Les manipulations de l’information

Les lignes qui suivent sont l’œuvre d’un invité. Il nous a paru intéressant de les publier, dans la mesure où ce texte nous semble contribuer au débat stratégique.

La récente publication à grand renfort de publicité, notamment sur les réseaux sociaux, du rapport « Les manipulations de l’information, un défi pour nos démocraties » incite à se demander ironiquement si cette publication accompagnée d’innombrables éloges, parfois même de personnes avouant ne pas l’avoir encore lu, ne constituerait pas elle même une manipulation de l’information.

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L’objectif de ces lignes n’est pas d’en faire une relecture plus ou moins ironique, mais plutôt de voir si les critères scientifiques revendiqués par leurs auteurs sont bien respectés, sans pour autant dédaigner l’humour, les auteurs de ce rapport estimant qu’il a sa place dans la lutte contre les manipulations de l’information.

En bref, il s’agit d’en faire une lecture critique, en précisant que le Kremlin ne m’a versé aucun kopeck et qu’à ma connaissance, je ne suis pas un agent russe. Peut-être un agent dormant, mais avec l’âge viennent les insomnies, et que vaut alors un agent dormant qui se réveille trop souvent et ne retrouve que mal le sommeil ?

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Dossier estival 2018 – Territoires

Quels liens existent-ils entre la liquidation du régime libyen, le début de la guerre civile syrienne en 2011, le oui britannique au Brexit en juin 2016 et l’élection de Trump en novembre de la même année ? En apparence, aucun. Pourtant, des vagues massives de migrations que connait l’Europe depuis 2014 à la tectonique des plaques commerciales que Donald Trump cherche à dynamiter, les frontières sont de retour.

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Mais peut-être n’avaient-elles en réalité jamais disparues, soumises aux rudes chocs économiques, démographiques et technologiques que la planète connaît depuis l’effondrement de l’empire soviétique et l’apparente détente qui s’ensuivit ?

Si tout le monde s’intéresse aux frontières, bien peu regardent ce qu’elles enveloppent, ce qu’elles séparent. Il s’agit de « territoires ». Or, d’après le dictionnaire, un « territoire » n’est pas simplement un « espace », une sorte d’endroit, neutre et non qualifié. Non, un territoire est un espace habité. Il est donc l’association entre un espace et une population et bien sûr, entre les représentations de cette population, qu’il s’agisse de ses mythes constitutifs mais aussi de la façon dont elle se distingue des autres. Nous voici revenir aux frontières, mais celles-ci ne sont plus des objets en soi, mais des objets relatifs à des territoires. Décentrer un peu l’analyse, voici l’ADN d’Echo Radar !

Le dossier estival 2018 qu’Echoradar vous propose cherche à en questionner plusieurs dimensions.

Celle de la mondialisation et des territoires par Nicolas Mazzucchi, du retour possibles des empires comme le pense Olivier Kempf, des frontières économiques par 3CSecuSystJu et de l’intelligence économique territoriale, par Informatiques orphelines, qui attend toujours sa réforme majeure en France. Nous partirons ensuite avec Thomas Schumacher en Nouvelle-Calédonie, à quelques mois d’un référendum peut-être plus inattendu que prévu pour revenir avec Thierry Berthier du côté de Limoges où Elon Musk a décidé de faire tester une partie de son projet fou d’Hyperloop. Yannick Harrel interrogera de manière cruciale le lien entre territoires / identités et transports notamment lorsque ces derniers sont inexistants voire se délitent et cèdent la place à des forces centrifuges. Enfin, Eric Hazane partira à l’exploration des territoires (quasi) inexplorés constitués par les fonds océaniques, l’espace et le cyberespace.

Bonne lecture estivale !

Echoradar

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L’intelligence artificielle, science avec conscience ou sans conscience ?

EchoRadar remercie chaleureusement le professeur Jean-Louis Le Moigne d’avoir accepté la publication de cette riche et instructive réflexion intitulée « L’intelligence artificielle, science avec conscience ? Pourquoi pas ? au lieu de se réduire à une algorithmique artificielle, ‘Science sans Conscience’. »

Lorsque paru le 28 mars 2018 le rapport au Premier Ministre du gouvernement français rédigé par une mission dirigée par le député mathématicien Cédric Villani sous le titre « Donner un sens à l’intelligence artificielle : pour une stratégie nationale et européenne », nous fumes nombreux à nous enthousiasmer pour cette annonce exceptionnelle. Les réseaux médiatiques de la planète le sentirent vite, plus attentifs au contexte du contenant, (une brochure de 235 pages au titre ambitieux et de facture épistémologique, ‘Donner un sens à l’intelligence artificielle’ ce qui est très rare dans ce type de documents) qu’au texte du contenu qui, pour l’essentiel, s’avère de facture politique (‘la structuration de la politique industrielle de l‘État’) ; le sous titre le précisait aussitôt fort loyalement « Pour une stratégie nationale et européenne ».

Quelle est l'histoire de l'intelligence artificielle ? Les robots auront-ils une conscience ? © Agsandrew, Shutterstock

(Source)

État de l’art politico-économique (plus que culturel et critico-prospectif) que ce rapport a su aborder en consacrant à sa préparation une grande quantité de moyens en peu de temps : six mois «Palo Alto, Beijing, Berlin, Ratisbonne, Londres, Zürich, Bologne, Lisbonne, Tel-Aviv et Haïfa. … Les contributions se sont multipliées, et rapidement la quantité de matériaux à digérer est apparue considérable ! Mais ensemble, nous avons pu collecter et synthétiser les quantités d’information fournies par les centaines d’experts, et par le milliers de citoyens qui ont apporté leur contribution à la réflexion ». Continue Reading

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Forces de l’ordre : refonder la formation

Actuellement la formation des membres des forces de l’ordre repose essentiellement sur le droit pénal. Si cela apparaît non dénué de fondement au vu de leurs missions répressives, ce point de départ a plusieurs conséquences pratiques :

  • cela les axe principalement sur l’aspect répressif de leur mission ;
  • comme ils ne consacrent pas leur vie entière au droit, ils peuvent être vus par les professions judiciaires comme des amateurs cherchant parfois à se hausser vainement au niveau des professionnels.

La conséquence de ce deuxième point est que, dès le commencement de leur exercice professionnel, ils sont confrontés à un problème de positionnement. Car les mêmes attitudes que celles décrites par Norbert Elias dans la société de cour sont encore à l’œuvre : une absence de regard d’approbation de la part de celui qui détient le pouvoir (ou le savoir), et voilà la disgrâce…

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Pourtant, il serait temps que les intéressés s’en persuadent : ils ne seront jamais considérées comme de vrais juristes par ceux qui estiment l’être (magistrats, avocats).

Mais est-ce un réel problème ?

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De la crise comme instrument

La définition ordinaire d’une crise est celle du phénomène de déstabilisation d’un certain type d’ordre établi, réputé achevé par le rétablissement de cet ordre. Une crise peut cependant déboucher sur une modification de l’ordre antérieur, soit par incapacité d’avoir pu le rétablir, soit par une inflexion volontaire issue elle-même d’une conception réformée de l’ordre à restaurer. A un échelon supérieur, cette expérience duale peut elle-même inciter à élargir le cadre de pensée initial jusqu’à l’hypothèse d’une inversion de causalité, consistant à  provoquer délibérément une crise conçue comme l’instrument de transformation de l’ordre antérieur. Un tel schéma maximaliste dans le registre des crises implique une vision préalable, une stratégie de mise en œuvre, et la prévisibilité des conséquences de l’action transformatrice. Elle s’inscrit par conséquent dans l’ordre de la programmation, et non dans celui du seul traitement d’une crise subie pour y mettre un terme.

Accréditer l’idée qu’une crise puisse être un instrument, et à fortiori fabriquée de toutes pièces, est une démarche difficile parce que non conventionnelle. Elle se heurte soit au scepticisme académique, soit aux perceptions angéliques ou moralisatrices déformant le regard sur les affaires du monde. Dans le seul registre des causalités de crise, il a déjà été laborieux de faire admettre que les meilleures intentions affichées puissent produire les pires effets : par exemple, en son temps, la contribution essentielle du Traité de Versailles à la maturation de la seconde guerre mondiale, ou aujourd’hui le chaos généralisé provoqué par les interventions militaires américaines au Moyen orient et en Asie centrale.

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L’art de la guerre dans Dune

L’univers de Dune est un univers d’une grande richesse, mélangeant dans un ensemble baroque mais très cohérent des éléments de sociétés humaines passées et des éléments de pure imagination. La guerre s’y exerce de manière particulière mais elle reste la guerre avec sa grammaire propre.

Comment détruire une grande Maison ?

Le système politique de Dune est issu d’une Grande convention (de type Magna Carta) qui régit les rapports entre la Maison impériale, les grands féodaux réunis dans l’assemblée du Landsraad et la Guilde des navigateurs qui dispose du monopole du vol spatial. La guerre y est tolérée dans la mesure où elle ne perturbe pas cet équilibre des pouvoirs. Elle s’exerce en premier lieu entre Maisons et parfois, dans certaines conditions, entre le Trône et une Maison. La Guilde est normalement neutre. Continue Reading

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L’écho du bocal avec le Père Noël

1/ Cher Père Noël, la France a-t-elle encore une politique étrangère ?

La France continue de distribuer friandises et cadeaux de Noël aux enfants sages, bourre-pifs et munitions 5,56, 12,7 et 30 au méchants farfadets qui se cachent dans les déserts ou en forêt amazonienne. On peut donc dire sans réfléchir que la France possède encore une politique étrangère de Noël.

2/ Donald Trump ne devrait-il pas défier « Rocket man » en short et en combat singulier sur un ring ?

Sur un ring, pourquoi pas ? La difficulté consistera à trouver la discipline du combat : boxe ? Catch ? Sumo ? Volume de bière ingurgitée ? Au moins restera-t-on au niveau souhaité par les médias, celui du spectacle et de l’émotion pure. Les experts en n’importe quoi pourront s’en donner à cœur joie et pérorer doctement dans On n’est pas couché.

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De la licéité de l’offre de la France à la Belgique pour le remplacement de ses avions de combat

Dans une tribune publiée le 5 décembre 2017 dans le quotidien belge Le Soir[1], Madame Florence Parly, ministre des Armées, défend la licéité de l’offre française, notamment en relevant fort justement que la procédure d’appel d’offres de la Belgique relative au remplacement de sa flotte de F-16 vieillissants n’engage en rien notre voisin d’outre-Quiévrain de contracter avec l’un des soumissionnaires à cette procédure, celui-ci se réservant en effet le droit de passer outre.

 

© Andrew Thomas. Un Mirage 5BD de la Force aérienne belge.

© Andrew Thomas. Un Mirage 5BD de la Force aérienne belge.

Cette clause figure à la page 13 du Request for Government Proposal portant sur le Air Combat Capability Program dont il est ici question (on notera au passage que Bruxelles opte pour l’anglais américain dans ses documents officiels : lapsus révélateur d’un tropisme pro F-35 ?) : « The issuance of this RfGP is not to be construed in any way as a commitment by the Belgian Government to conclude an agreement or a contract ».

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