Doctrine spatiale : priorité nationale, enjeu européen

Ce 14 Juillet 2019, l’Espace devrait occuper une place prépondérante en parallèle des traditionnelles cérémonies militaires. Emmanuel Macron doit s’exprimer sur le sujet et présenter la “doctrine spatiale” nationale. Car en effet, le contexte international fait plus que jamais de l’espace stratégique souverain, une priorité nationale. Et plus encore, un enjeu européen.

Ci-dessus: décollage d’Ariane 5 à Kourou, en juin 2019, pour la mission VA-248. D’ici un an, Ariane 6 effectuera son premier lancement – CNES

Le Président de la République Emmanuel Macron doit axer une partie de son discours aux Armées le 13 juillet sur la stratégie spatiale du pays. Un discours qui présentera les grandes lignes de notre nouvelle “doctrine spatiale”, une doctrine ayant vocation à comprendre un important volet européen.

Toute la difficulté dans la rédaction de ce billet résidera donc pour nous dans le besoin de présenter des enjeux à la fois militaires… et civils, à la fois français… et européens.
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Quelle Europe dans un monde d’empires ?

Le groupe d’études géopolitiques (GEG) est un cercle de réflexion issu de la rue d’Ulm et résolument pro-européen, mâtiné de beaucoup de culture (je n’ose dire qu’il est élitiste). Adossé à un site, le Grand continent, Il envoie chaque fin de semaine une petite lettre qui est souvent intéressante. La dernière (voir ici) m’a toutefois chagriné. Elle publie en effet la lettre d’un intellectuel italien, Alberto Alemanno, professeur titulaire de la chaire Jean Monnet en droit et politiques publiques européennes à HEC Paris, qui réagissait à un discours récent d’un autre intellectuel, américain celui-là, Tymothy Snyder.

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Ce dernier, dans un discours prononcé à Vienne le 9 mai dernier, dénonçait “l’un des malentendus les plus prégnants du débat européen : bien plus qu’une union d’États-nations épuisés par des siècles d’affrontement intestins, l’Europe est née de l’effondrement des empires européens. Loin d’avoir précédé l’Europe, l’État-nation est une construction européenne“. A. Alemanno réagissait à ce discours dans un long texte publié par GEG.

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Politiques invisibles et finalités opaques de l’Union Européenne

 

Fondateur  de la Communauté Européenne, le traité de Rome (1957) établit le principe d’une « union toujours plus étroite » entre ses membres, sans que ni sa forme d’organisation, ni ses limites géographiques, ni son état d’achèvement présumé optimal, ne soient jamais dévoilés en plus de 60 ans d’existence. Corollairement, au long du processus de fédéralisation de l’Europe par six traités successifs de 1957 à 2012, le démantèlement des souverainetés nationales n’est jamais formulé explicitement en tant que son axe directeur. Pour atténuer le risque politique  de sa prise de conscience par les peuples, le président français de la Commission Européenne de l’époque avait inventé l’oxymore d’une « fédération d’Etats  nations » lors de la phase de lancement du traité de Maastricht (1992), actant de facto l’expulsion du principe de souveraineté du champ du droit. Dépourvu de tout fondement juridique, cet oxymore visait à accréditer la fiction d’un mariage politique entre deux principes antinomiques par essence, avant que ne s’en dissipe l’imposture.

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Le piège américain

Il est beaucoup question du Piège américain dans lequel Frédéric Pierucci raconte son incarcération aux USA, durant laquelle il estime avoir servi à la fois de bouc émissaire du ComEx d’Alstom et de moyen de pression utilisé par la justice américaine pour finaliser le rachat d’Alstom par General Electric.

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Le récent veto de la commission européenne à la fusion d’Alstom et Siemens redonne de l’intérêt à ce livre, car il permet de mieux comprendre le chemin tortueux qui a conduit à cette décision pour le moins étonnante.

Quant aux tout aussi récents commentaires de Michel Sapin sur la responsabilités des entreprises européennes dans leurs déboires avec la justice américaine, le récit de Frédéric Pierucci leur donne une saveur particulière.

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Dossier Noël 2018 : Environnement et stratégie

En fin d’année, l’environnement est toujours à la mode. Les conférences des Etats qui sont signataires de la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) – aussi connues sous leur abréviation de COP – se succèdent chaque décembre avec le constat sans cesse renouvelé de l’urgence à agir pour la planète. Alors que la COP21 avait fixé un objectif de limitation de la hausse des températures à la surface de la planète de 1,5°C d’ici la fin du siècle, les trajectoires actuelles, selon le GIEC, nous amènent plus vers des hausses comprises entre 3 et 5°C que vers les 1,5°C espérés ou les 2°C raisonnablement souhaités.

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F-35 & Big Data : épée de Damoclès pour la France et l’Europe ?

Le couperet est tombé. Malgré les offres généreuses, industriellement parlant, des britanniques et des français (hors appel d’offres pour ces derniers), la Belgique a choisi comme nouvel avion de combat le JSF F-35 de Lockheed Martin. Bruxelles ferme ainsi la porte au FCAS européen, livrant un peu plus le continent au très « vorace » programme américain.

Illustrations – Lockheed Martin

 

Gouffre financier, impasse technologique, concept stratégique erroné… le programme « Joint Strike Fighter » essuie les plâtres. Il représente pourtant une certaine idée du futur du combat aérien. Si le développement et le déploiement désormais bien engagé du F-35 rencontreront encore de nombreuses difficultés, il s’agit pour nous, observateurs français, de ne pas adopter systématiquement la posture de « F-35 bashing », mais plutôt d’envisager la 5ème génération d’avions de combat avec les enjeux qu’elle crée, et en premier lieu ses incroyables capacités de fusion de données.

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Lorsque le GRU fait l’Europe buissonnière

L’affaire avait défrayé la chronique en ce début du mois d’octobre 2018 : plusieurs agents du GRU (le service de renseignement militaire) auraient tenté en avril 2018 de pirater les communications de l’OIAC (Organisation d’Interdiction des Armes Chimiques) sise à La Haye. Capturés par le contre-espionnage néerlandais, ils ont été expulsés du pays non sans en médiatiser leur sortie, y compris avec photographies à l’appui. Un procédé extrêmement rare dans l’univers feutré du renseignement.

Cette occurrence n’en est pas moins le nouvel avatar d’une liste de griefs à l’encontre d’une agence bien moins réputée que ses homologues russes du secteur civil que sont le SVR et le FSB mais non dépourvue de moyens réels pour fomenter des opérations matérielles ou immatérielles à l’étranger.

Son nom a ressurgi avec insistance lors de l’affaire Sergueï Skripal, ancien agent dudit service passé au service d’une puissance étrangère, emprisonné dans des geôles russes, échangé contre des espions russes puis ultérieurement victime d’un agent neurotoxique en mars 2018 (le novitchok). Occasionnant par là même une crise diplomatique sérieuse entre le Royaume Uni et la Russie.

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Du fort au fou

La réunion de l’Assemblée générale des Nations-Unies de fin septembre 2018 restera probablement dans les annales de la diplomatie multilatérale. Point besoin de s’étendre ici sur le fond de ce qui a été dit, les commentaires acerbes pleuvent déjà depuis hier. Plus intéressantes sont les implications de ce jeu – plus réellement – diplomatique. La posture du Président des Etats-Unis semble ainsi de plus en plus dictée par ses humeurs – non pas que ce soit une découverte – et ses volontés. De fait, la diplomatie américaine, du moins celle incarnée par son chef et ses subordonnés immédiats, apparaît de moins en moins pondérée et, surtout, de moins en moins rationnelle. La part de l’affect qui semble guider D. Trump dans ses choix et ses discours pose toutefois un certain nombre de problématiques en termes de relations bi et multilatérales.

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