Anatoli Kitov : pionnier de la cybernétique soviétique [Partie 2]

Seconde partie de notre entretien avec Vladimir Kitov, fils du pionnier de la cybernétique soviétique qui aurait pu donner naissance à un Internet mondial si les autorités militaires et politiques avaient eu l’audace et de la perspicacité de comprendre la révolution proposée par le colonel-ingénieur.

La troisième et dernière partie sera publiée en fin de semaine.

En vous en souhaitant bonne lecture.

Yannick Harrel

Vladimir Kitov (fils) et Anatoli Kitov (père)

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Anatoli Kitov : pionnier de la cybernétique soviétique [Partie 1]

C’est un grand plaisir pour moi et pour Echo Radar de recueillir les impressions et les informations de Vladimir Kitov relatives à la vie et l’oeuvre de son père, Anatoli Kitov, pionnier de la cybernétique soviétique qui aurait pu changer le cours du monde si les autorités politiques et militaires avaient adhéré à sa vision de l’informatique. Il n’en demeure pas moins que ce grand homme des sciences informatiques aura réussi à participer à plusieurs projets d’envergure, dans le domaine militaire comme civil, marquant par là toute une période critique, celle de la Guerre Froide. J’en profite pour rappeler que mon ouvrage La cyberstratégie russe paru aux éditions Nuvis est dédié spécifiquement au colonel-ingénieur Kitov.

Vladimir Kitov

L’entretien sera divisé en plusieurs parties en raison de la longueur de celui-ci, il provient d’une traduction originale en langue russe opérée par mes soins.

En vous en souhaitant une agréable lecture et découverte.

Yannick Harrel

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Autorité des scientifiques

J’ai répondu en mai, au moment de la crise de la Covid, aux questions de Damien Liccia pour Antidox, revue en ligne qu’il anime (lien vers le numéro concerné).

https://www.actualite24.fr/wp-content/uploads/2020/05/a9ae85739668d140a4a86be106407045.jpeg

Un débat intéressant qui a servi à la rédaction de la lettre La Vigie n°144 qui constatait une “Disparue, l’autorité scientifique”.

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Où l’on reparle de formation à la cybersécurité

Placer l’humain au cœur de la cybersécurité est une expression à la mode depuis quelque temps. Elle peut être vue comme un sacrifice aux idoles du temps présent (après tout, même Staline estimait qu’il fallait placer l’homme au cœur du communisme et G. Marchais évoquait un communisme à visage humain) ou comme un véritable centre d’intérêt des organisations.

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Dans ce dernier cas, cela signifie que l’organisation a centré sa cybersécurité sur l’humain, mais pas seulement pour estimer que PEBKAC ou le punir lorsque les choses se passent mal.

Ce (re)centrage de la cybersécurité sur l’humain permet alors de remédier à l’échec de la sensibilisation à la cybersécurité, pour peu que les quelques éléments suivants soient pris en compte.

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Toucher le fond sans en parler

Une lectrice fidèle d’Echoradar nous a soumis ses réflexions relatives à l’épidémie de Covid19. C’est bien volontiers que nous les publions, afin de nourrir le débat, et non le pugilat.

La récente épidémie (toujours en cours et… stay tuned for the second wave) a été l’occasion d’un moment épique comme seul notre pays sait en produire, à l’émerveillement du monde entier.

Déchirements, anathèmes, noms d’oiseaux, excommunications et fulminations fusèrent. Ne manquait que l’exorcisme public avec cérémonie de repentance pour que le tableau soit complet et force l’admiration.

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Au commencement était le pangolin. Encagé, n’ayant pour horizon que l’abattoir familial, il se vengea en expectorant un passager clandestin récupéré sur une chauve-souris. Enfin, telle était la version initiale, car maintenant, quid du pangolin, de la chauve-souris et de leurs amours contre nature ? Nul n’en sait plus rien.

La crise qui s’ensuivit fit plusieurs victimes non humaines sur lesquelles nous nous pencherons : la conduite de la crise, la communication, la considération pour nos concitoyens, l’équité, le débat et la science.

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La guerre anthropologique

Ce concept dual, et les réalités à justifier pour lui donner une consistance objective, n’a pas d’antériorité en tant que corrélation entre la guerre, phénomène défini et analysé, et l’anthropologie, discipline d’étude holistique embrassant l’ensemble des structures fondamentales.

Dans son sens linguistique, une guerre qualifiable d’anthropologique serait donc l’action ayant pour objectif d’éroder et de saper les systèmes de base de cette société, doublement enracinés par sa nature originelle et par son histoire : croyances, idées motrices, coutumes, schémas sociétaux, etc, qui sont les déterminants permanents de ses modèles socio-économiques et politiques.

Cette tentative d’approche du sujet, dite « heuristique », c’est-à-dire appliquée à un domaine encore inexploré, et difficile à étayer pour plusieurs raisons entrecroisées. La première est le caractère flou, voire nébuleux de ce concept dès lors que la polémologie, en tant qu’étude du phénomène de guerre, a déjà été admise au rang de discipline. Une deuxième raison est que de nombreux types de guerre autres que strictement militaires, ont été distingués et théorisés : guerre civile, révolutionnaire, subversive, psychologique, cybernétique, économique, etc. Un autre raison serait encore l’inaptitude une guerre comme anthropologique, qui ferait conclure à son existence ou à son caractère fantasmé. De surcroit, l’hypothèse d’une guerre anthropologique serait d’autant plus récusable, que ce type de guerre s’étalerait dans une temporalité de longue durée, donc sans réalité aisément perceptible.

Pour cerner cette forme de guerre, et donc lui donner la consistance de sa réalité, l’Histoire d’un côté et la science politique de l’autre, viennent cependant en renfort. Sans prétendre à une quelconque exhaustivité, on peut en trouver trois exemples, les deux premiers de nature comparable, le troisième marqué d’une novation radicale.

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L’échec de l’apprentissage de la gestion de crise

L’an dernier (déjà), j’avais publié un article relatif à l’échec de la formation à la cybersécurité. L’actualité épidémique pousse à se demander ce qu’il en est de l’apprentissage de la gestion de crise. En effet, quasiment tous les pays du monde sont confrontés au coronavirus, et l’ampleur de l’épidémie les prend quasiment tous au dépourvu. La situation est inédite pour l’époque mais pas pour l’humanité. Quant à la crise, cela fait des années qu’en ouvrant bien les yeux nous pouvions nous rendre compte qu’il y en avait presque tout le temps dans une partie ou l’autre du monde, et qu’il était bien surprenant qu’aucune ne nous ait encore atteint.

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En outre, depuis l’ouragan Katrina en Louisiane (2005), les dirigeants des pays devraient savoir qu’ils sont attendus sur leur attitude et les décisions qu’ils prennent durant ces calamités : George Bush fut ainsi voué aux gémonies pour n’avoir pas réagi correctement à la crise. La surprise devrait alors être faible, d’autant que les formations à la gestion de crise n’ont jamais été aussi abondantes que ces années. En voici une, une autre, encore une autre, encore une, même une liste de formations, et l’Etat via l’INHESJ propose même un management stratégique de la crise.

Bref, il y a le choix. Alors comment se fait-il que tant de voix s’élèvent pour critiquer la façon dont l’épidémie est gérée ?

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Contact-tracing face au covid-19 : pas d’autres choix que l’audace (G-P Goldstein)

Nos amis de La Vigie (www.lettrevigie.com) ont déjà publié des textes de Guy-Philippe Goldstein sur le COVID 19 (ici et ici). Il revient  sur le sujet (ici) , en évoquant la question du traçage électronique, qui fait débat actuellement. Merci à LV de nous autoriser à reproduire ce texte intéressant et suscitant le débat. ER

Il y a cinq semaines déjà, le 11 mars dernier, nous publions déjà dans ces lignes les points clés d’une réponse inspirés des bons résultats alors déjà observables en Corée du Sud et à Taïwan, en compléments des gestes barrières et des premiers éléments de distanciation sociale déjà appliqués en France. Cette réponse mettait en avant (1) les tests ; mais au-delà, (2) le volet numérique, offrant une gamme large de solutions tant dans le repérage que dans le télétravail, qui n’existaient pas encore dans les plans épidémiques datant de plus d’une dizaine d’années ; et enfin (3) un tempo rapide, et donc audacieux, afin de prendre de vitesse une épidémie foudroyante.  Prise à la gorge parce que trop lente à réagir, la France a finalement appliquée des mesures sévères de confinement six jours plus tard, bien plus strictes et limitant les libertés individuelles que ce qui existe en Corée du Sud. L’objectif était de se donner du temps, justement. Et pour finalement mettre en place « une approche proche de la Corée du Sud », comme l’a dit Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique[i].

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Or, d’après le gouvernement de Corée du Sud lui-même, une part importante de la réponse tient dans le volet numérique[ii], appliquée justement de manière rapide et audacieuse. Et pourtant, le volet numérique a été traité quasiment « à la sauvette », tant dans la déclaration du Président du lundi 13/4 que surtout dans l’intervention du Premier Ministre du 19/4, pourtant relativement détaillée et exhaustive. On sent bien qu’un cadre politique rigide est en train d’être défini tant par le sommet de l’exécutif que par les partis d’opposition, l’ensemble concourant au même groupthink idéologique incapable de se questionner alors qu’une crise sans précédent frappe l’Europe, et qui était déjà à l’origine du fiasco du premier tour des municipales. A cause de ce cadre, le volet numérique risque d’échouer en France  malgré tous les talents et bonnes volontés réelles qui s’y sont investis. Il faut donc comprendre (1) Pourquoi le numérique est l’un des piliers de la gestion de l’épidémie ; (2) pourquoi nombre de peurs et de réticences sont inappropriées ; (3) Comment avancer à la fois dans le respect de nos valeurs et dans le pragmatisme qu’impose l’extraordinaire situation sanitaire et économique actuelle.

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