Zbiegniew Brzezinsky brise son échiquier et prône un rapprochement US-Russie-Chine

Dans la fureur des duels électoraux, un article publié au printemps 2016 par Zbiegniew Brzezinski est passé complètement inaperçu. Dans « Toward a Global Realignment » (The American Interest), le plus influent artisan de la politique étrangère américaine recommande vivement aux Etats-Unis d’assumer leur repli et de se réconcilier avec la Russie et la Chine afin de « redéfinir une architecture mondiale du pouvoir »… et de gérer conjointement les futurs risques et crises sécuritaires dans le monde arabo/musulman en particulier, et dans le tiers-monde en général.

Zbigniew Kazimierz Brzezinski est né en 1928 à Varsovie (Pologne). Son père diplomate était en poste au Canada lorsque le pacte germano-soviétique fut signé et ne put donc rentrer avec sa famille au bercail. Plus tard, « Zbieg Brzez » épousa  Emilie-Anne Benes, nièce de l’ancien président tchécoslovaque Edvard Benes. Ce parcours personnel expliquerait-il, parmi d’autres facteurs, son aversion profonde pour l’URSS et/ou la Russie ?

Après avoir consacré sa carrière académique à étudier le totalitarisme soviétique et à forger une vision géostratégique sur le rôle prépondérant de l’Amérique dans le monde, Brezinski gravit les échelons au département d’Etat et en devint le secrétaire sous l’administration Jimmy Carter (1977-1981). Il fut également membre du Council of Foreign Relations (CFR), du National Endowment for Democracy (NED), de divers think tanks et organismes spécialisés dans la défense et/ou la politique étrangère, eut l’oreille du président George Bush père au plus fort de la chute de l’URSS, et conseilla le futur président Barack Obama en affaires étrangères au cours de sa campagne électorale.

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L’impossible vérité sur le piratage du Parti Démocrate et les hackers russes

Quelques semaines après l’élection de Donald Trump, les agences américaines de renseignement ont publié une synthèse sur le piratage du Parti Démocrate par des hackers russes et la transmission à Wikileaks des emails dérobés en vue de nuire à la campagne électorale de Hillary Clinton. Malheureusement, la crédibilité de ce rapport fut vite cannibalisée par la culture du secret et par les pesanteurs stratégiques et industrielles de la cybersécurité et du renseignement électronique.

Publié en décembre 2016 par plusieurs services américains de sécurité (FBI, CIA, DNI, DHS, US-CERT), le rapport Grizzly Steppe était d’abord et surtout un produit dérivé des conclusions de CrowdStrike et de Fire Eye, firmes spécialisées dans la cybersécurité et l’expertise informatique. Ce document évoque « une activité cyber malicieuse russe », décrit quelques fondamentaux de la guerre d’information made in Russia, et compile des signatures de malwares génériques, des botnets, des fuseaux horaires, des adresses IP et des services Web (Tor, Google, Dropbox, Yahoo!) couramment utilisés par des hackers et des spammers du monde entier… et connus depuis belle lurette par les experts en sécurité informatique qui avaient hâte d’analyser de véritables « indicateurs de compromission » (indicators of compromise) caractérisant précisément la cyberattaque l’intrusion et attribuant incontestablement celle-ci à des hackers russes.

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How the Trump stole Christmas

Il était une fois le plus grand, le plus puissant, et surtout le plus riche royaume du monde. On y avait pris l’habitude de dépenser sans compter le trésor de l’Etat, à tel point que certains considéraient même dans les grandes manufactures du pays qu’un Noël par an ne suffisait plus, et que l’on pourrait en célébrer un deuxième, un troisième, voire un quatrième. En effet, les principaux bénéficiaires de cette boulimie industrielle n’étaient autre que les fabricants de jouets. Jouets pour enfants… jouets pour adultes surtout. Aussi bien que plus personne ne ressentait le besoin de croire à l’illustre Père Noël… le royaume se suffisait bien à lui-même, et pouvait même combler les besoins de ses nombreux alliés !

Depuis des décennies, chacun des illustres dirigeants du royaume avait pris l’habitude de commander des centaines, des milliers parfois, d’objets flattant la toute puissance de leur nation. Les usines tournaient à plein régime, facturant au prix fort auprès de la Grande Maison Blanche (le palais d’où était dirigé le royaume) des produits luxueux qui la feraient rayonner de par le monde, bien au delà de ses frontières. Il en était ainsi depuis plus d’un demi-siècle alors que brusquement… le vent tourna. Et personne ne fut en mesure de le présager.
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Vlad et les Lilliputiens

Il y a très longtemps dans un lointain pays habitaient les Lilliputiens, une peuplade très étrange. Elle était dotée d’une grande intelligence, d’un sens artistique développé, de capacités d’abstraction étonnante et, dit-on, de prodigieux savoirs tant scientifiques que philosophiques. Parée d’autant de talents et de savoirs, elle faisait également montre d’une grande cruauté et de violences en tous genres.  Cette peuplade, composée de nombreuses tribus, se divisait en deux grandes castes : les leaders et les followers.

Les leaders, peu nombreux mais immensément riches et puissants, étaient d’un grand cynisme et se reconnaissaient par leurs tenues coûteuses et souvent excentriques, leurs véhicules richement décorés et leurs mœurs égotistes, souvent dissolus et généralement psychotiques. Continue Reading

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Guerre froide 2.0 : Spin Doctor américain contre Troll russe

USA : La Russie est la menace ultime pour l’Amérique et pour le monde. | Russie : L’Amérique veut dominer le monde et soumettre la Russie.

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USA : La Russie est obsédée par son passé impérial et veut restaurer sa grandeur soviétique. Nous protégerons l’Europe contre ses visées expansionnistes.

Russie : L’Amérique défend jalousement l’ordre mondial et veut enrayer son déclin. Nous protégerons l’Eurasie contre ses ambitions hégémoniques.

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Contes & légendes stratégiques… et déjantés de Noël

Fidèles lecteurs, vous le savez : demain, c’est Noël. Tous les sites internet s’affolent, s’agitent et rivalisent d’ingéniosité ou de marketing mensonger pour vous fidéliser, ou plutôt fidéliser votre porte-monnaie. Ici, rien de tel, c’est une autre forme de fidélisation qui est à l’œuvre : celle de vos neurones.

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Cette fin d’année, le dossier de Noël est consacré aux Contes & Légendes Stratégiques (et déjantés ?). Laissez-vous donc bercer par la prose de nos auteurs que le monde s’arrache, par la fulgurance de leur pensée et la pertinence de leur réflexion. Et tout ceci à un rythme de publication aléatoire, pour respecter la fameuse surprise stratégique. A demain… et Joyeux Noël / Merry Xmas !

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Alep: le choix du déshonneur

Alep, 1,7 million d’habitants avant la guerre, chef-lieu du gouvernorat le plus peuplé de Syrie, est coupée en deux. La partie occidentale est sous le contrôle des forces de Damas, tandis que la partie orientale, assiégée, est tenue par des factions rebelles, parmi lesquelles des mouvements jihadistes comme Jabhat Fath al-Sham. Depuis la fin précipitée de la dernière « trêve » en date, le 19 septembre 2016, les forces aériennes syriennes, mais aussi et surtout russes, bombardent Alep Est jour et nuit, avec la dernière violence. Des bombes perforantes BeTab-500, conçues pour pénétrer profondément avant d’exploser, abattent des blocs d’immeubles entiers. Des armes incendiaires chargées de compositions aluminothermiques – plus efficaces encore que le phosphore quand il s’agit d’allumer des foyers – pleuvent sur des quartiers résidentiels. De façon récurrente, manifestement délibérée et de mieux en mieux documentée, marchés, hôpitaux et services de secours sont les cibles de frappes aériennes sélectives.

Alep, le 24 septembre 2016.

Alep, le 24 septembre 2016. « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs »?

Pays occidentaux et ONU dénoncent, déplorent, se lamentent, mais assistent à ce massacre organisé, empêtrés dans une coupable impuissance. Ceux qui ont l’âge de se souvenir de la bataille de Sarajevo et de l’infâme massacre de Srebrenica sont désormais familiers de la chose. Au sein des classes politiques et opinions publiques occidentales, ce type de drame est de plus en plus perçu comme une fatalité, d’autant que la fuite par la bonne excuse est de loin l’exercice le plus confortable quand on se trouve confronté à ses propres devoirs. Nous tenterons ici un panorama, non exhaustif mais critique, des poncifs, banalités, prétextes à bon marché et autres calembredaines que les horreurs d’Alep inspirent à une très vieille civilisation qui, de Sarajevo à Grozny et de Hanoï à Alep, n’apprend plus rien de ses propres errements et se déshonore face à des défis pourtant existentiels.

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Ghost Fleet imagine une guerre Chine vs. Etats-Unis au 21ème siècle

À l’ère de l’humain augmenté, de l’informatique ubiquitaire et de la robotique intelligente, la Chine et les Etats-Unis s’affrontent ouvertement dans l’Océan Pacifique. Les deux belligérants se gardent tacitement de tout recours aux armes nucléaires et manoeuvrent sans retenue sur terre, en mer, dans les airs, dans le cyberespace et dans l’orbite basse. Savamment inspirés par Tom Clancy, les stratégistes Peter W.Singer et August Cole mêlent habilement science-fiction et prospective dans une œuvre au tambour battant.

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Peter Warren Singer, auparavant auteur de Wired For War : The Robotic Revolution And Conflict In The 21st Century, est rédacteur au webzine Popular Science et a étroitement contribué à la conception du très populaire jeu vidéo Call of Duty. Augsut Cole, ex-journaliste spécialisé dans l’industrie militaire au Wall Street Journal et membre de l’International Institute For Strategic Studies, dirige et anime la plate-forme Art of Future Warfare. Les deux auteurs ne cachent guère leur admiration pour Tom Clancy et leur préférence pour son roman Tempête Rouge (Red Storm Rising) qui met en scène une guerre froide brutalement réchauffée en Europe et sur l’Océan Atlantique. Ils sont également influencés par les séries télévisées Battlestar Galactica et Game of Thrones, la saga Star Trek et le film Aube Rouge (Red Dawn).

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