Achat du Groenland par les États-Unis : une continuité géohistorique

Deux semaines avant son déplacement au Danemark en septembre 2019, le président Donald Trump émit l’idée de l’achat de la deuxième plus grande île du monde, le Groenland. Émoi dans le landerneau diplomatique qui n’avait pas été averti de l’intention de l’hôte de la Maison Blanche quant à un tel négoce et qui se heurta à un refus sec du premier ministre danois Mette Frederiksen.

Pour scandaleux que celui puisse paraître, il n’en apparaît pas moins que le propos – du point de vue américain – se justifie amplement par une histoire fondée sur l’appropriation puis l’aménagement du territoire au travers de la conquête militaire… et des cessions. Certaines d’entre elles le furent au travers d’une transaction commerciale : territoire contre versement numéraire [1] : la Lousiane en 1803 (entendue au sens très large puisqu’elle débordait sur treize états actuels tout de même) ; l’extension de l’Arizona et du Nouveau Mexique en 1853 (prévu initialement pour favoriser le chemin de fer transcontinental) ; l’Alaska en 1867 (opérée par le Tsar pour des raisons de difficultés logistiques en cas d’agression par les États-Unis ou le Royaume-Uni) ; Porto Rico en 1898 (suite à la guerre victorieuse contre l’Espagne mais la cession s’est opérée malgré tout avec une compensation financière) et enfin les Îles Vierges en 1917. Ce dernier exemple doit être souligné au regard de la présente proposition puisque ces territoires maritimes appartenaient justement au… Danemark (oui, il y eut une colonisation scandinave et balte en zone Amérique du Nord et Caraïbes mais ceci est une autre histoire).

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Rallye des 1000 pistes : la compétition au son du clairon

Un rallye de type africain en pleine Provence? Un rallye sur un champ de manoeuvres militaires ? Le propos pourrait être incongru s’il n’avait été réalisé entre 1976 et 1986 dans un contexte, il est vrai, assez singulier de méfiance entre forces armées et population civile. Il faut rappeler que dans les années 1970 la création ou l’extension de camps était très mal accepté par les expropriés, bénéficiant le cas échéant d’un soutien médiatique, politique et physique comme ce fut le cas avec la lutte du Larzac. De fait, les autorités militaires prirent conscience que les rapports avec la population devaient évoluer, ce qui imposait de promouvoir une nouvelle image des armées précisément.

 

L’occasion fut saisie avec l’enthousiasme de l’ASA Team Dragon (une structure associative de sport automobile) et la volonté du commandant du camp de Canjuers, le colonel Sirvent, d’offrir plus qu’un terrain d’entente : un terrain de compétition. 110 kilomètres de route asphaltée, 400 de piste en terre, un sol calcaire aride, des passages à gué et une activité d’artillerie soutenue toute l’année : tel était le camp Canjuers, alors plus grande enceinte militaire en Europe. L’accord fut scellé de la façon suivante : l’armée mettait à disposition l’ensemble des installations (restauration, hébergement, service médical) pour les concurrents, leur équipe technique ainsi que pour la presse présente. De même que des moyens logistiques conséquents (véhicules tout-terrain, camions de dépannage et hélicoptères). L’association prenait pour sa part à sa charge les frais de carburant et l’organisation générale sur le parcours. L’improbable fut ainsi réalisé onze éditions durant : un rallye dans un camp militaire français!

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5 ans d’Echoradar – Dieselgate : la flaque de mazout qui fit déraper constructeurs et politiques

Septembre 2015 : en notifiant au groupe allemand Volkswagen un défaut de respect de la législation sur la pollution atmosphérique, l’United States Environmental Protection Agency (l’agence américaine de protection environnementale) plongea tout le secteur automobile dans un profond désarroi perdurant encore. Outre les amendes records, les démissions forcées et les procès à répétition, cette affaire précipita le marché automobile vers une électrification à outrance qui changera notre perception et approche des mobilités.

L’affaire du Dieselgate prend sa source en mai 2014. Elle est la résultante d’une découverte sous forme d’interrogation par l’équipe de chercheurs de l’université de Virginie Occidentale, mandatée par l’International Council on Clean Transportation de l’université : pourquoi les données constructeurs de véhicules du groupe Volkswagen ne concordent-elles pas avec les résultats obtenus par les tests opérés ?

Tout part en réalité de l’impossibilité par les ingénieurs de Volkswagen de développer un moteur deux litres diesel compatible avec les normes anti-pollution américaine (le EA 189 dans sa terminologie industrielle) : la recherche et développement prenant bien plus de temps que prévu pour concilier élimination des NOx (oxydes d’azote) et basse consommation, tandis que l’échéance de commercialisation ne pouvait plus être repoussée. Pour trancher ce dilemme, il fut décidé par le département motorisation du groupe allemand de procéder par un tour de prestidigitation… électronique. Les ingénieurs s’appliquèrent en effet à la modification d’un logiciel d’origine Bosch capable de duper les tests de détection des émissions, en jouant sur la modulation du régime moteur lors des phases de test, ce qui permit de rester en conformité avec lesdites normes. La possibilité de truquer le logiciel était connu depuis 2006 mais – fait aggravant – fit l’objet d’optimisations en 2011 permettant de libérer le plein potentiel du moteur dès l’allumage et de repasser en mode bridé en cas de phase de test.

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Éthique de responsabilité individuelle c/ punition collective

 

L’étude des mobilités a ceci de fascinant qu’elle permet de mettre en exergue les fondements d’une civilisation, tant par les mobilités elles-mêmes que par l’écosystème qu’elle génère et nécessite.

C’est pourtant sur un plan plus philosophique que technique ou logistique qu’est abordé le sujet du jour.

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Echo du Bocal avec Jonathan Marole, responsable du studio de développement Vision Réelle

Faisant suite à la présentation de la simcade Classic Racers à laquelle nous avons consacré une analyse, nous avons contacté Jonathan Marole qui s’est prêté au jeu de l’Echo du Bocal. Qu’il en soit remercié.

Pouvez-vous vous présenter Jonathan, et notamment décrire votre parcours professionnel?

Titulaire d’un Bac STI, je suis principalement autodidacte dans le métier, mû par ma passion pour le monde automobile. Et pour être plus précis, c’est surtout le design automobile qui bénéficie de mon intérêt, à telle enseigne que lors d’un de mes premiers postes chez Office Depot, je dessinais des carrosseries pendant mes pauses au lieu de déjeuner. J’ai aussi acquis une Lancia Delta 2 HF Turbo 2.0l.

Puis j’ai été amené à travailler pour Eden Studios, développant principalement des simulations automobiles. Avec l’émergence de la 3D et son rachat par Infogrames/Atari, j’ai participé à plusieurs projets dont Test Drive Unlimited 1 où je fus en charge de la partie DLC et Test Drive Unlimited 2 où je gérais tous les aspects des véhicules (graphismes, physique, gameplay et son). Ces dernières années, ma société a principalement travaillé pour des titres tels que Gear Club sur iOS, Android et Nintendo Switch.

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Classic Racers : baguette, fromage et pistons

 

C’était un temps où les assistances électroniques n’existaient pas, les filtres épongeant toute sensation entre le pilote et la machine n’avaient pas encore cours, les moteurs rugissaient à pleins cylindres et la foule pouvait palper ses chevaliers des temps modernes. C’étaient les années 1960…

Les odeurs d’huile et de fumée matelassant les narines, le goût du sang tapissant la bouche, le souffle rauque du moteur et les pétarades de pots saturant les tympans, le volant si difficilement maîtrisé par des mains moîtes engoncées dans des gants en cuir : c’est cette époque que vous propose de revivre ludiquement Classic Racers.

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Pour votre…

 

Ce syntagme prépositionnel est matérialisé généralement par des messages informatifs audios ou visuels : que ce soit pour votre sécurité ou pour votre santé, une puissance tutélaire s’applique à vous garantir un avenir meilleur. Du moins telle est l’idée. Et ce avec le concours très zélé de nombreux adeptes prompts à s’employer à faire le bonheur d’autrui, y compris contre leur propre gré.

La liste ne demande qu’à être complétée. À quand le pour votre solvabilité, pour votre sobriété, pour votre parentalité et peut-être même pour votre sainteté voire votre éternité?

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Pourquoi la ruée vers le véhicule électrique doit-elle être tempérée?

L’avènement du retour en grâce des véhicules électriques est un fait marquant des années 2010, un chapitre spécifique y fut par consequent consacré dans mon ouvrage sur les Automobiles 3.0, intitulé Volta au secours du monde automobile mais pas l’inverse. Le propos premier fut de dresser un panorama de la situation en 2016 concomitamment au scandale du Dieselgate dont la particularité fut d’accélérer l’entrain pour le véhicule électrique.

Deux ans plus tard, l’élan ne faiblit pas, tendant même à gagner en ampleur alors que l’édition 2017 du salon de l’automobile de Francfort (alternant avec celui de Paris) fut consacrée à l’électromobilité et que le constructeur suédois Volvo declara quelques semaines auparavant être prêt à délaisser toute motorisation thermique pour ses modèles à l’horizon 2019 tandis que la majorité des autres constructeurs prévoient l’électrification de leur gamme dans les années 2020 comme Porsche avec le lancement de la future berline Taycan.

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