Et l’Amérique découvre la guerre au Sahel

Le 4 octobre dernier, quatre Bérets verts américains et cinq soldats nigériens trouvaient la mort dans embuscade dans le nord du Niger. L’affaire, d’abord passée presque inaperçue, prend depuis une ampleur grandissante. Le peuple américain (re)découvre la guerre en Afrique, et également l’engagement de leurs alliés français.


 Photo: des soldats américains des forces spéciales, pleurent leurs camarades tombés au feu au Niger – Gaston de Garden, AFP.

Les faits: le 4 octobre, des membres des forces spéciales américaines de l’US Army (les fameux « Bérets verts ») partent en mission dans le nord du Niger. Les 12 américains et 30 nigériens y sont alors pris en embuscade par des dizaines d’adversaires. Quatre américains et cinq nigériens trouvent la mort dans les premiers instants.

Tout ce que l’on sait à ce stade, est que les américains circulaient en pick up et non en véhicules blindés, et ont agi sans les français, aussi présents sur zone dans le cadre des opérations Sabre et Barkhane. Ce sont toutefois ces derniers qui ont dû intervenir avec des moyens aériens (chasseurs et hélicoptères) pour évacuer américains et nigériens.

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Pacifique : la flotte oubliée

Les tensions dans la péninsule coréenne sont venues rappeler, si besoin en était, que la zone Asie-Pacifique recèle d’une série de défis sécuritaires « durs ». Revendications territoriales, menace de nucléarisation des États de la région, mise en exergue de récits nationalistes, remilitarisation des espaces littoraux et insulaires constituent quelques uns des éléments du terreau crisogène régional. Face à ces défis, la flotte russe du Pacifique se trouve relativement désarmée, et ne souffre en tout cas guère la comparaison avec les flottes voisines japonaise, chinoise et américaine. A l’approche de l’échéance du programme d’armement 2011-2020, une chose est sûre : le « pivot asiatique » russe n’a « navalement » pas eu lieu.

Des ambitions asiatiques catalysées par la crise de 2014

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Tempête Rouge – Le succès de l’intervention militaire russe en Syrie (2015-2017)

Deux ans après l’intervention russe en Syrie, qu’on le déplore ou non (ce n’est pas le propos ici), il convient de constater que celle-ci est un succès et qu’il est possible d’en tirer quelques enseignements opérationnels. Cette intervention est un succès car elle a permis d’atteindre son objectif politique premier, qui était de sauver le régime syrien alors en grande difficulté, et même de contribuer à sa victoire probable. Le corps expéditionnaire russe a effectivement largement contribué à l’endiguement des forces rebelles à la fin de 2015 puis, en particulier avec la prise d’Alep, à la conquête presque définitive du grand axe de l’autoroute M5, centre de gravité du conflit, pendant l’année 2016 avant de lancer une campagne dans l’est désertique jusqu’au dégagement de l’aéroport de Deir ez-Zor, assiégé par l’Etat islamique.

La guerre est encore loin d’être terminée mais elle ne peut plus désormais être perdue par Assad. Il n’y a plus que deux pôles territoriaux rebelles arabes sunnites cohérents en Syrie : la partie de l’Euphrate syrien encore tenue par l’Etat islamique et surtout la province d’Idlib, aux mains d’une coalition de factions dominée par Hayat Tahrir al-Sham (ex-Jabhat al-Nosra). Les autres forces rebelles sont désormais éclatées et servent souvent de supplétifs à d’autres acteurs par ailleurs concurrents, comme la Turquie, le Parti de l’union démocratique kurde (PYD), la Jordanie, Israël ou les Etats-Unis. Encore une fois, cette évolution est largement le fait de l’intervention russe qui lui donne aussi un poids diplomatique particulier tant sur le théâtre lui-même, où la Russie sert d’intermédiaire avec quasiment tous les acteurs locaux ou extérieurs et sur la scène internationale, où elle apparaît à nouveau comme une puissance qui pèse sur les affaires du monde et avec laquelle il faut compter.

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L’inexistence du cyberterrorisme

J’avoue que le titre peut sembler provocateur, à une époque où l’on ne cesse de nous expliquer que le Calife est un adepte du terrorisme en tout genre (donc implicitement du cyberterrorisme) et qu’il faut lutter contre le phénomène. TV5 aurait d’ailleurs subi ses foudres. (Et en porterait encore les stigmates ?). Face à cette menace, la détermination doit être sans faille et la mobilisation générale.

Source

On peut cependant être circonspect (comme on l’est face à une « fake news » ?) devant cette unanimité de façade, car peu nombreux sont ceux qui expliquent clairement ce qu’est le cyberterrorisme. Le plus étonnant est que, outre sa définition parfois stupéfiante, ce que l’on présente comme ses manifestations le sont tout autant.

Cependant, quelques éléments peuvent expliquer pourquoi le cyberterrorisme est toujours dans un « entre-deux ».

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Les Kalibr à l’assaut du désert syrien

Les Kalibr à l'assaut du désert syrien

La marine russe a procédé à de nouvelles frappes avec des missiles de croisière Kalibr tirés depuis la Méditerranée contre des cibles de l’État islamique en Syrie. Que faut-il retenir de cette nouvelle démonstration de force ?

Il s’agit du quatrième tir du genre. Le premier avait eu lieu peu après le lancement de l’opération russe en Syrie, le 7 octobre 2015 : une salve de 26 missiles Kalibr alors avait été tirée depuis la mer Caspienne par la frégate Daghestan (Projet 11661K), et les corvettes lance-missiles Grad Sviazhsk, Uglitch et Velikiy Ustiug (Projet 21631) vers des cibles de l’EI. Quelques semaine plus tard, le 9 décembre 2015, le sous-marin B-237 Rostov-sur-le-Don (Projet 0636.3), alors en transit en Méditerranée afin de rallier la mer Noire, avait à son tour procédé à un tir de 4 missiles sur des objectifs situés à Raqqa. Enfin, le 15 novembre dernier, c’est la frégate Amiral Grigorovitch (tête de série du Projet 11356M, flotte de la mer Noire) qui a tiré une salve de 3 (?) missiles Kalibr.

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La cybersécurité en réalité virtuelle fusionne Ghost In The Shell et Matrix

Au cours d’une intervention policière, le Major Motoko Kusanagi revêt ses lunettes de réalité augmentée puis pénètre les réseaux numériques et pirate les androïdes ennemis à volonté. Pas d’écran noir. Pas de ligne de code. La « cyborgue » nipponne est immergée dans un univers cyberpunk proliférant d’interfaces 3D animées.

 

Source : ProtectWise


Depuis les années 1990, le manga Ghost In The Shell et les « japanimations » éponymes sont l’inépuisable gisement de la culture geek et du cinéma de science-fiction (Minority Report, I-Robot, Terminator, Matrix, AI, Tron, etc).

L’œuvre culte a grandement inspiré Scott Chaser, PDG et co-fondateur de ProtectWise. Cette société basée au Colorado (Etats-Unis) et spécialisée dans la cybersécurité, a conçu une solution d’interfaces utilisateur nommée Immersive Grid. Dans cet environnement virtuel, chaque élément connecté d’une entreprise (serveur, PC, smartphone, tablette, objet connecté, périphérique, etc) est représenté comme un bâtiment à l’intérieur d’une ville virtuelle. Les serveurs et terminaux de chaque département (marketing, comptabilité, logistique, ressources humaines, etc) forment un quartier ou une zone particulière au cœur d’une géographie urbaine.

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Recension – Je suis Pilgrim de Terry Hayes

« Je suis Pilgrim » est un roman policier exceptionnel et palpitant dont l’écriture transmet un suspense nerveux et tendu. Débutant au moment des attentats du 11 septembre 2001, ce thriller nous transporte des États-Unis au Moyen Orient (Turquie, Arabie Saoudite, Afghanistan et Syrie) en passant par l’Europe, à Florence et à Paris.

On y suit l’enquête par un ancien agent secret américain d’un meurtre qui apparaît au premier regard insoluble.

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