Forces de l’ordre : refonder la formation

Actuellement la formation des membres des forces de l’ordre repose essentiellement sur le droit pénal. Si cela apparaît non dénué de fondement au vu de leurs missions répressives, ce point de départ a plusieurs conséquences pratiques :

  • cela les axe principalement sur l’aspect répressif de leur mission ;
  • comme ils ne consacrent pas leur vie entière au droit, ils peuvent être vus par les professions judiciaires comme des amateurs cherchant parfois à se hausser vainement au niveau des professionnels.

La conséquence de ce deuxième point est que, dès le commencement de leur exercice professionnel, ils sont confrontés à un problème de positionnement. Car les mêmes attitudes que celles décrites par Norbert Elias dans la société de cour sont encore à l’œuvre : une absence de regard d’approbation de la part de celui qui détient le pouvoir (ou le savoir), et voilà la disgrâce…

Source

Pourtant, il serait temps que les intéressés s’en persuadent : ils ne seront jamais considérées comme de vrais juristes par ceux qui estiment l’être (magistrats, avocats).

Mais est-ce un réel problème ?

Continue Reading

Share/Partage

L’État : pourquoi?

 Rapide réflexion sur le rôle et surtout la justification de l’État, par une approche systémique. Pour atteindre cet objectif, il convient de revenir aux fondamentaux : à quoi sert l’État?

 

Réponses :

  • à garantir l’intégrité physique de ses administrés
  • à protéger la propriété de ses administrés
  • à mettre en commun les ressources jugées vitales puis utiles à la collectivité
  • à assurer une défense commune
  • à résorber des litiges pouvant dégénérer par la vengeance privée

Tout part d’un constat : l’homme doit pouvoir se défendre contre l’environnement hostile, y compris ses semblables, et pour cela doit pouvoir compter sur une entité dont il accepte le fonctionnement en contrepartie de certaines garanties. Lesquelles sont par ailleurs individuelles avant de se fondre dans l’intérêt collectif.

L’étape suivante se définirait par la question suivante : comment doit fonctionner l’État?

Continue Reading

Share/Partage

De la Catalogne à l’Alsace, gestion de crises territoriales

En cette semaine de fin septembre, deux évènements ont été relayés par les médias : l’un de portée internationale, l’autre de portée régionale mais tous deux puisant dans le même phénomène.

 

Le premier a trait à l’organisation du référendum en Catalogne le 1er octobre 2017, et le second est lié à la démission fracassante du président de la  région du Grand Est le 28 septembre 2017.

Si la situation en Catalogne fut âprement commentée, c’est en raison de la tension croissante qu’a suscité la décision par les responsables catalans de tenir cette consultation déclarée illégale par Madrid. D’où une multitude de pressions par l’exécutif, relayé par le pouvoir judiciaire et les actions policières, afin de perturber voire annuler la tenue de ce référendum.

Continue Reading

Share/Partage

Un monde s’effondre, tout devient possible : 2016, une année charnière

« Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s’effondre devant nos yeux. Un vertige ». Ainsi s’est exprimé Gérard Araud, ambassadeur de France aux États-Unis, sur son compte Twitter : un gazouilli consécutif à la victoire de Donald Trump lors des élections américaines qui suscita de très nombreuses réactions des deux côtés de l’Atlantique. Pourtant ce message à chaud, supprimé quelques heures après, ne manquait guère de justesse dans le propos.

 
Comment ne pas abonder en son sens au regard de ce que fut cette année 2016 et des nombreuses surprises électorales qu’elle revêtit? Sans s’étendre sur les évènements annexes, ayant eu des répercussions directes ou indirectes sur la décision des électeurs, il est perceptible qu’un mouvement de fond est en cours depuis plusieurs années avec des accalmies et des reprises soudaines. L’année 2016 est exceptionnelle à ce titre dans le sens où elle défia tous les pronostics, et pour tout dire, ébranla toute une mécanique savamment huilée par des décennies d’usage. La démocratie, et son corollaire le système de votation, prouva qu’elle pouvait devenir une arme en les mains d’une frange conséquente de la population ulcérée d’être sempiternellement moquée, méprisée et sermonnée par la classe politique comme médiatique.

Continue Reading

Share/Partage

Éthique de conviction

Max Weber, bien qu’avocat et docteur en droit, est considéré comme un des fondateurs de la sociologie. Signataire du traité de Versailles en 1918 et ayant participé à la rédaction de la constitution de Weimar, il est aussi (plus ?) célèbre pour avoir énoncé que l’État a le monopole de la violence légitime (ce qui, au passage, est une drôle de manière de définir l’État, car énoncer que sa caractéristique essentielle est la violence ne donne pas confiance…) et pour avoir distingué l’éthique de conviction de celle de responsabilité dans son ouvrage Le savant et le politique. L’actualité nous montre une illustration de cette dichotomie.

Pour Weber donc, il y a deux éthiques de l’action politique, l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité. Plutôt que de gloser sur ces termes et de les paraphraser, autant revenir à la source :

Continue Reading

Share/Partage

L’Echo du mois avec Sylviane Toporkoff – « Global Forum – Shaping The Future »

L’Echo du mois permet d’échanger, au travers d’un entretien,  avec des personnalités dont l’action s’inscrit dans les thèmes relatifs à la stratégie, à ses diverses variantes, à ses évolutions technologiques et à leur influence sur celle-ci.

Ce mois-ci, dix questions à Sylviane Toporkoff en avant-première du « Global Forum – Shaping the Future » dont l’édition 2014 se tiendra à Genève les 17 et 18 novembre prochain (Merci à J.-F. Soupizet).

Sylviane_Toporkoff

Sylviane, tout d’abord pouvez vous nous dire quel est votre parcours ?

Docteur d’État ès sciences économiques de l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, j’enseigne à l’Université Paris 8 où mes cours son centrés sur l’économie de l’information et les projets européens.

Je m’intéresse par ailleurs aux villes et territoires intelligents, à l’énergie intelligente (smart energy), aux infrastructures numériques, aux applications et usages numériques, aux données, aux industries créatives.

Enfin, j’ai lancé  il y a quelques années le « Global Forum shaping the future » qui est un forum de très haut niveau, international et neutre, dédié à la réflexion sur le futur numérique et les changements économiques, industriels, sociaux, sociétaux et culturels de la société de l’information. Continue Reading

Share/Partage