Dossier estival 2018 – Territoires

Quels liens existent-ils entre la liquidation du régime libyen, le début de la guerre civile syrienne en 2011, le oui britannique au Brexit en juin 2016 et l’élection de Trump en novembre de la même année ? En apparence, aucun. Pourtant, des vagues massives de migrations que connait l’Europe depuis 2014 à la tectonique des plaques commerciales que Donald Trump cherche à dynamiter, les frontières sont de retour.

(Source)

Mais peut-être n’avaient-elles en réalité jamais disparues, soumises aux rudes chocs économiques, démographiques et technologiques que la planète connaît depuis l’effondrement de l’empire soviétique et l’apparente détente qui s’ensuivit ?

Si tout le monde s’intéresse aux frontières, bien peu regardent ce qu’elles enveloppent, ce qu’elles séparent. Il s’agit de « territoires ». Or, d’après le dictionnaire, un « territoire » n’est pas simplement un « espace », une sorte d’endroit, neutre et non qualifié. Non, un territoire est un espace habité. Il est donc l’association entre un espace et une population et bien sûr, entre les représentations de cette population, qu’il s’agisse de ses mythes constitutifs mais aussi de la façon dont elle se distingue des autres. Nous voici revenir aux frontières, mais celles-ci ne sont plus des objets en soi, mais des objets relatifs à des territoires. Décentrer un peu l’analyse, voici l’ADN d’Echo Radar !

Le dossier estival 2018 qu’Echoradar vous propose cherche à en questionner plusieurs dimensions.

Celle de la mondialisation et des territoires par Nicolas Mazzucchi, du retour possibles des empires comme le pense Olivier Kempf, des frontières économiques par 3CSecuSystJu et de l’intelligence économique territoriale, par Informatiques orphelines, qui attend toujours sa réforme majeure en France. Nous partirons ensuite avec Thomas Schumacher en Nouvelle-Calédonie, à quelques mois d’un référendum peut-être plus inattendu que prévu pour revenir avec Thierry Berthier du côté de Limoges où Elon Musk a décidé de faire tester une partie de son projet fou d’Hyperloop. Yannick Harrel interrogera de manière cruciale le lien entre territoires / identités et transports notamment lorsque ces derniers sont inexistants voire se délitent et cèdent la place à des forces centrifuges. Enfin, Eric Hazane partira à l’exploration des territoires (quasi) inexplorés constitués par les fonds océaniques, l’espace et le cyberespace.

Bonne lecture estivale !

Echoradar

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Sur la route de Mars… littéralement

Excellent communicant et chantre de la nouvelle frontière propre à l’esprit américain [1], Elon Musk fit coup triple ce 6 février 2018 avec le lancement de la fusée Falcon Heavy [2] depuis Cap Canaveral (tout un symbole de la conquête spatiale) vers Mars.

 

Une réussite technique, une visibilité médiatique et des retombées économiques assurées : ce seront les fruits de cette démonstration mondiale.

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Zuma, X37B, USA-276 : des engins mystérieux en orbite… ou pas

Autant le dire tout de suite, la quantité d’information réellement exploitable de ce petit article risque d’être un peu limitée en raison du sujet digne d’un film de James Bond. Car il y a des engins qui tournent autour de la Terre, et dont on ne sait pas grand-chose. Le grand retour du Spoutnik, mais cette fois-ci en version américaine.

Citons par exemple la navette dronisée X37B (ci-dessous), qui est restée en orbite autour de la Terre pendant 718 jours afin de mener à bien une mission gardée secrète.

Si vous ne connaissez par la X-37, c’est normal puisque cette navette robotisée développée par Boeing et opérée par l’US Air Force n’a pas vocation à faire parler d’elle. Au départ, cet engin était un démonstrateur destiné à valider les nouvelles technologies notamment de décollage, et de rentrée dans l’atmosphère. Son premier lancement dans sa version actuelle baptisée X37B OTV (Orbital Test Vehicle) a eu lieu en 2010, depuis Cap Canaveral, et a donné lieu à sa mise en orbite basse – voir plus loin –  par une fusée Atlas V501.

La navette n’est pas très grande : elle mesure 8,38 m pour une envergure de 4,57 mètres, avec une masse totale à vide n’excédant pas 3,5 tonnes. C’est une mini-navette (même mode de rentrée, même architecture générale que la navette STS classique américaine aujourd’hui abandonnée), capable d’atteindre une orbite comprise entre 230 et 1 064 km d’altitude et dotée d’une autonomie de 470 jours.

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Elon Musk : diffuseur d’air, d’espace et de publicité mensongère

Lors d’une spectaculaire keynote au Congrès Astronautique d’Adélaïde (Australie), le sémillant Elon Musk a présenté ses projets spatiaux : une base sur la Lune, un vol habité vers Mars en 2024, la production imminente de sa nouvelle fusée Big Falcon Rocket destinée au transport Terre-Lune/Mars… et au vol commercial à très grande vitesse autour de notre planète bleue. 

Selon le patron de SpaceX, la Big F…g Rocket (BFR) reliera les métropoles mondiales en moins d’une heure et transportera une centaine de passagers, pour le même prix qu’un vol en classe économique.

Qui n’a pas rêvé d’un vol suborbital Paris-New York ou Shangaï-Londres en 30 minutes plutôt que d’un voyage de 8-10 heures à bord d’un ennuyeux Airbus/Boeing ? Désormais, ce fantasme n’est plus réservé à l’huile de Wall Street devant assister à son conseil d’administration au-delà des mers, ni à la richissime bimbo pressée de chiner outre-Atlantique avec ses copines de trente ans…

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Pour une culture spatiale mondiale, démocratique et stratégique

Toute culture est constituée de référentiels. Il existe des cultures traditionnelles souvent implantées dans des lieux géographiques, pratiques pour le développement des sociétés, et mythiques, car un signe ou un événement désigne ce lieu comme étant propice à l’installation des sociétés. Il existe également des sociétés artificielles qui se constituent pour répondre à des besoins le plus souvent économiques et scientifiques comme les plateformes pétrolières, les sous-marins, les environnements hyper-informatisés et les vols habités.

Quelle que soit la nature de ces sociétés, il est nécessaire d’appliquer des principes d’observation qui induisent  à la fois un devoir d’objectivité (on regarde, on enregistre, mais on ne juge pas et on ne transfert pas nos propres référentiels culturels sur l’Autre) et un devoir d’exhaustivité (il ne faut négliger aucun détail). Le plus souvent, le travail d’observation nécessite que l’on se déplace sur le terrain lorsque cela est possible et que l’on partage la vie et les mœurs des populations que l’on analyse. Continue Reading

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Les sciences humaines et sociales : nouvelles options pour la défense

Le 25 janvier 2017, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a fait signer un pacte entre le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et les Présidents d’Universités (CPU), afin de créer une alliance entre le monde de la Défense et le monde de la Recherche. Le Pacte Enseignement Supérieur et Défense (le PES) insiste sur la nécessaire intégration des sciences humaines et sociales (SHS) dans la conception des recherches et de l’innovation.

Ce geste capital devrait oxygéner toute la chaîne qui conduit à des plans de défense globale, car de la veille en passant par l’analyse et la stratégie pour des plans d’action, les SHS viendront enrichir tous les acteurs de la sécurité et de la défense et toutes leurs conceptions. Le but est de défendre aux mieux les patrimoines humain, matériel et informationnel.

Il s’agit d’un vrai défi qui promet de faire progresser l’éducation, la science et la morale citoyenne, tout en se parant d’une épaisse de couche d’éthique et de déontologie, si l’on admet que le principal enjeu de la défense est -entre-autres- social.

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