De la crise comme instrument

La définition ordinaire d’une crise est celle du phénomène de déstabilisation d’un certain type d’ordre établi, réputé achevé par le rétablissement de cet ordre. Une crise peut cependant déboucher sur une modification de l’ordre antérieur, soit par incapacité d’avoir pu le rétablir, soit par une inflexion volontaire issue elle-même d’une conception réformée de l’ordre à restaurer. A un échelon supérieur, cette expérience duale peut elle-même inciter à élargir le cadre de pensée initial jusqu’à l’hypothèse d’une inversion de causalité, consistant à  provoquer délibérément une crise conçue comme l’instrument de transformation de l’ordre antérieur. Un tel schéma maximaliste dans le registre des crises implique une vision préalable, une stratégie de mise en œuvre, et la prévisibilité des conséquences de l’action transformatrice. Elle s’inscrit par conséquent dans l’ordre de la programmation, et non dans celui du seul traitement d’une crise subie pour y mettre un terme.

Accréditer l’idée qu’une crise puisse être un instrument, et à fortiori fabriquée de toutes pièces, est une démarche difficile parce que non conventionnelle. Elle se heurte soit au scepticisme académique, soit aux perceptions angéliques ou moralisatrices déformant le regard sur les affaires du monde. Dans le seul registre des causalités de crise, il a déjà été laborieux de faire admettre que les meilleures intentions affichées puissent produire les pires effets : par exemple, en son temps, la contribution essentielle du Traité de Versailles à la maturation de la seconde guerre mondiale, ou aujourd’hui le chaos généralisé provoqué par les interventions militaires américaines au Moyen orient et en Asie centrale.

Classé sous le générique de crise, le répertoire des mécanismes politiques des tensions, conflits, ruptures, fractures et guerres, est généralement étudié sous un angle historiciste, c’est-à-dire par l’exposé de leur déroulement séquentiel. Au-delà de ce cadre, l’intérêt d’une analyse stratégique de toute crise est d’autant plus réel qu’elle intègre naturellement, en part relative ou prépondérante, les concepts de crise transformatrice et de crise fabriquée, à l’aide des critères suivants : acteurs, objectifs, environnement, transformation, résultats, contrôle.

L’atout d’une analyse stratégique des crises est notamment de restituer les intentions et les objectifs dissimulés sous le  couvert de vertueuses motivations affichées. Simultanément, son principe actif associe les éléments factuels aux opportunités manquées ou saisies qu’ils offrent à l’acquisition d’un objectif. C’est l’objet même du travail des états-majors, qu’ils soient civils ou militaires, si ce travail est commandé par un objectif clair, cohérent avec les moyens disponibles, et dépollué d’à-priori moralisateurs stériles égarant le discernement. Le traitement  désastreux, diplomatique et autre, de la récente guerre civile syrienne par un pays d’Europe historiquement impliqué au Levant, a été un contre exemple de cette qualité d’approche.

Le progrès de l’analyse stratégique des mécanismes de crise n’a pas épuisé toutefois la difficulté de leur mesure, de leur prévision, et, soit de leur prévention, soit de leur résolution. Le terme de crise lui-même est encore sujet à des interprétations dont l’amplitude est de nature à brouiller l’axe directeur en éparpillant les critères dont elles se servent. Qu’est-ce d’abord  exactement qu’une crise par rapport à un état réputé normal ? Quand et comment  un mécanisme de réaction en chaîne déclenche t’il une crise ? Quand et par quoi une crise est-elle présumée résorbée ? Comment éviter qu’une crise passée répertoriée comme telle ne se reproduise ? La crise est-elle accidentelle, cyclique, endémique, systémique ? Comment maîtriser les conséquences d’une crise délibérément provoquée ? L’avantage de cette panoplie de questionnements reste essentiel pour éviter que les crises subies ou élaborées ne fassent l’objet de schémas pré établis selon des scenarii type activés par quelque algorithme affublé d’un rôle décisionnaire ( NB : à titre d’anecdote, un ministre portugais des Finances (de 2011 à 2013) avait géré la « crise de la dette » de son pays sur la seule base d’algorithmes chiffrés, avant d’être prié de quitter son poste)

Dans l’ordre des crises économiques et financières précisément, il existe à présent un cadrage clarifié grâce à la double expérience du krach de 1929 et de celui de 2008. Le premier, totalement dépourvu de tout processus de résolution collectif, a été la matrice de la seconde guerre mondiale en synergie avec les traités internationaux d’après 1918 imposés aux ex empires centraux. Le second a échappé in extremis à la théorie de l’auto régulation enseignée depuis 30 ans par la doxa néolibérale, postulant que toute crise est auto correctrice si la société qui la subit est régie par les lois du marché et préservée des entraves de l’Etat. Comme il est connu, la crise décennale ouverte en 2008 dans un environnement conforme à ces prescriptions, a ruiné cette théorie puisque la dite crise n’a pu être laborieusement résorbée que par les interventions massives des Etats.

Revenant à la thématique des crises fabriquées, il faut constater que leur simple évocation se heurte, soit à un scepticisme diffus sus évoqué, soit à une récusation violente issue du substrat idéologique qui la détermine. Accepter en effet une telle idée exige une disruption mentale cassant le cadre de pensée formaté par des stéréotypes acculturés. Cette disruption recèle en effet une problématique explosive puisqu’elle déstabilise, dans les codes du néo moralisme intra occidental, un socle de préjugés conduisant à chasser l’hypothèse qu’une crise puisse ou ait pu être fabriquée de toutes pièces. Dans l’idéologie irénique de l’Union Européenne plus particulièrement, ce rejet procède de l’auto persuasion de son appartenance irréversible au camp du Bien, lequel ne saurait donc, en son sein, succomber à la « noirceur d’intentions » d’une telle manipulation. Ainsi, s’il existe des crises présumées fabriquées, elles ne pourraient avoir pour origine que des forces malveillantes extérieures. Il s’agirait par exemple de « l’axe du mal » dénoncé par le pouvoir américain en son temps, ou actuellement des manœuvres de déstabilisation internationale prêtées par théorie du complot au pouvoir russe.

Cette prétention occidentale et surtout européenne à exercer à l’extérieur de son cadre un magistère moral universel, ouvre cependant un éventail de paradoxes  stratégiques. Le premier d’entre eux  est d’abord qu’un tel syndrome n’a pas de sens dans la sphère asiatique, voire eurasiatique, dont le mode de pensée générique n’exclut aucune combinaison opérationnelle quel que soit le degré putatif de son « machiavélisme », ce concept n’étant au demeurant qu’occidental. Il est évident qu’en cas de confrontation géopolitique, cette « neutralité axiologique » procure un avantage initial à l’attaquant dans la préparation d’une crise ; en témoignent par exemple la projection de la Chine Populaire en mer de Chine, ou les initiatives de la Corée du Nord en matière nucléaire et balistique, réduisant les USA et leurs alliés à une position de « containment », à défaut d’une contre réaction  risquant de placer la crise hors de son espace de contrôle.

Cette contradiction n’est qu’une illustration de l’état de schizophrénie dans lequel se sont enfermés aujourd’hui divers milieux dirigeants ou intellectuels, ballottés entre leur angélisme moralisateur affiché, et la répulsion que leur inspire le principe de réalité traduit par la realpolitik. Cette schizophrénie est devenue de facto la source naturelle d’une pratique de double langage, et donc de double standard, qui expliquent fréquemment les incohérences des postures de politique étrangère visibles dans la sphère européenne. Il faut néanmoins observer à contrario qu’une fraction influente de l’élite dirigeante américaine parvient à concilier ce double standard en réussissant pragmatiquement à tirer un profit conjoint ou alternatif de ses deux termes.

Pour rejeter le concept de crise fabriquée, l’idéologie moralisatrice utilise l’arme de dissuasion appelée « théorie du complot ».Noyant à dessein l’analyse sérieuse d’un évènement de crise parmi les versions fantaisistes d’autres évènements, cette création sémantique transgenre amalgame en une seule locution 1) désignation péremptoire 2) incrimination sans preuve 3) condamnation sans appel 4) disqualification de la version non conforme. Auto dispensée de démonstration rationnelle, donc d’essence religionnaire, l’accusation de théorie du complot (ou conspirationnisme) est un dénigrement de tout travail d’investigation qui conteste le mode d’affichage univoque d’un évènement donné. Elle constitue l’une des formes « orwellienne » du contrôle des esprits dans la société post démocratique contemporaine.

Le début du 21ème siècle offre 3 exemples d’évènements majeurs permettant d’étayer la réalité des fabrications de crise dans la sphère occidentale. Les deux premiers concernent la stratégie d’expansion internationale de la puissance des USA ; le 3ème concerne la stratégie de l’Union Européenne dans le traitement de la crise financière apparue en 2008.

La stratégie américaine lancée au tournant du siècle s’inscrit dans un axe de recherche-développement consistant à concevoir une autre méthode d’intervention que les coups d’Etat militaires organisés dans les années 1950-1970 pour obtenir un changement politique dans un pays cible. Cette méthode peut se rattacher aux concepts génériques de « chaos créateur » et de « nation building » élaborés par les cercles dits « néo conservateurs », convaincus à juste titre que la technique du coup d’Etat est devenue improductive par la précarité de son résultat, et contre productive par sa réprobation internationale.

Nonobstant la controverse sur l’identification / localisation des concepteurs des attentats du 11 septembre 2001 sur le sol des USA, l’évidence est de constater qu’ils ont formé ce qu’il convient d’appeler « un acte fondateur », c’est-à-dire un tremplin pour le développement d’opérations de vaste ampleur coordonnées aux intérêts de la puissance américaine. Le principe de transformation de sa réplique a consisté à transposer en projection militaire ce qui relevait techniquement d’une action antiterroriste policière (FBI + CIA).Cette projection sur le pays cible désigné coupable par dérivation (Afghanistan) a permis en tant que telle d’activer l’article 5 de l’OTAN sur la définition de l’agression extérieure, justifiant la mobilisation d’un corps expéditionnaire multinational dans un climat de crise intercontinentale. Outre sa vitesse d’exécution, les gains géostratégiques collatéraux  et implicites de la réplique –  pénétration en Asie centrale, position de revers contre l’Iran – peuvent accréditer l’hypothèse d’une préfabrication de la crise qui, pour être non confirmée, ne semble pas en état d’être infirmée.

18 mois après l’attaque de l’Afghanistan, l’invasion de l’Irak par l’US Army en mars 2003, restera pour l’Histoire un archétype de crise fabriquée, généralement reconnu, dont la justification politique de façade était d’éliminer un danger pour la paix mondiale, et la légitimité morale d’abattre une dictature. Pour compléter ce constat, le prétexte invoqué de la détention d’introuvables « armes de destruction massive » par le régime irakien n’avait pas désarçonné le pouvoir américain de sa position de principe puisque, selon le secrétaire d’Etat à la Défense de l’époque, « l’absence de preuves n’est pas la preuve de leur absence ».

Dans le cas concret de ces deux invasions génératrices de chaos, on a pu observer la capacité américaine, d’une part de fabriquer une crise à objectif de transformation, mais de l’autre une propension à perdre la maîtrise de ses conséquences par négligence de son environnement. Le chaos généré reste cependant un atout objectif aussi longtemps qu’une « patience stratégique » maintient la ressource de transposer à plus long terme l’objectif manqué à court terme.

S’agissant de la crise financière et de ses ricochets économiques dans la zone européenne depuis 2008, des textes très nombreux ont expliqué leurs faits générateurs, les mécanismes de leur déroulement, et les méthodes de leur résolution. Il manque à cette panoplie l’axe directeur qui consiste à considérer cette crise sous l’angle non de sa calamité, mais de son opportunité. Au plan opérationnel, il s’agit de l’utilisation de la crise pour atteindre des objectifs  dont l’acquisition aurait été, sans elle, soit hors de portée, soit différée à échéance plus lointaine. Pour tenter d’encercler la complexité de cette opération, le point de départ est d’abord de vérifier si le traitement de la crise a recherché les moyens d’empêcher que les mêmes causes ne reproduisent les mêmes effets ; le point d’arrivée est ensuite de constater, à la sortie de la crise, la nature de la transformation opérée par son procédé de traitement.

L’évidence initiale est de conclure qu’aucun correctif n’a été apporté au régime de dérégulation financière intégrale instauré dans l’Union Européenne, à telle enseigne que certains experts prédisent, depuis 2017, la gestation en cours d’une crise identique à la précédente. L’autre fait majeur observable est le renforcement très important de la structure centrale de commandement et de contrôle politiques des pays d’Europe par un nouveau dispositif de démantèlement de leur souveraineté.

La stratégie de traitement de crise employée par les autorités de l’Union Européenne est un modèle opérationnel qui méritera de figurer dans les écoles d’état-major, notamment pour l’étude du nouveau type de guerre « binômique ». ( psychologique + financière) expérimenté en Europe à partir de la première crise grecque (2010). Schématiquement, elle a consisté en deux axes : 1) un transfert de culpabilité et de responsabilité des marchés financiers sur les Etats d’Europe, particulièrement ceux de la zone Euro 2) la décision d’amplifier la crise par la greffe d’une «crise dans la crise » permettant ce transfert de culpabilité. L’état-major qui a mis en œuvre cette opération, connu sous le nom de « Troïka », est une « task force » qui se coordonne en arrière-plan avec un pool bancaire sélectionné et fédéré à l’échelon européen, lui-même en liaison avec les agences de notation financière. La force d’intervention de cet état-major repose sur sa flexibilité constitutive par 1) un mix d’organes formels légaux ( BCE, Commission Européenne) et d’organes sans base légale en droit européen   (« l’Eurogroupe » et la Troïka incluant le FMI ) 2) l’assistance occulte et informelle des acteurs privés susmentionnés. La difficulté réelle de compréhension d’un tel modèle reste encore l’inaccoutumance des raisonnements cloisonnés d’économistes ou de juristes à ce type de configuration, et que l’analyse stratégique permet de surmonter.

La double priorité de la task force, précisément stratégique, était d’empêcher le collapsus du système intégré Banques / Bourses / Assurances, et la remise en cause idéologique du régime économique ultralibéral de l’Union Européenne. Faute de capacité auto correctrice de ce régime, et devant le risque d’un crash bancaire systémique, les banques ont dans un premier temps été renflouées par les Etats, au prix d’une aggravation de leur propre endettement, tout en brisant le carcan des traités relatif à ses limites autorisées en stock et en pourcentage.

Dans une seconde phase, ce surendettement forcé a fourni l’opportunité politique de le proclamer non seulement « insoutenable », mais aussi intolérable en tant que transgression des règles budgétaires imparties aux Etats. Simultanément, la « crise de la dette » grecque surgie d’un chiffre d’endettement non fiable, a servi de détonateur pour enclencher l’opération

« Troïka » à cibles multiples : Grèce, Portugal, Chypre, Espagne. Déclarés publiquement à la fois surendettés, réfractaires aux réformes, non compétitifs, et menaces sur la pérennité de la zone Euro, ces Etats ont subi l’attaque concertée des marchés financiers au moyen d’une flambée délibérée des taux jusqu’au seuil critique de la cessation de paiement. La prise de contrôle politique des pays cible s’est ensuite opérée par un nouvel endettement forcé, totalisant plusieurs centaines de milliards d’Euros, et traduisant clairement la thèse de « l’asservissement par la dette ».L’opération a été accompagnée d’une puissante campagne de culpabilisation collective afin de faciliter son absorption psychologique par les masses.

Dans un troisième temps, « l’opération Troïka », habillée en « sauvetage », à la fois des pays cible et de l’Euro, atteint son objectif simultané 1) d’effacer le risque des créances bancaires essentiellement allemandes et françaises sur ces pays, en les remplaçant par des emprunts publics à la charge des contribuables européens 2) d’imposer à ces pays des conditionnalités obligatoires : la privatisation des secteurs publics, la baisse des salaires, l’augmentation des impôts, qui correspondent par ailleurs aux directives générales de l’Union Européenne.

Dans la séquence conclusive, est mis en place un dispositif d’autorisation préalable, et de contrôle à la fois vertical et mutuel, des budgets publics des Etats membres, entré en vigueur en 2013 sous l’appellation « Traité de Stabilité, de Coordination et de Gouvernance » (TSCG). L’effet de miroitement trompeur de ce traité tend à son interprétation comme moyen d’éradiquer les causes endogènes de la crise financière, alors qu’il est essentiellement un outil de contrainte juridique et politique des Etats membres de l’Union Européenne.

Bilan de transformation : le système européen a réussi à exploiter la crise de 2008 en la dérivant vers une crise substitutive, dite « crise la dette », justifiant le nouveau « saut fédéral » formé par le traité budgétaire. Simultanément il a repris dans une certaine mesure le contrôle de l’esprit public par une inversion de causalité affirmée, qui exonère la responsabilité originaire des marchés financiers dans cette crise, pour la reporter sur l’incurie présumée des Etats. Dans cette inversion, le manquement aux obligations du traité est désormais instrumentalisé comme la cause potentielle de toute crise future de même nature en Europe, en raison ouverte de la « perte de confiance des marchés » qui serait à son origine. Ce traité est donc à la fois l’instrument de dissuasion et de coercition qui manquait encore aux traités antérieurs. Plus généralement, le thème récurrent de « la crise de l’Europe », désignée comme crise endémique, reste constamment utilisé pour attribuer sa persistance à la conjonction des « égoïsmes nationaux » et de « l’insuffisance des réformes ».

En conclusion, le « retour d’expérience » de la crise écoulée autorise la prévision d’une meilleure intégration du concept et de l’utilité d’une crise dans la gestion stratégique d’un grand ensemble comme l’Union Européenne. A l’approche de l’élection du Parlement européen en 2019, on pourrait ainsi augurer la fabrication d’une crise comme nouvel accélérateur d’intégration fédérale, qui userait d’une exacerbation dialectique de l’antagonisme entre fédéralistes et souverainistes à l’échelle continentale.

 

 

Michel Ruch est diplômé de l’IEP de Strasbourg et de l’Institut des hautes études européennes. Il a publié L’Empire attaque : Essai sur Le système de domination américain, aux éditions Amalthée.

Les vues et les opinions exprimées dans cet article sont celles de leur auteur et ne reflètent pas nécessairement les vues ou les opinions d’Echo RadaR.

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  1. « Auto dispensée de démonstration rationnelle, donc d’essence religionnaire, l’accusation de théorie du complot (ou conspirationnisme) est un dénigrement de tout travail d’investigation qui conteste le mode d’affichage univoque d’un évènement donné. »

    Si y’a complot, tu te sors les doigts pour le démontrer. C’est pas à tes contradicteurs de faire ce boulot. Ca s’appelle la charge de la preuve. Raconter des conneries pareilles et se draper de rationalité est d’une hypocrisie sans nom.

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