Tempête Rouge – Le succès de l’intervention militaire russe en Syrie (2015-2017)

Deux ans après l’intervention russe en Syrie, qu’on le déplore ou non (ce n’est pas le propos ici), il convient de constater que celle-ci est un succès et qu’il est possible d’en tirer quelques enseignements opérationnels. Cette intervention est un succès car elle a permis d’atteindre son objectif politique premier, qui était de sauver le régime syrien alors en grande difficulté, et même de contribuer à sa victoire probable. Le corps expéditionnaire russe a effectivement largement contribué à l’endiguement des forces rebelles à la fin de 2015 puis, en particulier avec la prise d’Alep, à la conquête presque définitive du grand axe de l’autoroute M5, centre de gravité du conflit, pendant l’année 2016 avant de lancer une campagne dans l’est désertique jusqu’au dégagement de l’aéroport de Deir ez-Zor, assiégé par l’Etat islamique.

La guerre est encore loin d’être terminée mais elle ne peut plus désormais être perdue par Assad. Il n’y a plus que deux pôles territoriaux rebelles arabes sunnites cohérents en Syrie : la partie de l’Euphrate syrien encore tenue par l’Etat islamique et surtout la province d’Idlib, aux mains d’une coalition de factions dominée par Hayat Tahrir al-Sham (ex-Jabhat al-Nosra). Les autres forces rebelles sont désormais éclatées et servent souvent de supplétifs à d’autres acteurs par ailleurs concurrents, comme la Turquie, le Parti de l’union démocratique kurde (PYD), la Jordanie, Israël ou les Etats-Unis. Encore une fois, cette évolution est largement le fait de l’intervention russe qui lui donne aussi un poids diplomatique particulier tant sur le théâtre lui-même, où la Russie sert d’intermédiaire avec quasiment tous les acteurs locaux ou extérieurs et sur la scène internationale, où elle apparaît à nouveau comme une puissance qui pèse sur les affaires du monde et avec laquelle il faut compter.

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La Marine nationale face à la menace « sea-skimming »

La nouvelle escarmouche Houthie (30 janvier 2017) face à l’Arabie Saoudite interroge sur les capacités de défense terminale à très courte portée dans la Marine nationale.

© Marine nationale. Le 24 juin 2014, les frégates de surveillance Floréal et Nivôse, basées à la Réunion, ont réalisé un tir simultané de leurs missiles anti-navires «Mer-mer 38». Le tir a été réalisé tandis que la frégate de surveillance Floréal, revenait de deux mois de mission Atalante de lutte contre la piraterie maritime au large de la Somalie et d’une patrouille de surveillance des zones économiques exclusives des îles Australes françaises dans le canal du Mozambique.

 

Si la noblesse de la guerre sur mer lorgne depuis un demi-siècle sur le Graal que pourrait être le missile anti-navire supersonique, voire hypersonique, c’est encore et toujours le missile subsonique qui produit le plus d’effets avec l’embarcation-suicide, succédanée de la vedette lance-torpilles.
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Suite de l’article précédent. Où notre auteur invité se penche sur des notions de tactique qu’il estime élémentaires.

I Leçons tactiques

Le vocabulaire

La première remarque que l’on peut faire est la méconnaissance du vocabulaire tactique, tant par les journalistes (hélas peu étonnant) que par certaines forces d’intervention. Si l’on veut faire la guerre, ou faire croire qu’on la fait, alors mieux vaut utiliser le vocabulaire qui s’y rapporte.

Source.

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Rugby, guerre et politique : similitudes ?

En janvier 2010, Invictus est sorti sur les écrans français. Ce film de Clint Eastwood montre comment le rugby a été considéré par Nelson Mandela, comme « la continuation de la politique par d’autres moyens ». La coupe du monde de rugby de 1995 a donc contribué à panser les blessures issues de l’apartheid et à construire une nouvelle identité sud-africaine.

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Alors que la coupe du monde bat son plein, force est de constater que le rugby comporte de nombreuses analogies avec le combat, les opérations ou la guerre. Certaines similitudes sont propres à ce sport alors que d’autres sont plus généralement communes au mouvement sportif. Le rugby aurait-il pour autant une fonction politique et sociale proche de celle de la guerre ?

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