Le GAn dans la mission Chammal (2015-2016) : de mauvais indicateurs opérationnels ?

Nous donnions notre avis sur l’intérêt de l’engagement du Groupe Aéronaval (GAn) au sein de la mission Chammal pour les années 2015 et 2016. Nous tentions alors de calculer les capacités consommées par le porte-avions et le GAé (Groupe Aérien embarqué). Seul un terrien s’est presque offusqué de l’évaluation chiffrée proposée par nous au titre qu’elle était particulièrement dure, et injuste en raison de la diplomatie aéronavale annexe non-présentée.

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Pourtant, la communication opérationnelle, proposée aux journalistes depuis le porte-avions à quai à Toulon ou s’étalant sur les comptes de l’état-major des Armées sur les réseaux sociaux, nous semble en décalage, voire paradoxale, entre les moyens mis en œuvre, les objectifs militaires affichés, la justification de l’existence des outils et les passions de l’opinion.

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Affirmation du rang de la France : le GAn dans les océans Indien et Pacifique ?

La Marine nationale fournissait, au titre de l’effort de guerre contre le groupe dit « Etat Islamique » et les forces de Bachar El-Assad, le GAn (Groupe Aéronaval), centré sur le porte-avions Charles de Gaulle, comme outil de diplomatie navale afin de tenter d’influencer la décision à terre pour reprendre les cheminements stratégiques de Julian S. Corbett et du général Beaufre.

© Etat-major des Armées/Marine nationale.

Toutefois, eu égard à la modeste activité aérienne française, comparativement à l’intervention russe, nous proposons de nous interroger sur la pertinence de l’emploi du GAn quand des croisières à destination de l’Inde, de l’Australie, de la Chine ou du Japon auraient pu paraître plus efficaces sur le plan politique.
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Le SCAF ira-t-il sur la galère ?

C’est peut-être l’un des plus importants programmes d’armement, avec la dissuasion nucléaire, tout en étant le moins sujet aux commentaires et analyses dans les médias. Le Système de Combat Aérien du Futur (SCAF) ne vise rien de moins que de préparer la succession du Rafale, l’avion de combat de la France. Le programme Rafale déplace un coût global de 46,4 milliards d’euros (soit 18 porte-avions). Et pourtant, son successeur ne prépare toujours pas complètement l’avenir du vecteur aérien armé en France, voire dans toute l’Europe.

© Inconnu. The X-47B UCAS first taxied on the deck of the USS Harry S. Truman (CVN-75) during deck handling trials conducted in Nov, Dec 2012.

© Inconnu. The X-47B UCAS first taxied on the deck of the USS Harry S. Truman (CVN-75) during deck handling trials conducted in Nov, Dec 2012.

 

Le SCAF est l’aboutissement, du côté français, d’un certains nombres de recherches, de programmes d’études amont menés depuis des années par les industriels sous la férule de la DGA. Du LOGIDUC (LOGIque de Développement d’UCav) de Dassault lancé en 1999 jusqu’au SCAF/FCAS de 2014 entre Dassault et BAE, la France (LOGIDUC), une partie de l’Europe (nEURON) et l’Entente cordiale (SCAF/FCAS) préparent l’avion de combat de demain.

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Intégration des BPC russes dans la Marine : quelle(s) utilisation(s) ?

Nous supputons un quelconque règlement du conflit Paris et Moscou sur l’exécution du contrat de vente (24 janvier 2011), en transferts de technologie, des deux Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) de classe Mistral (les Sebastopol et Vladivostok). Il n’y aurait pas eu de revente à une tierce marine. Selon Bernard Prézelin, l’auteur de Flottes de combat, seules les marines du Canada, Brésil, de l’Afrique du Sud et de l’Inde auraient pu absorber ces quelques 40 000 tonnes.

 

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© Marine nationale. Un Chinook japonais sur le Dixmude lors d’un exercice trilatéral (France, Japon et Etats-Unis) les 16-17 mai 2015.

Les Mistral déplacent 16 500 tonnes à vide pour 21 500 tonnes à pleine charge. Avec 199 mètres de longueur, pour 32 de large, ils disposent d’un pont d’envol de 6400 m². Ils sont assez comparables aux 24 000 tonnes à vide des porte-avions Clemenceau et Foch (pont d’envol de 8800 m²) mais inférieurs au Charles de Gaulle (42 500 tonnes pour un pont d’envol de 12 000 m²)…

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La stratégie maritime comme interface du politique et du militaire dans l’œuvre d’Hervé Coutau-Bégarie

Les 10, 11 et 12 mars 2015 se déroulait dans la capitale des Gaules un ambitieux colloque pour « Repenser la Guerre ». Celui-ci était organisé en hommage au professeur Coutau-Bégarie, dans l’enceinte de l’université Jean Moulin (Lyon III).

La communication du professeur Martin Motte (Directeur d’études à l’EPHE, enseignant à l’Ecole de Guerre et membre du CESM) – « La stratégie maritime comme interface du politique et du militaire dans l’œuvre d’Hervé Coutau-Bégarie » – ne pouvait qu’intéresser tous ceux ayant apprécié l’apport du maître à la stratégie maritime en France.

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Avant de poursuivre, il est parfaitement entendu que les propos rapportés (ci-dessous) ne sont qu’une transcription de cette communication. Toute erreur ou méprise, tout ajout ou oubli ne saurait être que de la seule responsabilité de l’auteur de ces lignes.

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Le Porte-avions et son escorte : héritage, nécessité non-exclusive et bénéfice partagé

C’est l’argument « anti-porte-avions » vieux comme son apparition : le pont plat serait un système d’armes au rendement inefficace. Il faudrait constamment l’escorter par des navires dédiés aux menaces sous-marines et aériennes, voire d’autres puisqu’il faut bien traiter les mines, par exemple. Pire, la composition du groupe aérien embarqué du mastodonte implique son adaptation aux menaces les plus en pointes dans sa zone d’intervention. A écouter l’accusation, le groupe aéronaval n’existerait que pour se protéger.

 

Est-ce anormale qu’il soit impératif d’escorter le porte-avions ? Non, et l’opinion majoritaire devrait en convenir car l’exemple historique montre qu’une escorte est nécessaire pour toute unité à haute valeur ajoutée, si ce n’est pour tout système d’arme structurant (char de bataille, AWACS, etc.). Sur mer, c’est le terrible XIXe siècle qui donne naissance à toute la complexité de l’escorte navale.

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