Mana la sage

Le matin de la création du cosmos et du grand univers, Mana a revêtu sa grande robe de lumière. Elle s’est parée de pierres précieuses brillantes et multicolores. Juchée sur le balcon de la céleste voûte, elle contemple les étoiles, innombrables et minuscules flambeaux qui s’éteignent dès que le jour se lève, à l’aube. Ravie et contemplative, elle appelle les tambours Haïtiens pour accompagner sa transe.

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Les musiciens jouent à en perdre haleine et le chef de la tribu clame qu’il faut aussi, en plus de regarder le haut, regarder le bas. Mana penche son visage et ses yeux pour regarder cette fois-ci les mers, les océans, les montages et les déserts, les forêts mais aussi tous les animaux qui peuplent la Terre.

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Surprises anthropologiques et cygnes noirs

Au tout début du XXème siècle, le philosophe anglais Bertrand Russel pose trois questions fondamentales dans son ouvrage « Problèmes de philosophie » [1] : d’où savons-nous ce que nous savons ? Le passé peut-il permettre de prédire le futur ? Pourquoi ne nous attendons-nous jamais à l’imprévu ?

Plus tard, dans son ouvrage « Le cygne noir » [2] publié en 2010, le philosophe contemporain Nassim Nicholas Taleb, réexamine ces questions à la lueur d’un postulat lié au principe d’incertitude : un événement rare, c’est-à-dire qui a une très faible chance de survenir, pourrait avoir des conséquences exceptionnelles.

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Bien qu’il l’applique au monde de la finance, Nassim Nicholas Taleb appuie là où ça fait mal. Face aux nombreux doutes liés à notre monde en proie à de nécessaires restructurations organisationnelles et fonctionnelles si l’on pense aux problèmes de sécurité et de défense actuels, nous devons en effet trouver de nouvelles solutions pour comprendre, intégrer et transformer l’incertitude. Continue Reading

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L’Echo du mois : De la sécurité alternative. Par Isabelle Tisserand

L’Echo du mois permet d’échanger, au travers d’une interview,  avec des personnalités dont l’action s’inscrit dans les thèmes relatifs à la stratégie, à ses diverses variantes, à ses évolutions technologiques et à leur influence sur celle-ci.

Dans la continuité de l’article que Si vis pacem a publié en juin, quelques semaines après la sortie de l’ouvrage collectif « Sécurité alternative » d’Isabelle Tisserand [1], cette dernière nous a fait l’amitié d’inaugurer « l’Écho du mois ». Une interview riche et qui met en lumière l’évolution actuelle et en devenir de la sphère nationale « sécurité et défense ».

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Quelles sont les raisons qui vous ont amenées à réaliser l’ouvrage [2] collectif « Sécurité alternative » un projet long, complexe et original ?

Un ressenti très fort du cloisonnement des métiers de la sécurité au sens large. On dit souvent que l’on ne sait pas travailler dans la transversalité, que l’interdisciplinarité et le mélange des générations est impossible alors que notre monde est opaque et qu’il a besoin de tous les types d’intelligences. Ces débats primaires ne font que nous rappeler notre lenteur. Pire : le manque de capacités d’adaptation de l’espèce humaine aux évolutions est anthropologiquement insupportable car il signifie sa disparition, à plus ou moins long terme. En outre, le meurtre généralisé de la confiance m’a conduite a lancé un défi d’engagement des uns envers les autres. C’est cette confiance avérée qui constitue toute la force de notre livre. C’est un collectif de personnalités liées à jamais, un filet de sécurité en soi. Nos métiers n’ont jamais été aussi sollicités qu’actuellement avec, à la clé, une très douloureuse remise en question. La sécurité est devenue un sujet culturel mondial obsessionnel. Allons-nous continuer – jusqu’à en mourir – à mettre sous contrainte de sécurité les dispositifs de vie des organisations humaines ou bien allons-nous enfin dégager les bénéfices d’organisations humaines matures sécurisées pour vivre en expansion, découvrir de nouveaux territoires, continuer à explorer ?

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