Union européenne : le futur dystopique en QR code

Pexels – Cotton Bro

Mardi 29 mars 2021 a été présenté le futur passeport sanitaire de l’Union Européenne par le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton. Un document sous forme papier ou numérique qui devrait permettre à des millions d’européens de retrouver leur vie d’avant, du moins est-ce ainsi que le projet est présenté. Celui-ci contiendra plusieurs données accessibles par QR code, dont votre nom, votre prénom, votre sexe, votre date de naissance, votre numéro de carte sociale, votre état de santé (comprendre si vous avez été porteur du virus par le passé), votre état de vaccination (première ou seconde dose) ainsi que votre type de vaccin.

Rappelons que le commissaire européen en charge des vaccins est un personnage parfaitement conscient tant des possibilités que des conséquences d’un traitement numérique à grande échelle au regard de son passage au sein de plusieurs grands groupes informatiques, dont Atos (laquelle société fut un prestataire de premier plan pour la mise en place et la gestion des données collectées par les radars automatiques en France jusqu’en 2015). Il est par conséquent garant de la faisabilité en termes de réalisation technique.

Car l’Union européenne, incapable de mettre au point un vaccin sur son propre territoire (songeons que si l’allemand BioNTech dispose bien du brevet, c’est l’américain Pfizer qui le développe et le produit à grande échelle) s’est tout autant déconsidérée dans sa désorganisation sur la gestion des achats et de l’acheminement des vaccins étrangers. Elle s’est en revanche révélée prompte à rédiger un document qui scindera les populations en deux : les nantis et les exclus. Cette décision n’étant d’ailleurs pas son seul apanage puisque le nouveau et sémillant président des États-Unis, Joe Biden, s’est clairement prononcé pour une solution identique (vaccine passport), au grand dam d’états appréciant fort peu cette exigence fédérale. Le terme même de passeport vert sanitaire employé par le commissaire européen n’est pas anodin : il signifie qu’il sera rouge pour d’autres, refoulés d’entrée en des territoires ou des lieux publics et privés. Quel bel exemple de stigmatisation et d’exclusion parfaitement conforme à la vision des dirigeants européens chargés de traiter le bétail humain agissant selon les préceptes des Doktor Merkwürdigliebe peuplant les instances décisionnelles.

Comment donner une seule once de crédit à un tel ensemble politique martelant à grand tambour sa foi dans les droits de l’homme et malgré tout véloce à les suspendre à la première contrariété ? Comment ne peut-il y avoir de dissonance politique grave en opérant une ingérence étrangère au nom de ceux-ci tout en les soustrayant à ses propres administrés ? C’est bel et bien l’enjeu du passeport sanitaire qui met à nu l’hypocrisie des prétendues démocraties libérales, souvent enclines à bomber le torse et à jeter l’anathème envers toute déviance extérieure mais peu regardantes quant à sabrer dans leurs propres principes pourtant énoncés comme inaltérables.

L’ombre de la génération du baby boom

La génération du baby boom a déjà décidé quant à l’adoption de ce futur sésame de retour à une «vie normale» : trop désireuse de retrouver ses petits plaisirs et menues jouissances, elle entend par son élan imposer aux plus jeunes générations, largement épargnées par la létalité de cette forme de coronavirus, un document qui peut faire frémir au regard de la somme d’informations sensibles contenues (et plus encore pour tout ce qu’il pourra contenir à terme). Cette même génération pathétique qui ne se soucie guère de son rappel vaccinal en matière de diphtérie, tétanos et poliomyélite mais trépigne d’impatience à se faire piquer non pour une raison, légitime, de santé mais de loisirs.

Il est déjà acquis que les responsables de ce projet nous garantissent une sécurité à 100% de ce système d’information et de sa base de données : comme si les précédents malheureux et endémiques de fuites de données en toute partie du monde n’étaient pas déjà suffisants pour comprendre que nous offrons là un redoutable pot de miel attirant tous les réseaux de cybercriminels en puissance. Imaginez que les données les plus critiques, c’est à dire personnelles médicales, pourront être contenues dans un seul fichier : Sauron en a rêvé, l’Union l’a fait. Ainsi, toutes ces données seront accessibles, en sus des administrations publiques, à un immense ensemble de sociétés privées dans le domaine des transports, de la restauration, de l’hôtellerie, de la culture selon une liste non exhaustive mais avec toutes les inquiétudes plus que légitimes quant à la récupération indue et la monétisation exponentielle de ces données. Quant aux fraudes aux certifications exigées, elles surviendront tôt ou tard, et indubitablement très tôt, faisant cohabiter en un même lieu des personnes saines certifiées et des personnes incertaines faussement certifiées. Cependant, quelle formidable manne pour les sociétés d’ingénierie informatique spécialisées dans la gestion de données informatiques déjà bien établies dans la place et prêtes à concevoir avec entrain et gourmandise cette gigantesque toile où viendront s’agglutiner les informations les plus sensibles : l’on aimerait à ce titre une parfaite transparence sur les contrats de prestation pour ce passeport sanitaire numérique. Toutefois au regard de ce qui s’est déroulé pour la phase d’achats des vaccins par les instances de l’Union européenne, l’opacité devrait rester la norme et nous alerter grandement sur ce point.

Un élément crucial à ce stade, et qui étrangement ne semble guère passionner les thuriféraires de ce projet, c’est l’assurance qu’un individu vacciné soit effectivement insusceptible de transmettre le virus à autrui durant son activité personnelle ou professionnelle. La trop grande assurance liée à l’obtention et la possession d’un passeport sanitaire ne pourrait-elle être sujette à relancer l’épidémie, ne serait-ce que par un variant indifférent au vaccin inoculé ? Sur ce risque, aucune inquiétude ne semble sourdre des instances européennes, confiantes en leur ligne maginot bureaucratique.

Enfin, l’Union européenne impose de jure un régime discriminatoire où une classe de privilégiés pourra narguer une classe de déconsidérés. Il est facile de conjecturer un avenir proche où l’obtention et la conservation d’un poste sera effective au regard non d’une vaccination mais plus encore, de la qualité du vaccin dont on aura bénéficié. Une projection loin d’être hypothétique dès lors que le document existe, lequel est ensuite susceptible d’évoluer rapidement après avoir brisé le tabou de la libre circulation, pilier pourtant originel de la création de l’Union européenne. Car comme le mentionnait Clément Beaune, secrétaire d’état aux affaires européennes le 29 mars 2021 au micro de Sud Radio, un passeport sanitaire pas tout à fait obligatoire mais néanmoins nécessaire pour circuler : une manière détournée de proposer une liberté conditionnelle à des individus innocents de tout crime, si ce n’est d’exercer un droit pourtant fondamental.

Une liberté perdue ne se récupère plus sans lutte

Comment être à ce point naïf pour omettre l’expérience politique historique qui démontre que lorsqu’un système de fichage est enregistré et légalisé par un pouvoir, celui-ci n’est jamais supprimé quand bien même le fait déclencheur aurait disparu ? Une liberté perdue ne se récupère jamais, si ce n’est au prix d’une nouvelle lutte. Comment ne pas être convaincu que par capillarité ce passeport sanitaire perdurera dans le temps et ne cessera d’enfler dans ses informations et applications au gré des variants, des recombinants, de tout un tas de facteurs ainsi que de nouveaux et même anciens agents infectieux ? Cette carte d’accès sanitaire qui vous affichera une lumière verte ou rouge selon votre condition, est le pied dans la porte d’une dystopie qui rongera tel un cancer nos libertés pourtant portées comme étendards par des gouvernements cyniques et moralisateurs : ne resteront à terme sur ces mêmes étendards que des libertés zombies, décharnées par la cupidité, la duplicité, la malignité de toute une clique politique et administrative abjecte renforcée par l’appui de toute une génération égoïste prête à brader le legs d’un passé de luttes citoyennes pour quelques instants de bonheur futiles et ridicules, impatiente de retrouver l’ersatz d’un passé lui étant exclusivement favorable.

C’est aujourd’hui que se décide de quel type de société nous souhaitons pour nous-mêmes et nos enfants. Et à tout prendre, celle d’une société où la sécurité soit la garante des libertés et non le hachoir de celles-ci.

 

Propheta Isidorus

 

Sources :

https://www.linternaute.com/voyage/pratique/2533402-passeport-sanitaire-obligatoire-ou-non-pour-prendre-l-avion-version-numerique-ou-papier-les-infos

https://www.nicematin.com/sante/le-pass-vert-un-certificat-sanitaire-sans-doute-obligatoire-pour-circuler-en-europe-663244

https://www.washingtonpost.com/health/2021/03/28/vaccine-passports-for-work

 

Les vues et les opinions exprimées dans cet article sont celles de leur auteur et ne reflètent pas nécessairement les vues ou les opinions d’Echo RadaR.

 


European Union: the dystopian future in QR code

On Tuesday March 29, 2021, the future European Union health passport was presented by the European Commissioner for the Internal Market, Thierry Breton. A document in paper or digital form which should allow millions of Europeans to return to their former life, at least that is how the project is presented. This will contain several data accessible by QR code, including your name, your first name, your gender, your date of birth, your social card number, your state of health (understand if you have been a carrier of the virus in the past) , your vaccination status (first or second dose) and your type of vaccine.

It should be remembered that the European Commissioner in charge of vaccines is a person who is perfectly aware of both the possibilities and the consequences of large-scale digital processing in view of his time with several large IT groups, including Atos (which company was a provider of first plan for the implementation and management of data collected by automatic speed cameras in France until 2015). It therefore guarantees the feasibility in terms of technical implementation.

Because the European Union, unable to develop a vaccine on its own territory (think that if the German BioNTech does have the patent, it is the American Pfizer who is developing it and producing it on a large scale). just as discredited in its disorganization on the management of purchases and delivery of foreign vaccines. On the other hand, she has proven to be quick to draft a document that will split populations into two: the haves and the excluded. This decision is not moreover his only prerogative since the new and lively President of the United States, Joe Biden, clearly declared himself in favor of an identical solution ( vaccine passport), to the chagrin of states that do not appreciate this federal requirement. The very term green health passport used by the European Commissioner is not trivial: it means that it will be red for others, turned away from entering public and private territories or places. What a fine example of stigmatization and exclusion perfectly in line with the vision of European leaders responsible for treating human livestock acting according to the precepts of the Doktor Merkwürdigliebe populating the decision-making bodies.

How to give a single ounce of credit to such a political group hammering with great drum its faith in human rights and despite everything swiftly suspending them at the first annoyance? How can there not be serious political dissonance in operating a foreign interference on behalf of these while removing them from its own citizens? It is indeed the issue of the health passport which lays bare the hypocrisy of the so-called liberal democracies, often inclined to bulge out their chests and anathematize any external deviance but not careful about slashing their own principles. yet stated as unalterable.

The shadow of the baby boom generation

The baby boom generation has already decided on the adoption of this future sesame of return to a “normal life”: too eager to find its small pleasures and small pleasures, it intends by its impetus to impose on the younger generations, largely spared by the lethality of this form of coronavirus, a document that can be shuddering in view of the amount of sensitive information contained (and even more for all that it may eventually contain). This same pathetic generation which hardly cares about its vaccination booster in terms of diphtheria, tetanus and polio but is impatient to be bitten not for a legitimate reason, but of health but of leisure.

It is already accepted that those responsible for this project guarantee us 100% security of this information system and its database: as if the unfortunate and endemic precedents of data leaks in all parts of the world were not already sufficient to understand that we are offering here a formidable honeypot attracting all networks of potential cybercriminals. Imagine that the most critical data, ie personal medical data, could be contained in a single file: Sauron dreamed of it, the Union did it. Thus, all these data will be accessible, in addition to public administrations, to a huge set of private companies in the field of transport, catering, hotel industry, of culture according to a non-exhaustive list but with all the more than legitimate concerns about the undue recovery and exponential monetization of this data.As for fraud in the required certifications, they will occur sooner or later, and undoubtedly very early, bringing together in the same place certified healthy people and falsely certified uncertain people. However, what a tremendous windfall for computer engineering companies specializing in the management of computer data already well established in the market and ready to design with enthusiasm and gluttony this gigantic web where the most sensitive information will come together: one As such, would like perfect transparency on service contracts for this digital health passport. However, in view of what took place for the phase of vaccine purchases by the European Union authorities, opacity should remain the norm and alert us greatly to this point.bringing together in the same place certified healthy people and falsely certified certified people. However, what a tremendous windfall for computer engineering companies specializing in the management of computer data already well established in the market and ready to design with enthusiasm and gluttony this gigantic web where the most sensitive information will come together: one As such, would like perfect transparency on service contracts for this digital health passport.However, in view of what took place for the phase of vaccine purchases by the European Union authorities, opacity should remain the norm and alert us greatly to this point.bringing together in the same place certified healthy people and falsely certified certified people. However, what a tremendous windfall for computer engineering companies specializing in the management of computer data already well established in the market and ready to design with enthusiasm and gluttony this gigantic web where the most sensitive information will come together: one As such, would like perfect transparency on service contracts for this digital health passport.However, in view of what took place for the phase of vaccine purchases by the European Union authorities, opacity should remain the norm and alert us greatly to this point.what a tremendous windfall for computer engineering companies specializing in the management of computer data already well established in the market and ready to design with enthusiasm and gluttony this gigantic web where the most sensitive information will come together: one As such, would like perfect transparency on service contracts for this digital health passport.However, in view of what took place for the phase of vaccine purchases by the European Union authorities, opacity should remain the norm and alert us greatly to this point.what a tremendous windfall for computer engineering companies specializing in the management of computer data already well established in the market and ready to design with enthusiasm and gluttony this gigantic web where the most sensitive information will come together: one As such, would like perfect transparency on service contracts for this digital health passport.However, in view of what took place for the phase of vaccine purchases by the European Union authorities, opacity should remain the norm and alert us greatly to this point.in view of what took place for the phase of vaccine purchases by the European Union authorities, opacity should remain the norm and alert us greatly to this point.in view of what took place for the phase of vaccine purchases by the European Union authorities, opacity should remain the norm and alert us greatly to this point.

A crucial element at this stage, and which strangely does not seem to excite the supporters of this project, is the assurance that a vaccinated individual is effectively insusceptible of transmitting the virus to others during his personal or professional activity. The too great insurance linked to the obtaining and the possession of a health passport could it not be subject to relaunch the epidemic, if only by a variant indifferent to the inoculated vaccine? On this risk, no concern seems to spring from the European authorities, confident in their bureaucratic Maginot line.

Finally, the European Union imposes de jurea discriminatory regime where a class of privileged can taunt a class of discredited. It is easy to conjecture the near future when obtaining and keeping a position will be effective with regard not to vaccination but even more so, to the quality of the vaccine from which we have benefited. A projection far from hypothetical when the document exists, which is then likely to evolve quickly after having broken the taboo of free movement, yet the original pillar of the creation of the European Union. Because as Clément Beaune, Secretary of State for European Affairs mentioned on March 29, 2021 at the microphone of Sud Radio, a health passport not entirely compulsory but nevertheless necessary to travel: a roundabout way of offering conditional freedom to innocent individuals of any crime, if not to exercise a fundamental right.

A lost freedom can no longer be recovered without a struggle

How can one be so naive to omit the historical political experience which shows that when a system of registration is registered and legalized by a power, this one is never suppressed even though the triggering fact would have disappeared? A lost freedom can never be recovered, except at the cost of a new struggle. How not to be convinced that by capillarity this health passport will last over time and will not stop swelling in its information and applications according to variants, recombinants, a whole bunch of factors as well as new and even old infectious agents? This health access card which will display a green or red light depending on your condition, is the foot in the door of a dystopia which will eat away like a cancer our freedoms, however carried as banners by cynical and moralizing governments: in the long term ,only zombie freedoms will remain on these same banners, emaciated by greed, duplicity, malignity of a whole abject political and administrative clique reinforced by the support of a whole selfish generation ready to sell off the legacy of a past of citizen struggles for a few moments of futile and ridiculous happiness, impatient to find the substitute of a past being exclusively favorable to him. the malignity of a whole abject political and administrative clique reinforced by the support of a whole selfish generation ready to sell off the legacy of a past of citizen struggles for a few moments of futile and ridiculous happiness, impatient to find the substitute of a past being exclusively favorable to him.the malignity of a whole abject political and administrative clique reinforced by the support of a whole selfish generation ready to sell off the legacy of a past of citizen struggles for a few moments of futile and ridiculous happiness, impatient to find the substitute of a past being exclusively favorable to him.

Today it is decided what kind of society we want for ourselves and our children. And all in all, that of a society where security is the guarantor of freedoms and not the chopper of them.

 

Propheta Isidorus

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