Douanes, mènent donc en tout temps et en tout lieu des missions de préservations des intérêts et de la sécurité de la Nation.

Or, après avoir longtemps demeuré en Europe, et dans l’Atlantique Nord, le centre du gravité des affaires mondiales s’est désormais déplacé dans la zone Asie/Pacifique. C’est un constat unanime, découlant du formidable réveil chinois, et qui avait amené Barack Obama à massivement réorganiser le déploiement des forces américaines vers la zone Pacifique dès son premier mandat.

Si les crises ukrainienne et syrienne, marquant le retour en force de la Russie, mais aussi du terrorisme islamiste sur le sol européen, ont amorcé une pause dans ce fameux mouvement de pivot américain en montrant qu’on ne pourrait si aisément se détourner des historiques enjeux européens, africains, ou du Levant, les planificateurs occidentaux portent de nouveau, déjà, leur regard sur le Pacifique.

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Dossier estival 2018 – Territoires

Quels liens existent-ils entre la liquidation du régime libyen, le début de la guerre civile syrienne en 2011, le oui britannique au Brexit en juin 2016 et l’élection de Trump en novembre de la même année ? En apparence, aucun. Pourtant, des vagues massives de migrations que connait l’Europe depuis 2014 à la tectonique des plaques commerciales que Donald Trump cherche à dynamiter, les frontières sont de retour.

(Source)

Mais peut-être n’avaient-elles en réalité jamais disparues, soumises aux rudes chocs économiques, démographiques et technologiques que la planète connaît depuis l’effondrement de l’empire soviétique et l’apparente détente qui s’ensuivit ?

Si tout le monde s’intéresse aux frontières, bien peu regardent ce qu’elles enveloppent, ce qu’elles séparent. Il s’agit de « territoires ». Or, d’après le dictionnaire, un « territoire » n’est pas simplement un « espace », une sorte d’endroit, neutre et non qualifié. Non, un territoire est un espace habité. Il est donc l’association entre un espace et une population et bien sûr, entre les représentations de cette population, qu’il s’agisse de ses mythes constitutifs mais aussi de la façon dont elle se distingue des autres. Nous voici revenir aux frontières, mais celles-ci ne sont plus des objets en soi, mais des objets relatifs à des territoires. Décentrer un peu l’analyse, voici l’ADN d’Echo Radar !

Le dossier estival 2018 qu’Echoradar vous propose cherche à en questionner plusieurs dimensions.

Celle de la mondialisation et des territoires par Nicolas Mazzucchi, du retour possibles des empires comme le pense Olivier Kempf, des frontières économiques par 3CSecuSystJu et de l’intelligence économique territoriale, par Informatiques orphelines, qui attend toujours sa réforme majeure en France. Nous partirons ensuite avec Thomas Schumacher en Nouvelle-Calédonie, à quelques mois d’un référendum peut-être plus inattendu que prévu pour revenir avec Thierry Berthier du côté de Limoges où Elon Musk a décidé de faire tester une partie de son projet fou d’Hyperloop. Yannick Harrel interrogera de manière cruciale le lien entre territoires / identités et transports notamment lorsque ces derniers sont inexistants voire se délitent et cèdent la place à des forces centrifuges. Enfin, Eric Hazane partira à l’exploration des territoires (quasi) inexplorés constitués par les fonds océaniques, l’espace et le cyberespace.

Bonne lecture estivale !

Echoradar

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Un russe nommé Poutine d’Héléna Perroud

Le 17 avril 2018, le Président français Emmanuel Macron s’exprimait devant le Parlement Européen et mettait en garde l’hémicycle devant le défi autoritaire que posaient Erdogan et Poutine à l’Europe. Ce discours faisait notamment suite à une série de frappes aériennes en Syrie pour punir le régime de Bachar El Assad d’une supposée attaque chimique dans le quartier de La Ghouta tenu par les djihadistes.

 

Cette allocution démontrait que Poutine reste un repoussoir pour les représentants des démocraties occidentales, d’autant que sa réelection le 18 mars 2018 a laissé entrevoir une prolongation de son action politique pour six ans supplémentaires.

C’est à point nommé qu’arrive la publication d’Héléna Perroud, Un russe nommé Poutine, celle-ci souhaitant initialement répondre à ses interlocuteurs : « Qui est Poutine ? Est-ce que les russes l’apprécient réellement ? ». Cette collaboratrice de Jacques Chirac alors Président de la République et ancienne directrice de l’Institut Français de Saint-Pétersbourg s’emploie à travers 320 pages à répondre à ces questions gigognes.

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Le cyberespace dans le discours de Vladimir Poutine à l’Assemblée Fédérale du 1er mars 2018

Vladimir Poutine fascine autant qu’il irrite en Occident. Plus encore depuis les évènements survenus en Ukraine en 2014 suivis du rattachement de la péninsule de Crimée à la Fédération de Russie ainsi que par son rôle d’acteur incontournable dans la crise en Syrie.

 

C’est dans un contexte très tendu dans ses relations avec ses homologues occidentaux que le président russe en pleine campagne de réélection s’est adressé aux représentants des deux chambres ainsi qu’aux membres du gouvernement Medvedev. Ce discours, principalement axé vers les problématiques internes, fut calibré pour être capté par les oreilles de pays alliés mais plus encore par celles d’États en friction avec la Russie. C’est d’ailleurs là tout l’intérêt de revenir sur cette tribune de pratiquement deux heures : comprendre, plus qu’apprendre, ce que le Kremlin envisage pour l’avenir du pays sitôt le processus électoral achevé.

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