Castillon

Vous ai-je déjà parlé de Castillon ? Vous savez, cette victoire française sur l’Angleterre qui mit fin à la guerre de cent ans. Celle dont on ne se souvient pas alors que chacun se remémore Azincourt. Une victoire curieusement négligée alors pourtant que c’est une grande victoire, mais pas dans l’air du temps du déclinisme français. Une récente BD (Castillon, juillet 1453) lui fait justice et nous apprend bien des choses qui vont au-delà de l’ultime combat qui pourrait paraître n’avoir d’autres signification que symbolique. Car Castillon est aussi une victoire importante dans l’art de la guerre…

 

Une BD peut ainsi nous en apprendre énormément sur notre histoire militaire. Certes, les éditions Delcourt se sont régulièrement signalé par la qualité de leur production. Et comme d’autres maisons, sur ce blog mentionnées, elle ouvre une série « historique », mais d’histoire sérieuse. Ainsi, cette collection « champs d’honneur » est scénarisée par Thierry Gloris de formation historienne.

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Quelques scénarios catastrophe et surprises stratégiques pour 2017…

Disserter sur les surprises stratégiques est toujours utile, aussi bien pour analyser les surprises du passé (Sont-elles des « surprises » ? Sont-elles « stratégiques » ?) que pour conceptualiser la notion. Toutefois, la finalité de ce travail consiste à mieux appréhender les surprises du passé afin d’éviter les surprises de demain. En comprenant les mécanismes de la surprise passée, on cadre les trous noirs de nos postures stratégiques de façon à éviter de reproduire l’erreur. En ce sens, ce travail d’enquête factuelle devrait contribuer à une bonne décision stratégique. L’inconvénient, c’est qu’on ne fait que prolonger les courbes, ce qui n’est pas le meilleur moyen de percevoir les nouveautés.

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Une autre méthode consiste à se tourner vers l’avenir, en utilisant une méthode des scénarios. Il ne s’agit pas ici de prédire l’avenir, ni même d’entrer dans un processus de prospective, mais de bâtir des scénarios crédibles de façon à les présenter au décideur : l’objectif ne vise pas à prendre des décisions aujourd’hui pour contrer cette crise spécifique mais à envisager son éventualité qui peut nécessiter des décisions de prudence. Au fond, penser l’impensable est la meilleure façon de ne pas être surpris, même si la réalité diffère forcément du scénario proposé. Ainsi, on considère que le futur construit le présent : c’est parce qu’on pense le futur (objet de toute démarche stratégique) que l’on va influer sur le présent. La méthode serait plus efficace que celle du retour d’expérience, qui part du principe que l’étude du passé permet de mieux comprendre le présent. Penser les ruptures de demain serait ici plus efficace pour agir aujourd’hui.

Tentons l’expérience en cet été 2016, qui est déjà furieusement bouleversé et chaotique. Or, notre intuition laisse présager que nous soyons au début d’un bouleversement encore plus systémique.

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Panama : des papiers opaques, finalement

Alors que la presse se répand en auto-louanges sur la nouvelle transparence permise par l’étude des « Panama papers », qui « pour la première fois » permettent d’avoir un « aperçu complet sur les paradis fiscaux », l’observateur reste sur son quant-à-soi. Être occidental, n’est-ce pas, c’est douter. Et notamment des belles et mirifiques choses que les bonimenteurs nous font avaloir, oyez ! oyez ! bonnes gens. Surtout quand ledit boniment vient du camp du bien et de la morale… Subitement, une alerte résonne (et raisonne). Vous allez me dire que je suis complotiste. Éternel argument quand on veut couper court aux arguments. Genre le Monde qui publie un article dénonçant « Ces intox qui veulent répondre aux Panama papers » (voir ici). Bref, dès qu’on s’interroge, ce sont de fausses informations.

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Mitterrand, un jeune homme de droite (Richelle & Rébéna)

Voici un ouvrage qui vient en utile contrepoint de la BD sur De Gaulle, chroniquée dans ces colonnes. Au fond, le thème est le même : quelle est la jeunesse et la formation de ces deux grands personnages politiques qui vont, chacun à leur façon, marquer l’histoire récente de la France ?

L’ouvrage en question n’est pas, à proprement parler, une BD. Certes, il y a un découpage en bande avec des bulles ce qui permet d’inclure cette fiche dans la catégorie BD. Mais le format plus réduit, le nombre de pages plus grand, la tonalité en font ce qu’on appelle un BD graphique : mettons un sous-genre de la BD? tout comme les mangas japonais ou les comics américains le sont. L’histoire est plus longue (146 pages) et ne se lit donc pas d’un trait, d’autant qu’elle est décomposée en chapitres qui scandent la narration.

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Missiles de croisière russes : quelles significations en Syrie et au-delà ?

Le tir de 26 missiles de croisière russes depuis la Caspienne revêt plusieurs significations stratégiques.

1/ Il s’agirait de SS 30 N. Chose surprenante comme l’a récemment signalé le Fauteuil de Colbert. Disons que si on en connaissait l’existence, on avait peu de détails sur leur portée et leur mise en service. C’est désormais chose faite, bien que certaines caractéristiques demeurent floues (notamment leur altitude de vol, donc la possibilité de leur détection). Autrement dit, l’effort de technologie de défense, entamé par la Russie en 2000, porte ses fruits.

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2/ Les conséquences en terme de stratégie navale sont également grandes. La Caspienne, que personne ne considérait avec attention, devient désormais une « mer » à l’importance stratégique. La petite flottille russe de la mer Caspienne, que beaucoup d’analystes mentionnaient pour mémoire, revêt subitement beaucoup plus d’importance, que ce soit au Moyen Orient mais aussi en Asie centrale… Bref, une frégate et trois corvettes ont de la valeur stratégique et pas simplement tactique.

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Quelques réflexions dissuasives

Le numéro double d’été de la RDN consacré au nucléaire militaire est passionnant. On y picore pas mal d’idées. Car le débat bruyant organisé par les « opposants » ne va pas au vrai des problèmes. Entre l’inutilité de la dissuasion (alors que le monde réarme) ou l’éventuelle économie qu’apporterait la fin de la deuxième composante (sans comprendre la logique de Bercy : qui croirait qu’une baisse de budget nucléaire serait intégralement reversée au pot commun ? Heureusement, la remontée de la LPM a fait taire ce débat, sauf de la part de quelques politiciens qui n’ont pas compris grand chose), ils passent à côté beaucoup de notions essentielles et pas si controuvées.

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Par exemple : qui a noté que dans le discours d’Istres, prononcé par le PR en début d’année, il n’est question que d’avertissement ? L’adjectif ultime est passé à la trappe. Oh, B. Tertrais rappelle bien que le ministre de la défense a utilisé l’expression consacrée en novembre (« ultime avertissement ») mais voyez vous, entre le bon Dieu et ses saints, je préfère écouter le premier. Donc, avertissement. Sans plus de précision. Sous-entendant qu’il pourrait y en avoir plusieurs ?

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Radar à bulles – 10 : BD napoléoniennes

En ce bicentenaire de Waterloo, nous avons eu droit à une floraison de BD sur Napoléon. Beaucoup sans grand intérêt, je dois le dire. J’en ai retenu deux qui valent le détour. Et qui n’ont rien à voir avec Waterloo, cela va sans dire.

Procédons chronologiquement. Ce qui me fascine le plus, c’est le Bonaparte des débuts. Le reste est moins convaincant. Aussi ai-je immédiatement acquis le Tome 3 de la série écrite et dessinée par André Osi, qui retrace la vie de Napoléon. Une série qui devrait se composer d’une vingtaine de volumes. Remarquable d’un point de vue historique. Le tome 3 traite de la campagne d’Italie (du moins la première partie), le moment militaire le plus impressionnant du jeune général, parti avec une petite armée, non équipée, destinée à faire diversion par rapport à l’effort principal engagé au nord des Alpes par Moreau. Avec ce ramassis de va-nu-pieds il réussit à franchir la porte de Vintimille, à progresser le long de la côte ligure puis à se retourner vers le nord pour prendre Turin, enfin partir plein ouest direction Milan. On connaissait ses batailles, mais Bonaparte signe là une campagne qui va durer plusieurs années. Il emporte la décision tandis que Moreau s’englue sur le Rhin.

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