L’hôpital qui se fout de l’informatique

Rappelle-toi Barbara, il pleuvait sur Rouen ce jour-là… Le 15 novembre 2019, le CHU de Rouen était la cible d’une attaque par rançongiciel.  La presse de l’époque racontait : “19 h 45, vendredi 15 novembre. Un « cryptovirus », de type rançongiciel selon les informations du Monde, est repéré par les services informatiques de ce CHU réparti sur cinq sites, comptant plus de 10 000 salariés et près de 2 500 lits. Afin d’éviter que le virus ne se propage, l’arrêt de tous les ordinateurs est rapidement décidé. L’hôpital passe alors en mode dit dégradé. Il l’était encore lundi dans la journée.”

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Ce n’était pas une première, puisque le 15 mai 2017, l’hôpital d’Issoire faisait l’objet d’une attaque par rançongiciel : « Au premier constat, on a eu vraiment peur. Mais on a rapidement identifié les origines de ce virus arrivé par mail. L’impact est minime. On a perdu très peu de données », affirme Franck Barbeau, responsable informatique à l’hôpital Paul-Ardier. N’oublions pas qu’en 2017, le rançongiciel WannaCry avait semé le chaos dans tout le système britannique de santé, contraignant de multiples établissements à refuser des patients. Sûrement la faute au Brexit, et n’oublions pas que nous avons en France un système de santé que le monde nous envie…

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Stratégie & confinement : les organisations confinées

L’épidémie de coronavirus a eu d’importantes répercussions sur notre monde. La production, les relations interpersonnelles, la confiance dans les gouvernements et la science ont été impactées. Elle aurait même, dit-on, tout modifié. Le management serait, d’ailleurs, entré dans une nouvelle ère

Est-ce bien sûr ?

N’y aurait-il pas, comme dans Astérix, un irréductible village gaulois qui continuerait, bien retranché, à mener la vie d’avant ?

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Telle est la question que nous pouvons nous poser à propos des organisations, qui semblent particulièrement bien résister à cette pandémie. Ou plutôt, la façon dont les représentants des organisations (partis politiques, administrations, entreprises, etc.) traversent la crise est impressionnante : ne varietur. Elle leur glisse dessus comme l’eau sur les plumes d’un canard…

Les Asiatiques ont testé, isolé, tracé et porté le masque très tôt ? C’était un particularisme asiatique nous fut-il suggéré. L’absence de réactivité de l’OMS et du système de santé français ont été critiqués ? Cette immutabilité prouvait en fait leur résilience.

Résilience, vraiment ? Regardons-y de plus près.

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Où l’on reparle de formation à la cybersécurité

Placer l’humain au cœur de la cybersécurité est une expression à la mode depuis quelque temps. Elle peut être vue comme un sacrifice aux idoles du temps présent (après tout, même Staline estimait qu’il fallait placer l’homme au cœur du communisme et G. Marchais évoquait un communisme à visage humain) ou comme un véritable centre d’intérêt des organisations.

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Dans ce dernier cas, cela signifie que l’organisation a centré sa cybersécurité sur l’humain, mais pas seulement pour estimer que PEBKAC ou le punir lorsque les choses se passent mal.

Ce (re)centrage de la cybersécurité sur l’humain permet alors de remédier à l’échec de la sensibilisation à la cybersécurité, pour peu que les quelques éléments suivants soient pris en compte.

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L’échec de l’apprentissage de la gestion de crise

L’an dernier (déjà), j’avais publié un article relatif à l’échec de la formation à la cybersécurité. L’actualité épidémique pousse à se demander ce qu’il en est de l’apprentissage de la gestion de crise. En effet, quasiment tous les pays du monde sont confrontés au coronavirus, et l’ampleur de l’épidémie les prend quasiment tous au dépourvu. La situation est inédite pour l’époque mais pas pour l’humanité. Quant à la crise, cela fait des années qu’en ouvrant bien les yeux nous pouvions nous rendre compte qu’il y en avait presque tout le temps dans une partie ou l’autre du monde, et qu’il était bien surprenant qu’aucune ne nous ait encore atteint.

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En outre, depuis l’ouragan Katrina en Louisiane (2005), les dirigeants des pays devraient savoir qu’ils sont attendus sur leur attitude et les décisions qu’ils prennent durant ces calamités : George Bush fut ainsi voué aux gémonies pour n’avoir pas réagi correctement à la crise. La surprise devrait alors être faible, d’autant que les formations à la gestion de crise n’ont jamais été aussi abondantes que ces années. En voici une, une autre, encore une autre, encore une, même une liste de formations, et l’Etat via l’INHESJ propose même un management stratégique de la crise.

Bref, il y a le choix. Alors comment se fait-il que tant de voix s’élèvent pour critiquer la façon dont l’épidémie est gérée ?

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Le (télé) travail c’est (pendant les crises de) la santé

En son temps, Henri Salvador chantait que le travail c’était la santé. Depuis, nous avons été incités, pendant les crises sanitaires, à découvrir les joies vertus et bonheurs du télétravail. A entendre les conseils prodigués au tout début du confinement, cela semblait tout simple. Les professeurs étaient d’ailleurs incités le soir de l’annonce de l’imminence du confinement à préparer dare dare leurs cours pour qu’ils soient télé compatibles.

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C’est dire comme c’était facile, car comme tous les managers sont bons excellents, ils ne peuvent mettre leurs subordonnés dans une situation délicate. Il suffisait d’un ordinateur, d’une connexion internet, d’un peu de bonne volonté et…hop ! Le tour était joué.

Dans les faits, était-il si bien joué que cela ? Au-delà des questions légales que le télétravail peut soulever, nous allons passer en revue quelques ingrédients pour que le télé travail fonctionne correctement.

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Innovation et innovateur

L’affolement médiatique et politique autour du Professeur Raoult peut être vu comme révélateur de nombre d’éléments : narcissisme de l’intéressé, résistance de la caste des mandarins qui se voit menacée par un hurluberlu, faillite de l’État, engouement pour un “gourou” ayant trouvé un remède miracle, volonté de mettre de côté la méthode scientifique, résistance des lobbies (ah, toujours critiquer les lobbies, surtout quand on ne précise pas lesquels !), espoir en un homme ou un remède miracles d’autant plus démesurés que la surprise a pris (tout le monde, forcément) de court, etc.

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Sujets sûrement passionnants que nous n’évoquerons cependant pas dans les lignes de ce billet. En effet, “l’affaire Raoult” reflète également ce que vivent les innovateurs, ce qui nous amène à nous focaliser sur l’innovation et ses caractéristiques. Sans toutefois coller au cas d’espèce actuel, car le but de ce billet n’est pas de prendre parti pour ou contre le professeur et ce qu’il propose, nous tenterons de dresser quelques caractéristiques communes aux innovateurs. Ce faisant nous aborderons les deux côtés de l’humanité, des ombres et des lumières.

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Cyber corona

Bien que n’ayant pas encore achevé la rédaction de ma thèse (mais cela approche, heureusement !) l’actualité me pousse à rédiger un billet tant qu’il en est temps : espérons que le corona ne s’appesantira pas, et que la vie reprendra son cours paisible.

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Ayant été frappé par les similarités entre le monde réel et le monde cyber à l’occasion de cette épidémie, je vous propose d’en faire un petit tour, non exhaustif.

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Les nourritures terrestres de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle est on ne peut plus à la mode. Il faut en parler, car elle est censée façonner le monde à venir. De ce fait, elle est soit encensée (l’IA nous libérera ! de quoi, cela reste à définir) soit elle est dénigrée car elle fit peur, elle effraye. Et dans la catégorie anxiogène, on convoque bien évidemment le grand méchant Vlad qui aurait dit “Celui qui deviendra leader en ce domaine sera le maître du monde.”

Alors, comme il ne faut pas laisser les cosaques dominer le monde, une course à l’IA a été lancée.

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C’est un truisme maintenant que de dire que l’IA repose sur de l’apprentissage. Mais l’apprentissage nécessite des données en (très) grande quantité. Donc plus la quantité de données est importante, meilleur l’apprentissage pourra être. Mais on n’en est pas sûr. Par contre, on est sûr que si la quantité de données est faible, la qualité de l’apprentissage sera médiocre. Tout développement de l’IA a donc comme préalable la constitution d’un stock de données très important.

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