Le 4 septembre 1870 (Fiche de lecture)

Pierre Cornut-Gentille est avocat pénaliste et essayiste. [1] S’il n’est pas historien au sens académique du terme, il s’intéresse néanmoins à certains faits historiques qui lui ont permis de commettre plusieurs essais. Le dernier, paru aux éditions Perrin en août 2018, s’intéresse à une date importante dans l’histoire moderne de la France, celle de la proclamation de la 3ème République.

Sobrement intitulé « Le 4 septembre 1870 » et sous-titré « L’invention de la République » cet essai se focalise sur les dernières heures qui ont précédé ce changement majeur de régime. Bien documenté, parfois haletant, il souligne aussi pourquoi cet épisode, capital dans ses origines ainsi que ses suites historiques, demeure dans la pénombre.

Tout commence le 3 septembre 1870 par la formidable défaite que connaît l’armée française à Sedan, 100 000 hommes tués et blessés, face à la Prusse. Suprême humiliation, l’armée est emmenée par l’Empereur Napoléon III en personne qui est fait prisonnier à Metz où il était retranché avec les 120 000 hommes de l’Armée du Rhin. A Paris, le pouvoir incarné par l’impératrice Eugénie et ses conseillers vacille. Les députés sont partagés entre un certain légalisme, des considérations politiques parfois basses et la conscience aigüe du danger mortel qui se profile : les Prussiens se dirigent vers Paris. En parallèle, la foule des Parisiens réclame l’abolition de l’Empire, des troubles puissants et sanglants sont à craindre. Finalement, la 3ème République sera bel et bien proclamée sans qu’une seule goutte de sang n’ait été versée !

Très bien documenté, l’essai historique de Pierre Cornut-Gentille dont l’essentiel se déroule du 2 au 4 septembre 1870 est une excellente surprise. Accessible au plus grand nombre, rythmé et écrit avec la distance nécessaire, il permet de réhabiliter l’un des grands moments de l’Histoire de France, d’autant plus que cet épisode est le pivot entre la Révolution de 1789-1792 et la défaite de juin 1940 et ses suites. Il éclaire donc les relations indéniables et complexes entre toutes ses périodes. Le lecteur pourra aussi prendre plaisir à faire connaissance avec des personnages historiques  dont certains noms célèbres ornent encore de nombreuses rues et avenues nationales : Thiers, Ferry, Gambetta. Ou d’autres, moins connus mais non moins essentiels, comme Crémieux, Favre et Picard.

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Cornut-Gentille

Signes Hauts

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