Les deux vainqueurs de la Coupe du Monde 2018 : la France et la Russie

Comme une image prémonitoire, la vidéo de lancement de la Coupe du Monde 2018 par la FIFA affichait un joueur en joie juste au dessus du drapeau français.

Sans extrapoler davantage, la victoire des bleus a été l’achèvement d’une longue campagne débutée laborieusement le 6 septembre 2016 sur la pelouse du Borissov Arena au Bélarus par les finalistes de l’Euro 2016. Cette finale perdue quelques semaines auparavant fut considérée à ce titre comme un réel crève-coeur puisque le Portugal l’emporta sur une équipe généreuse, talentueuse mais encore trop tendre sur le plan tactique et l’efficacité de l’effort. La défaite agit néanmoins comme un accélérateur de maturité sur l’ensemble de l’équipe qui apprit de ses erreurs et canalisa sa fougue sous la houlette du sélectionneur-entraîneur.

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Un russe nommé Poutine d’Héléna Perroud

Le 17 avril 2018, le Président français Emmanuel Macron s’exprimait devant le Parlement Européen et mettait en garde l’hémicycle devant le défi autoritaire que posaient Erdogan et Poutine à l’Europe. Ce discours faisait notamment suite à une série de frappes aériennes en Syrie pour punir le régime de Bachar El Assad d’une supposée attaque chimique dans le quartier de La Ghouta tenu par les djihadistes.

 

Cette allocution démontrait que Poutine reste un repoussoir pour les représentants des démocraties occidentales, d’autant que sa réelection le 18 mars 2018 a laissé entrevoir une prolongation de son action politique pour six ans supplémentaires.

C’est à point nommé qu’arrive la publication d’Héléna Perroud, Un russe nommé Poutine, celle-ci souhaitant initialement répondre à ses interlocuteurs : « Qui est Poutine ? Est-ce que les russes l’apprécient réellement ? ». Cette collaboratrice de Jacques Chirac alors Président de la République et ancienne directrice de l’Institut Français de Saint-Pétersbourg s’emploie à travers 320 pages à répondre à ces questions gigognes.

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Le cyberespace dans le discours de Vladimir Poutine à l’Assemblée Fédérale du 1er mars 2018

Vladimir Poutine fascine autant qu’il irrite en Occident. Plus encore depuis les évènements survenus en Ukraine en 2014 suivis du rattachement de la péninsule de Crimée à la Fédération de Russie ainsi que par son rôle d’acteur incontournable dans la crise en Syrie.

 

C’est dans un contexte très tendu dans ses relations avec ses homologues occidentaux que le président russe en pleine campagne de réélection s’est adressé aux représentants des deux chambres ainsi qu’aux membres du gouvernement Medvedev. Ce discours, principalement axé vers les problématiques internes, fut calibré pour être capté par les oreilles de pays alliés mais plus encore par celles d’États en friction avec la Russie. C’est d’ailleurs là tout l’intérêt de revenir sur cette tribune de pratiquement deux heures : comprendre, plus qu’apprendre, ce que le Kremlin envisage pour l’avenir du pays sitôt le processus électoral achevé.

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Les constructions navales russes maintiennent le cap en 2017

La fin de l’année 2017 aura été rythmée par les informations concernant les priorités financières et industrielles du nouveau programme d’armement 2018-2027, faisant presque passer au second plan les retards dans la livraison de plateformes attendues parfois de (très) longue date. Pourtant, il y aura eu des admissions au service actif plus nombreuses en 2017 qu’en 2016, tandis que le tempo des mises sur cale s’est globalement maintenu. La nature des plateformes concernées évolue, avec la présence de plus en plus marquée d’unités de combat disposant d’un faible tonnage, mais ayant vocation à mettre en œuvre un armement puissant (missiles Kalibr). Alors, que faut-il retenir des constructions navales pour la flotte russe en 2017 ?

*ce bilan porte sur les forces sous-marines et les navires de combat. La construction des bâtiments de soutien logistique et de service n’est pas prise en compte, sauf mention du cas contraire.

Nouvelles unités en surface : tonnage en baisse, nombre en hausse

La marine russe aura reçu en tout 30 nouvelles unités au cours de l’année 2017, selon son commandant en chef, l’amiral Vladimir Korolev. Parmi elles figurent 8 unités combattantes (contre 3 en 2016) dont la plus importante est la frégate Amiral Makarov (Projet 11356M). Et encore, dans les faits, il s’agit d’un acte de recette signé par le MinDéf russe (in extremis) le 27 décembre 2017, au chantier naval Yantar (Kaliningrad). Le bâtiment rejoindra la flotte de la mer Noire d’ici le printemps 2018. La seconde plateforme est la corvette Sovershennyi (Projet 20380), livré finalement à la flotte du Pacifique, après 11 ans de construction dans les cales du chantier naval de Komsomolsk s/Amour. Cette corvette est le premier nouveau bâtiment de combat de surface versé à la flotte du Pacifique dans l’histoire de la marine russe contemporaine. Trois vedettes de patrouille de type Raptor (Projet 03160) ont été livrées par le chantier Pella (Otradnoe) : 2 pour la flotte de la mer Noire et une pour celle de la Baltique. Enfin, trois vedettes anti-saboteur de type Gratchonok (Projet 21980) ont été admises au service actif au sein de la flotte du Nord (2) et au sein de la flotte du Pacifique (1?).

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Tempête Rouge – Le succès de l’intervention militaire russe en Syrie (2015-2017)

Deux ans après l’intervention russe en Syrie, qu’on le déplore ou non (ce n’est pas le propos ici), il convient de constater que celle-ci est un succès et qu’il est possible d’en tirer quelques enseignements opérationnels. Cette intervention est un succès car elle a permis d’atteindre son objectif politique premier, qui était de sauver le régime syrien alors en grande difficulté, et même de contribuer à sa victoire probable. Le corps expéditionnaire russe a effectivement largement contribué à l’endiguement des forces rebelles à la fin de 2015 puis, en particulier avec la prise d’Alep, à la conquête presque définitive du grand axe de l’autoroute M5, centre de gravité du conflit, pendant l’année 2016 avant de lancer une campagne dans l’est désertique jusqu’au dégagement de l’aéroport de Deir ez-Zor, assiégé par l’Etat islamique.

La guerre est encore loin d’être terminée mais elle ne peut plus désormais être perdue par Assad. Il n’y a plus que deux pôles territoriaux rebelles arabes sunnites cohérents en Syrie : la partie de l’Euphrate syrien encore tenue par l’Etat islamique et surtout la province d’Idlib, aux mains d’une coalition de factions dominée par Hayat Tahrir al-Sham (ex-Jabhat al-Nosra). Les autres forces rebelles sont désormais éclatées et servent souvent de supplétifs à d’autres acteurs par ailleurs concurrents, comme la Turquie, le Parti de l’union démocratique kurde (PYD), la Jordanie, Israël ou les Etats-Unis. Encore une fois, cette évolution est largement le fait de l’intervention russe qui lui donne aussi un poids diplomatique particulier tant sur le théâtre lui-même, où la Russie sert d’intermédiaire avec quasiment tous les acteurs locaux ou extérieurs et sur la scène internationale, où elle apparaît à nouveau comme une puissance qui pèse sur les affaires du monde et avec laquelle il faut compter.

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Les Kalibr à l’assaut du désert syrien

Les Kalibr à l'assaut du désert syrien

La marine russe a procédé à de nouvelles frappes avec des missiles de croisière Kalibr tirés depuis la Méditerranée contre des cibles de l’État islamique en Syrie. Que faut-il retenir de cette nouvelle démonstration de force ?

Il s’agit du quatrième tir du genre. Le premier avait eu lieu peu après le lancement de l’opération russe en Syrie, le 7 octobre 2015 : une salve de 26 missiles Kalibr alors avait été tirée depuis la mer Caspienne par la frégate Daghestan (Projet 11661K), et les corvettes lance-missiles Grad Sviazhsk, Uglitch et Velikiy Ustiug (Projet 21631) vers des cibles de l’EI. Quelques semaine plus tard, le 9 décembre 2015, le sous-marin B-237 Rostov-sur-le-Don (Projet 0636.3), alors en transit en Méditerranée afin de rallier la mer Noire, avait à son tour procédé à un tir de 4 missiles sur des objectifs situés à Raqqa. Enfin, le 15 novembre dernier, c’est la frégate Amiral Grigorovitch (tête de série du Projet 11356M, flotte de la mer Noire) qui a tiré une salve de 3 (?) missiles Kalibr.

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L’État tampon, un réducteur des risques de conflits

Le concept et le vocable d’Etat tampon semblent avoir disparu aujourd’hui du répertoire des qualifications politiques ou diplomatiques. Si des Etats tampons ont bien existé ou ont été désignés comme tels dans un passé encore récent, il apparaît qu’au début du 21ème siècle cette notion ne répond à aucune réalité identifiable en quelque lieu de la planète.

Carte de l’Europe durant la Guerre Froide

Il relèverait cependant d’une courte vue et d’une forme d’inintelligence en matière de relations internationales de considérer l’Etat tampon comme un modèle obsolète au motif qu’il appartiendrait au passé. La problématique le concernant s’établit par essence dans un champ permanent et non contingent de ces relations. A ce titre, elle relie trois niveaux d’approche : d’abord un rappel des Etats tampons ayant réellement existé de fait ou de droit dans l’utilité de leur rôle ; ensuite les raisons de leur quasi disparition actuelle ; enfin l’examen  des risques et des menaces induits par leur effacement en opposition aux atouts et aux opportunités de leur rétablissement.

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Zbiegniew Brzezinsky brise son échiquier et prône un rapprochement US-Russie-Chine

Dans la fureur des duels électoraux, un article publié au printemps 2016 par Zbiegniew Brzezinski est passé complètement inaperçu. Dans « Toward a Global Realignment » (The American Interest), le plus influent artisan de la politique étrangère américaine recommande vivement aux Etats-Unis d’assumer leur repli et de se réconcilier avec la Russie et la Chine afin de « redéfinir une architecture mondiale du pouvoir »… et de gérer conjointement les futurs risques et crises sécuritaires dans le monde arabo/musulman en particulier, et dans le tiers-monde en général.

Zbigniew Kazimierz Brzezinski est né en 1928 à Varsovie (Pologne). Son père diplomate était en poste au Canada lorsque le pacte germano-soviétique fut signé et ne put donc rentrer avec sa famille au bercail. Plus tard, « Zbieg Brzez » épousa  Emilie-Anne Benes, nièce de l’ancien président tchécoslovaque Edvard Benes. Ce parcours personnel expliquerait-il, parmi d’autres facteurs, son aversion profonde pour l’URSS et/ou la Russie ?

Après avoir consacré sa carrière académique à étudier le totalitarisme soviétique et à forger une vision géostratégique sur le rôle prépondérant de l’Amérique dans le monde, Brezinski gravit les échelons au département d’Etat et en devint le secrétaire sous l’administration Jimmy Carter (1977-1981). Il fut également membre du Council of Foreign Relations (CFR), du National Endowment for Democracy (NED), de divers think tanks et organismes spécialisés dans la défense et/ou la politique étrangère, eut l’oreille du président George Bush père au plus fort de la chute de l’URSS, et conseilla le futur président Barack Obama en affaires étrangères au cours de sa campagne électorale.

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