Dossier estival 2016 : Cygnes noirs et surprises stratégiques

Depuis 2006 et le livre éponyme de N. Taleb, le concept de cygne noir est devenu à la mode pour qualifier ces évènements imprévisibles et improbables – mais pas impossibles, là est la nuance – aux conséquences dramatiques. Du 11 septembre à Fukushima, le XXIe siècle débutant, semble celui de l’imprévisibilité et de la surprise. Le récent vote du Brexit, encore vu il y a quelques mois comme fortement improbable, vient nous rappeler que la surprise stratégique, même si on la croit éculée, reste une issue possible.

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« Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité », nous rappelle Arthur Conan-Doyle dans Le signe des quatre. Car c’est bien de cela qu’il s’agit lorsqu’on aborde la question de la surprise stratégique, la balance entre l’impossible et l’improbable. Tout l’art du risk manager d’entreprise – sans parler du chef militaire qui est un risk manager par essence – consiste ainsi à faire prendre conscience à ses décideurs des dangers potentiels qui les menacent dans le brouillard, sans que ceux-ci ne les balaient d’un revers de la main. L’expérience de Patrick Lagadec, spécialiste des crises et des risques, directeur de recherches à Polytechnique pendant trois décennies, relatée dans l’excellent Le continent des imprévus, fait parfois froid dans le dos. Elle montre la permanence des blocages et la surdité des dirigeants, même face à l’évidence.

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La technologie ne tue pas la destruction créatrice

Robocauste 20XX. Depuis quelques années, économistes, technologistes, industriels, chercheurs et journalistes chantent l’apocalypse du travail à l’unisson : la troisième révolution industrielle détruira plus de la moitié des emplois en Europe et en Amérique du nord, des industries entières seront « ubérisées » à la vitesse RPG, le marché du travail sera d’autant plus polarisé entre des métiers très qualifiés et des jobs précaires, les classes moyennes ne seront plus que les ombres d’elles-mêmes, pataugeant dans des cauchemars dystopiques et plébiscitant des tribuns populistes ou extrémistes… sans compter les Cassandre versés dans scénarios à la Terminator/Matrix : des machines hyper-intelligentes se répliquent et s’améliorent toutes seules comme des grandes, et confinent l’humanité à l’errance, à la survie ou à l’esclavage. Pilule bleue ou pilule rouge ?

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L’inexorable convergence des TIC, des intelligences artificielles et des robots est effectivement un véritable massacre pour les cols bleus/blancs = les classes moyennes dans les pays industrialisés ou émergentsAu-delà de cette tragique réalité et en deçà des perspectives alarmantes ou hyperboliques – à l’image des maux de l’Internet et des merveilles de la « nouvelle économie » dans les années 1990-2000, les futurs économiques seront nettement plus nuancés.

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Le djihad est-il un virus ou une application mobile ?

Depuis quinze ans, les success stories et les start-up du djihad (Daesh, Boko Haram, Al-Qaïda Maghreb Islamique, Al-Qaïda Péninsule Arabique, Al-Nosra, etc) donnent toujours plus de fil à retordre aux gouvernements, aux services de sécurité et aux experts tous azimuts tenus d’inonder les médias de leurs brillantes solutions anti-terroristes. Fortes du consentement tacite ou de l’incitation explicite d’opinions traumatisées – à juste titre, les appareils politiques font la part belle aux méthodes martiales : il faut tout surveiller et punir à l’intérieur et frapper dans le tas à l’extérieur. Pas de quartier. Peu importe les conséquences qui ne feraient qu’alimenter un virus qui semble gagner chaque jour du terrain.

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De l’Amérique à l’Afrique, de l’Europe à la Russie via le Moyen-Orient, les huiles politiques et militaires évoquent grandement des vendeurs de logiciels antivirus qui ne font qu’implémenter et réactualiser les mêmes solutions face à des hackers qui recourent à l’ingénierie sociale et à des kits de piratage personnalisés.

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Artificialités futures – Les réseaux électriques intelligents, opportunités et vulnérabilités des villes de demain

Lorsque se pose la question de l’avenir énergétique des sociétés occidentales, une des hypothèses qui revient régulièrement dans les débats entre spécialistes concerne le développement de l’efficacité énergétique. En effet, si au lieu de tenter de réduire nos émissions de CO2 par KWh, nous tentions plutôt de réduire notre production énergétique ? En l’état ce serait déjà une option tout à fait réalisable, mais celle-ci s’effectuerait au détriment de la qualité de vie des habitants du Nord ; irréaliste donc.

Smart-GridUne solution se dessine alors, limiter les émissions de gaz à effet de serre lors de la production électrique, dans les centrales à charbon ou à gaz par exemple, en diminuant les pertes sur le réseau. En effet, selon les endroits de la planète, ces dernières peuvent atteindre les 50% de la production d’électricité ; il convient alors de mettre en place des politiques adaptées.

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Vivement une nano-banque à la sauce Uber ?

Avez-vous pensé à développer votre banque de dépôts dans un entrepôt sécurisé avec une batterie d’ordinateurs et de serveurs en compagnie de quelques collègues doués en finance et en informatique ? À l’ère du cloud, du Bitcoin et d’Uber, cette nano-banque ne relève ni de la science-fiction ni de l’hérésie, et n’est plus qu’une question de temps.

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Electrobank

À ce jour, notre conception de la banque demeure très industrielle et très commerciale, à l’image de l’établissement financier qui gère nos comptes bancaires avec ses subdivisions compartimentées (opérations courantes, épargne, entreprises, investissement), chacune plus ou moins interfacée aux autres via un système d’information ultra-complexe, cristallisant très souvent un mix indigeste de technologies (matérielles et logicielles) vieillissantes ou récentes, le tout assorti d’une montagne de licences, de certifications et de frais de gestion (en inflation chronique) nécessaires à l’exercice de ses activités… et hautement dissuasives pour les nouveaux entrants.

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EchoRadar, partenaire du FIC 2015

EchoRadar est partenaire de la septième édition du Forum International de la Cybersécurité qui se tiendra le 20-21 janvier 2015 à Lille.

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Le programme est ponctué de nombreux ateliers et de conférences. De grandes plumes et de grands esprits du cyber seront présents, à l’image de Bruce Schneier ou du Général Palomeros. Plusieurs prix tels que le prix du livre cyber et le prix de la PME innovante seront décernés. Pour les habitués des réseaux sociaux, les community managers du FIC 2015 sont déjà à pied d’œuvre.

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Mythes et réalités du voyage interstellaire

L’exploration du système solaire sera certainement une aventure à la fois humaine et robotique. Au-delà, commence un bond dans l’inconnu qui suscite de sérieux doutes sur nos capacités technologiques et nos projections existentielles à très long terme.

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Pourquoi rêver de voyages vers l’infini, Capitaine Kirk ?

Parce que la curiosité et le goût de l’aventure sont au coeur de la nature humaine et ont étroitement contribué à notre aventure terrestre depuis Homo Erectus. Les incessantes découvertes de systèmes extra-solaires – plus de 30 000 dans un rayon de 1000 années-lumière, selon les projections initiales (1) – ne feront qu’attiser notre convoitise.

Toutefois, un « Star Trek du pauvre » restera longtemps confiné à la science-fiction car le voyage interstellaire appelle quelques prérequis que nous analyserons en nous inspirant de maintes réalités historiques, scientifiques et technologiques.

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Big Bang Disruption ou le cauchemar de l’innovation dévastatrice

Selon Larry Downes et Paul Nunes, l’innovation combinatoire fait désormais jeu égal avec la recherche & développement, et donne naissance à une économie plus créative dans laquelle des myriades de geek, de makers et de start-up font et défont des industries entières en quelques semaines, puis subissent et accélèrent de facto le rythme des disruptions dévastatrices. Comment survivre dans un environnement aussi « schumpeterien » ?

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En 2010, le service en ligne Google Maps – développé cinq ans plus tôt par la firme de Mountain View – avait acquis ses lettres de noblesse auprès des automobilistes. Plutôt qu’investir dans un onéreux terminal GPS auto nécessitant une lourde mise à jour, le conducteur branche son smartphone sur l’allume-cigare de son véhicule, active l’application mobile Google Maps et bénéficie aussitôt d’une expérience de géolocalisation augmentée (indicateur de direction, assistance vocale, état du trafic, moteur de recherche) et totalement gratuite. En 18 mois, les firmes TomTom, Garmin et Magellan, leaders mondiaux des terminaux GPS depuis la fin des années 1990, assistèrent à l’effondrement brutal de leurs valeurs boursières et de leurs parts de marché, impuissantes qu’elles furent face à l’infomédiaire Google, nouvel entrant complètement inattendu dans l’industrie de la géolocalisation.

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