Après le coup de pied dans l’AUKUS, quelles déclinaisons de la stratégie française ?

Amis lecteurs, vous ne rêvez pas, EchoRadar est de retour après une période d’indisponibilité estivale ! Qui a certes débuté au printemps et se termine à l’orée de l’hiver, mais que vaut cet intervalle de temps par rapport au plaisir de partager nos réflexions sur des sujets stratégiques traités à la façon d’EchoRadar !

Pour cette reprise, nous vous proposons un dossier hivernal nouvelle formule ! Nouvelle formule, qu’est-ce à dire ? C’est à dire que, dans un premier temps, ce sera un dossier hivernal ressemblant aux précédents. Le sujet est le titre même du billet : Après le coup de pied dans l’AUKUS, quelles déclinaisons de la stratégie française ? Mais après… Patience !

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Le contrat entre Naval Group et le gouvernement des kangourous semblait en béton armé, voire insubmersible. Et pourtant, patatras ! Les Australiens nous ont sorti un joker de leur poche (kangourou) que personne, semble-t-il, n’a vu venir. Ce revirement de situation change la donne dans une région où les Anglo-Saxons sont bien présents, sans pour autant que la France y soit une intruse. La Nouvelle-Calédonie est encore (pour combien de temps ?) terre française, et n’oublions pas que le Vanuatu était un condominium franco-britannique. Plus à l’est, une partie de la Polynésie est encore française. Expulsée à grands coups de pied dans (de ?) l’AUKUS du Pacifique occidental, que peut faire et que peut maintenant espérer la France ? Quel est l’avenir et la force des alliances nouées lorsque de tels revirements (coups bas) ont lieu ? Les différents alliés ont-ils tous le même poids dans une alliance ? A priori non, si l’on en juge par la durée nécessaire au retour des ambassadeurs dans les différents pays protagonistes de cette “ténébreuse affaire”… Quels ont été le poids et le rôle du renseignement dans cette affaire ? Qui savait quoi ? Qui a intoxiqué qui ? Il est bien entendu que des alliés ne s’espionnent pas (ou presque) mais Pegasus a rappelé qu’entre les belles paroles et la réalité se nichait le principe de réalité. Quel est le rôle des ventes d’armes dans la construction d’alliances qui peuvent être qualifiées d’alternatives par rapport à celles existant depuis longtemps, telle l’OTAN ? La vente de Rafale peut-elle rattraper la vente torpillée (c’est le cas de le dire) des sous-marins ? Et quel avenir maintenant pour l’industrie navale française ? Ah, j’allais oublier : et le rôle de l’Europe (il est vrai qu’on a tendance à souvent l’oublier lorsqu’on parle de stratégie) ?

Pour balayer ce spectre de questions intéressantes, nous proposons à votre lecture des billets qui traiteront de la vision plus orientale de cette affaire et de ses conséquences, des intérêts français dans la zone, du referendum à venir et de ses résultats, et de l’aspect organisationnel d’une alliance. Et aussi…

Car oui, c’est maintenant que ce dossier hivernal prend toute son originalité ! Chers lecteurs, vous appréciez EchoRadar et souhaiteriez y prendre part épisodiquement ? Nous vous offrons alors de publier un billet relatif au thème de ce dossier ! Comment faire ? Tout simplement en envoyant à l’adresse echoradar.blog CHEZ gmail.com votre proposition d’article qui fera l’objet d’une relecture des membres puis publié dans ce dossier. Original, n’est-ce pas ?

Alors, partant ?

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L’armée française et l’Union européenne

PREAMBULE

 

Dans une tribune rédigée pour le quotidien Le FIGARO daté du 17.07.2021, M. Jean-Louis Borloo, ancien ministre, informe l’opinion d’un arrêt rendu par la Cour de Justice de l’Union Européenne le 15.07.2021 relatif aux horaires d’activité de l’Armée française. Ce texte fait suite à une première alerte lancée par l’intéressé sur le sujet dans ce même organe de presse le 29.01.2021. Dans cet arrêt, la CJUE fait sommation à la France de rendre conforme aux règles européennes la durée et l’amplitude des temps de « travail » de son Armée, par leur alignement sur celles régissant les activités des secteurs civils et professionnels (directive 2003/88/CE). Les deux alertes de M.Borloo ont le mérite de porter à la connaissance du public un coup de force juridique des autorités européennes quasi ignoré dans l’ensemble du champ médiatique, et sans réplique officielle du gouvernement français lui-même. Dans ce cadre, M.Borloo réclame pour l’Armée française le droit à un statut spécifique en vertu des exigences particulières liées à l’exercice de son activité.

Son interpellation, étant publique, confère un droit de réponse à son lectorat. La nature du sujet, qui implique la souveraineté de la France, autorise de même le droit d’expression de tout citoyen à l’adresse des autorités gouvernementales.

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Union européenne : le futur dystopique en QR code

Pexels – Cotton Bro

Mardi 29 mars 2021 a été présenté le futur passeport sanitaire de l’Union Européenne par le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton. Un document sous forme papier ou numérique qui devrait permettre à des millions d’européens de retrouver leur vie d’avant, du moins est-ce ainsi que le projet est présenté. Celui-ci contiendra plusieurs données accessibles par QR code, dont votre nom, votre prénom, votre sexe, votre date de naissance, votre numéro de carte sociale, votre état de santé (comprendre si vous avez été porteur du virus par le passé), votre état de vaccination (première ou seconde dose) ainsi que votre type de vaccin.

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Echo du délire : Opération Wok.e en Thaïlande

Puisque les commentaires et critiques pleuvent sur James Bond et que les marques qui figurent dans le prochain (le dernier joué par un clone de spetsnaz soviétique, ouf !) veulent tourner de nouveau les séquences où leurs produits à la mode mais maintenant démodés figurent, il est logique de se demander si James Bond doit refléter l’air du temps.

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Eh bien, oui, et pour cela nous avons demandé à Alphonse Tocsin Céplanté, le scénariste du futur opus de la saga de l’espion qui nous aime, de nous en dire un peu plus. Pour les lecteurs d’Echoradar, Alphonse a bien voulu nous dépitcher les premières minutes du film, à savoir la séquence d’ouverture jusqu’au générique qui donne le ton du reste du film au son de la célèbre musique ta ta ta ta, ta ta ta ta, ta ta, ta ta ta, digueligueligue (bis) ta ta ta ta, ta ta ta ta, ta ta ta, ta ta ta, ta ta ta ta ta…

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Toucher le fond sans en parler

Une lectrice fidèle d’Echoradar nous a soumis ses réflexions relatives à l’épidémie de Covid19. C’est bien volontiers que nous les publions, afin de nourrir le débat, et non le pugilat.

La récente épidémie (toujours en cours et… stay tuned for the second wave) a été l’occasion d’un moment épique comme seul notre pays sait en produire, à l’émerveillement du monde entier.

Déchirements, anathèmes, noms d’oiseaux, excommunications et fulminations fusèrent. Ne manquait que l’exorcisme public avec cérémonie de repentance pour que le tableau soit complet et force l’admiration.

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Au commencement était le pangolin. Encagé, n’ayant pour horizon que l’abattoir familial, il se vengea en expectorant un passager clandestin récupéré sur une chauve-souris. Enfin, telle était la version initiale, car maintenant, quid du pangolin, de la chauve-souris et de leurs amours contre nature ? Nul n’en sait plus rien.

La crise qui s’ensuivit fit plusieurs victimes non humaines sur lesquelles nous nous pencherons : la conduite de la crise, la communication, la considération pour nos concitoyens, l’équité, le débat et la science.

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La guerre anthropologique

Ce concept dual, et les réalités à justifier pour lui donner une consistance objective, n’a pas d’antériorité en tant que corrélation entre la guerre, phénomène défini et analysé, et l’anthropologie, discipline d’étude holistique embrassant l’ensemble des structures fondamentales.

Dans son sens linguistique, une guerre qualifiable d’anthropologique serait donc l’action ayant pour objectif d’éroder et de saper les systèmes de base de cette société, doublement enracinés par sa nature originelle et par son histoire : croyances, idées motrices, coutumes, schémas sociétaux, etc, qui sont les déterminants permanents de ses modèles socio-économiques et politiques.

Cette tentative d’approche du sujet, dite « heuristique », c’est-à-dire appliquée à un domaine encore inexploré, et difficile à étayer pour plusieurs raisons entrecroisées. La première est le caractère flou, voire nébuleux de ce concept dès lors que la polémologie, en tant qu’étude du phénomène de guerre, a déjà été admise au rang de discipline. Une deuxième raison est que de nombreux types de guerre autres que strictement militaires, ont été distingués et théorisés : guerre civile, révolutionnaire, subversive, psychologique, cybernétique, économique, etc. Un autre raison serait encore l’inaptitude une guerre comme anthropologique, qui ferait conclure à son existence ou à son caractère fantasmé. De surcroit, l’hypothèse d’une guerre anthropologique serait d’autant plus récusable, que ce type de guerre s’étalerait dans une temporalité de longue durée, donc sans réalité aisément perceptible.

Pour cerner cette forme de guerre, et donc lui donner la consistance de sa réalité, l’Histoire d’un côté et la science politique de l’autre, viennent cependant en renfort. Sans prétendre à une quelconque exhaustivité, on peut en trouver trois exemples, les deux premiers de nature comparable, le troisième marqué d’une novation radicale.

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CONCEPTS DE CONTRE GUERILLA EN GUERRE ASYMETRIQUE

L’auteur du texte ne possède aucune expertise militaire. Son propos limité est de rappeler des concepts opérationnels ayant eu cours dans les deux conflits auxquels la France fut confrontée en Indochine (1945-1954) et en Algérie (1954-1962). Dans les deux cas de ces guerres « asymétriques », une fraction d’officiers de terrain de l’armée française avait développé des concepts de contre guérilla inspirés des principes de la guerre révolutionnaire mis en pratique par le Vietminh. L’application de ces concepts avait été tolérée tacitement par l’Etat Major, et dans l’abstention décisionnaire du pouvoir politique, au cours des « opérations du maintien de l’ordre » en Algérie. Parmi ces officiers (décédés) on pouvait citer notamment les noms des colonels Roger Trinquier (auteur de « La guerre moderne ») et Antoine Argoud, polytechnicien (nb : major de l’Ecole de Guerre, qualifié par ses pairs de l’époque de possible « futur chef de l’armée française »).

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La stratégie russe de développement de l’intelligence artificielle

Ce texte est le fruit d’une collaboration entre Thierry Berthier et Yannick Harrel (membres d’EchoRadar). Il s’agit d’une étude exclusive relative à la publication par les autorités russes du document stratégique sur l’IA. Elle a été diffusée initialement sur The Conversation le 26 Novembre 2019

 

Vladimir Poutine lors de l’assemblée fédérale du 1er mars 2018 – Crédits photo Sputnik

Le 1er septembre 2017, le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine énonça lors du discours de rentrée universitaire ces propos sentencieux :

« L’intelligence artificielle est l’avenir, non seulement pour la Russie, mais pour toute l’humanité. Cela présente des opportunités colossales, mais aussi des menaces difficiles à prévoir aujourd’hui. Quiconque deviendra le leader dans ce domaine deviendra le dirigeant du monde. »

L’oukaze (loi) fixant le cadre, les objectifs et les moyens du développement de l’intelligence artificielle en Russie a été promulgué près de deux ans plus tard, le 10 octobre 2019. Ce décret présidentiel s’inscrit dans une volonté politique plus large : garantir la souveraineté technologique de la Fédération de Russie. Une ambition qu’est encore venue illustrer la participation remarquée de Vladimir Poutine à la conférence sur l’intelligence artificielle tenue le 9 novembre 2019 à Moscou.

 

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