Armes miraculeuses, armes de rupture ? Le nucléaire est-il une arme décisive et miraculeuse ?

S’il est une arme qui paraît « miraculeuse », au sens où elle décide de l’issue de la guerre, c’est bien l’arme nucléaire. Elle fut l’objet d’une course aux armements dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, course finalement gagnée par les Américains, non d’ailleurs contre les Allemands mais contre les Japonais. Cependant, il convient de relativiser un peu le miracle occasionné, tout comme on peut interroger la notion de décision qui accompagne désormais l’usage militaire de l’atome.

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I Notion stratégique de Wunderwaffen

Qu’est-ce que les Wunderwaffen ? S’agit-il d’armes miraculeuses, ce qu’une traduction immédiate suggèrerait ? ou d’une arme décisive, apte à retourner le cours de la guerre ? Le Wunder est un « miracle » mais wunderbar signifie « formidable ». Définissons donc cela brièvement, hors de tout arrière-plan historique (discours de propagande allemand en 1944 et 1945) : la Wunderwaffe serait alors une arme dont les caractéristiques techniques permettent d’emporter localement la décision, d’inverser le rapport de force voire de modifier le cours du conflit.

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Armes miraculeuses, armes de rupture ? Le T-35 : un monstre d’acier au profit d’une doctrine novatrice

Dans la continuité de ce dossier consacré aux armes décisives, ou prétendument telles, je me penche sur le cas du T-35 conçu et réalisé en URSS : un monstre blindé né durant la période d’inter-guerre des années 1930. Il symbolise le désir à la fois de répondre à une volonté de donner au nouvel État (l’Union Soviétique n’existe que depuis décembre 1922) un parc de chars lourds tout en s’inscrivant dans une optique symbolique destinée à marquer les esprits par le gigantisme des réalisations.

T-35 Union Soviétique

Si l’on a coutume de citer les armes nazies comme ayant frisé le délire pour leur cahier des charges ayant parfois même atteint une certaine réussite, à tout le moins technologique, il n’en va pas de même pour leurs némésis soviétiques. À la décharge de l’Union Soviétique, la première guerre mondiale puis la guerre civile et enfin la guerre polono-soviétique aboutirent à une saignée humaine comme industrielle. De ce chaos naquirent, ou plutôt se révélèrent, quelques grands esprits militaires mais aussi, fait plus méconnu, quelques tentatives d’innovation afin de préparer au mieux la future guerre que Staline pressentait. Le T-35 est l’une de ces incroyables histoires vraies qui fut au final moins décisif par sa présence que par l’accréditation d’une doctrine et d’une croyance en l’arme blindée.

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Armes miraculeuses, armes de rupture ? Pourquoi Hitler n’a pas eu la bombe atomique ?

Recension du livre de Nicolas CHEVASSUS-AU-LOUIS

« Au matin du 6 août 1945, la première bombe atomique de l’histoire explose sur Hiroshima, tuant sur le coup 75000 personnes. Des dizaines de milliers d’autres périront dans les jours, les mois, les années à venir des séquelles de leurs brûlures et de l’irradiation ».
Cette ultime démonstration de force des États-Unis a considérablement changé la donne stratégique de la Seconde guerre mondiale et de l’ensemble des conflits futurs. La frappe nucléaire devenant l’arme de dissuasion absolue, l’arme qui instaure la peur face à ce que pourrait être à nouveau une véritable catastrophe humaine.

9782717865936Les deux frappes nucléaires américaines des 6 et 9 août 1945 interviennent à la grande surprise des dix physiciens allemands prisonniers des Alliés à Farm Hall, maison sous écoute et lieu de l’opération Epsilon [1] .
Cet étonnement sincère démontre que l’élite scientifique allemande n’était donc pas intellectuellement prête de son côté à concevoir intégralement l’arme nucléaire malgré des recherches poussées dans cette matière. Ces écoutes révèlent également que les physiciens allemands eux-mêmes vont avancer toutes sortes d’explications au fait que l’Allemagne n’ait pas réussi à fabriquer avant les États-Unis la bombe nucléaire.
Pourquoi, (heureusement !), Hitler n’a pas eu la bombe atomique ? L’Allemagne nazie était-elle oui ou non en mesure de concevoir une bombe atomique durant la Seconde guerre mondiale ?
Le livre de Nicolas Chevassus-Au-Louis présente, du côté de l’Allemagne, les différents épisodes de la course à l’atome durant la Seconde guerre mondiale.

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Armes miraculeuses, armes de rupture ? Wunderwaffen : l’absence de l’Unterseeboot

Le webzine EchoRadar lance un nouveau dossier thématique portant sur les armes miraculeuses, armes de rupture ? L’introduction de ce dossier vous propose les orientations générales qui seront abordées dans les billets des échoradaristes. Dossier au potentiel extrêmement vaste et chacun de nous souhaite toucher un point particulier. 

1024px-2004-Bremerhaven_U-Boot-Museum-Sicherlich_retouched© Wikipédia. L’U-2540 en 2004. 

Le propos de ce jour s’insère dans la partie wunderwaffen de ce dossier. Les deux premières participation à cette partie du dossier abordaient, pour la première, Le miracle [qui] n’est pas venu ciel (Si Vis Pacem) et pour la seconde, Le Spectre de l’Antarctique (Le Chardon), sixième tome d’une série de BD ayant fait le choix de l’uchronie.

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Armes miraculeuses, armes de rupture ? BD Wunderwaffen : le spectre de l’Antarctique

Le blogzine Echoradar, auquel j’ai l’honneur d’appartenir, lance un dossier collectif sur les Wunderwaffen et autres armes miraculeuses. Un premier article a déjà montré que le miracle n’est pas venu du ciel. Je ne saurais être aussi savant et me suis dit que vous étiez peut-être à la recherche de cadeaux pour Noël : pourquoi ne pas penser à la série de BD intitulée justement Wunderwaffen, dont le tome 6, le Spectre de l’Antarctique, vient précisément de paraître ?

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Car en fait, ce thème des Wunderwaffen a donné place à un genre, celui de l’uchronie autour de la Deuxième guerre mondiale. Une uchronie permet de broder sur une hypothèse : Et si… ?

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Armes miraculeuses, armes de rupture ? Wunderwaffen : le miracle n’est pas venu du ciel

Si le régime nazi incarne sans conteste le « mal absolu », l’histoire des sciences et des technologies pourrait cependant retenir de cette sombre période des avancées réelles et, parfois, des ruptures technologiques directement issues du conflit de la Deuxième guerre mondiale. Quelques projets emblématiques, parmi les innombrables à avoir été développés, auront durablement marqué les esprits durant la guerre et l’après-guerre. Si, presque immédiatement, les fusées V1 et V2 viennent à l’esprit, il existe pourtant une pléthore d’armes à être restées, pour la plupart, cantonnées dans quelques brillants cerveaux et aux tables à dessin.

Horten Ho IX (Source)

Pour d’autres, notamment dans le domaine aéronautique, les essais en vol voire une utilisation opérationnelle ont pu souligner la supériorité que ces armes, qualifiées de miraculeuses (“Wunderwaffen”), auraient apportées au IIIème Reich s’il ne s’était heureusement écroulé en 1945. Cet article cherche, à travers quelques exemples emblématiques, à illustrer la rupture que ces armes auraient pu entraîner dans le domaine aérien. Continue Reading

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Armes de rupture, armes miraculeuses ? Un dossier EchoRadar

Qu’y a-t-il de commun entre les “bouches à feu” (canons) françaises des victoires de Castillon (1453) et de Marignan (1515), les galéasses vénitiennes de la bataille de Lépante (1571), l’introduction du tank durant la Première guerre mondiale ou les fusées nazies V1 et V2 de la Deuxième guerre mondiale ? En apparence, il paraît difficile sinon impossible de répondre à une telle question. En apparence seulement ! Car, ce qui relie ces différentes inventions, c’est la rupture technologique qu’elles symbolisent et, pour leurs chefs militaires, le souhait – parfois l’utopie – de changer l’issue de la bataille sinon de la guerre par leur emploi.

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Cette rupture caressée, envisagée et, parfois, réussie, peut revêtir diverses formes sans être nécessairement tactiques ou même stratégiques au sens militaire. Toute technologie de rupture, aussi innovante soit-elle, n’entraîne pas nécessairement d’application concrète dans le domaine militaire. Une rupture sur un champ de bataille donné peut se révéler un handicap déterminant sur un autre champ de bataille. Le passage, au tournant du 21ème siècle, de conflits symétriques à des conflits de basse intensité et asymétriques procure de nombreux exemples. Ce qui nous offre là le second axe de notre dossier. Continue Reading

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