Le Porte-avions et son escorte : héritage, nécessité non-exclusive et bénéfice partagé

C’est l’argument « anti-porte-avions » vieux comme son apparition : le pont plat serait un système d’armes au rendement inefficace. Il faudrait constamment l’escorter par des navires dédiés aux menaces sous-marines et aériennes, voire d’autres puisqu’il faut bien traiter les mines, par exemple. Pire, la composition du groupe aérien embarqué du mastodonte implique son adaptation aux menaces les plus en pointes dans sa zone d’intervention. A écouter l’accusation, le groupe aéronaval n’existerait que pour se protéger.

 

Est-ce anormale qu’il soit impératif d’escorter le porte-avions ? Non, et l’opinion majoritaire devrait en convenir car l’exemple historique montre qu’une escorte est nécessaire pour toute unité à haute valeur ajoutée, si ce n’est pour tout système d’arme structurant (char de bataille, AWACS, etc.). Sur mer, c’est le terrible XIXe siècle qui donne naissance à toute la complexité de l’escorte navale.

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1914-1918 : du sous-marin à la détection sous-marine, une guerre d’innovations

La 1ère Guerre mondiale reste, dans l’inconscient collectif, marquée par de terribles combats d’infanterie et d’artillerie. Ce conflit, considéré comme le premier conflit moderne de l’ère industrielle, possède, entre autres, la caractéristique de se produire simultanément sur terre, en mer et dans les airs. A l’émergence de l’aviation, dont l’emploi deviendra stratégique trois décennies plus tard, répondirent de nombreux affrontements maritimes. Essentiellement en surface mais, fait totalement nouveau, également sous la surface grâce à l’emploi d’une nouvelle arme : les sous-marins.

Si le rôle des sous-marins fut modeste voire frustrant [1] du côté français, l’approvisionnement en matières premières et l’acheminement de troupes, notamment américaines à partir d’avril 1917, vont devenir plus compliquées à réaliser. Notamment du fait de l’utilisation novatrice et finalement massive [2] des sous-marins par l’Allemagne. La mise au point de l’ASDIC [3], l’ancêtre du sonar, vers la fin de la guerre permettra cependant de répondre à une innovation par une autre innovation. La détection sous-marine venait alors de voir le jour et sa généralisation jouera un rôle crucial lors du conflit mondial suivant.

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