Forces de l’ordre : refonder la formation

Actuellement la formation des membres des forces de l’ordre repose essentiellement sur le droit pénal. Si cela apparaît non dénué de fondement au vu de leurs missions répressives, ce point de départ a plusieurs conséquences pratiques :

  • cela les axe principalement sur l’aspect répressif de leur mission ;
  • comme ils ne consacrent pas leur vie entière au droit, ils peuvent être vus par les professions judiciaires comme des amateurs cherchant parfois à se hausser vainement au niveau des professionnels.

La conséquence de ce deuxième point est que, dès le commencement de leur exercice professionnel, ils sont confrontés à un problème de positionnement. Car les mêmes attitudes que celles décrites par Norbert Elias dans la société de cour sont encore à l’œuvre : une absence de regard d’approbation de la part de celui qui détient le pouvoir (ou le savoir), et voilà la disgrâce…

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Pourtant, il serait temps que les intéressés s’en persuadent : ils ne seront jamais considérées comme de vrais juristes par ceux qui estiment l’être (magistrats, avocats).

Mais est-ce un réel problème ?

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Commander c’est renoncer

Une petite réflexion m’est venue sur le commandement. On ne cesse de dire que commander c’est choisir.

Le plus souvent, on considère que ce choix consiste à établir des priorités, donc à établir ce qu’on va faire en premier, puis en second, etc…

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Cela amène à des contradictions comme le fameux « tout en » que j’ai vu apparaître dans de nombreux ordres de toute nature : « faire ceci tout en faisant cela », ce qui signifie qu’on ne choisit pas vraiment puisqu’on met deux choses de même rang. ON ne classe pas, on ne priorise pas, on ne décide pas.

Il reste que le vrai choix ne porte pas sur le point d’effort, contrairement à ce que tout le monde pense. Non, le choix consiste à décider ce à quoi on renonce. C’est le renoncement qui marque les priorités…

Dans notre méthode de raisonnement tactique, il faudrait en fait qu’on examine les options et qu’on propose au chef d’éliminer celles qui ne sont pas essentielles, même si elles contribueraient à l’effet général.

Mais l’économie des moyens et la concentration des efforts doivent nous forcer à ne pas tout faire. Donc à se découvrir dans des lieux évalués. Donc à prendre des risques…

Voilà le vrai risque de la décision : celui des choses qu’on abandonne….

O. Kempf

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