Frontières économiques et territoires

La conquête de nouveaux territoires a longtemps été le moteur des peuples avant de se stabiliser en grande partie à partir des années 1990.

Désormais les conflictualités économiques ont pris le pas sur les prétentions territoriales, qui bien que toujours existantes utilisent moins fréquemment les forces armées.

La présidence Trump et sa doctrine protectionniste agressive illustre parfaitement cette guerre commerciale qui fait rage. Tournant historique ou simple recommencement d’un cycle existant? Voici quelques éléments de réflexion à ce sujet dans le cadre du dossier estival d’EchoRadar dédié aux territoires.

Source

Définitions et historique

Avant de développer le sujet des frontières économiques, il est important de rappeler qu’en droit international, la notion d’État est définie à partir de trois éléments constitutifs :

une population ;
un gouvernement ;
– un territoire.
Le territoire est l’espace à l’intérieur duquel l’État souverain exerce ses compétences. Il est constitué :
– du territoire terrestre qui comprend le sol, le sous-sol et les voies d’eau intérieures ;
– du territoire maritime constitué des eaux intérieures, mers territoriales jusqu’à 12 milles marins, la zone contiguë, la Zone d’économie exclusive (ZEE) et le plateau continental ;
– du territoire aérien situé au-dessus des territoires terrestre et maritime.

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Territoires et empire

Le dossier estival d’Echoradar a pour thème les territoires (voir présentation du thème). Cela m’a donné de réfléchir à l’empire, sujet qui me taraude depuis quelque temps, comme alternative à l’État-nation. Quels sont les avantages de l’empire ? pourquoi ceux-ci ont-ils disparu ? peuvent-ils ressurgir ? Bref, cette forme politique qui a dominé de multiples zones de l’humanité à travers les siècles a certainement des atouts qu’il s’agit d’analyser, ce qui ne signifie évidemment pas que nous dressions un plaidoyer pour l’empire.

source : l’empire mongol de Gengis Khan.

L’empire a mauvaise presse. Qu’il s’agisse des formes anciennes de domination directe ou de l’impérialisme attribué à l’hégémon américain, chacun y dénonce un pouvoir distant et oppresseur. Or, les historiens distinguent plusieurs formes d’empire et il faut se défier de notre représentation immédiate de ce concept. H. Inglebert propose ainsi cinq types différents d’empire : grands royaumes régionaux, hégémonies régionales, empires commerciaux, empires tribaux des steppes et empires à prétention universelle (1). Constatons que nous pensons plutôt au cinquième type lorsque nous parlons d’empire. H. Inglebert précise qu’un empire doit maîtriser quatre aspects : l’extension spatiale et la maîtrise des communications ; le contrôle politique différencié de différents segments de la population ; la capacité administrative à exploiter la population ; l’autoreprésentation du pouvoir central et son influence culturelle sur les élites centrales et locales. L’empire, c’est d’abord la sujétion de territoires périphériques par un pouvoir central. Ne nous y trompons pas, il y a bien au préalable un rapport de force et de domination. Omettre cette sujétion première, c’est ne rien comprendre à la dynamique politique à l’œuvre depuis quatre siècles qui conduisit à la disparition des empires.

 
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