Les conversations dangereuses 3

Fin de cette conversation dangereuse, sur l’art, la gratuité et l’IA…

source

D :
B, il n’y a d’art qu’humain, ou divin pour ceux qui y croient. Mais de l’art produit par de l’IA, je me gausse de rire !
Une machine ressentir des émotions ? Encore faudrait-il pour cela que l’on sache expliquer les émotions et les mettre en équations. Bonne chance ! Mets en équations le coup de foudre mutuel et nous en reparlerons…


Quant aux états internes, savoir que ma mémoire 1 est à 0, ma mémoire 2 à 1, ma mémoire n à ce que tu veux est, permets-moi de le penser, largement différent des états émotionnels de l’homme.
Une machine peut-elle penser ? Définissons d’abord la pensée humaine, mettons-la en équations et après seulement nous pourrons envisager la transplanter dans une machine.
Racisme anti-IA ? Bullshit ! L’argument est bien pire que Godwin puisque la seule évocation du racisme doit suffire à mettre au pas les déviants.

Le monde auquel tu penses, B, je n’en veux absolument pas, car c’est le monde de l’uniformité sous couvert de diversité ; c’est le monde où chacun devra penser dans un cadre défini dont les limites définiront la « liberté » nouvelle ; un monde où, à l’instar de la Corée du Nord, nous devrons nous extasier devant des tas de merde baptisés œuvres d’art par l’intelligentsia dominante ; un monde où la créativité humaine sera absente, où il n’y aura plus de place pour la poésie ; un monde où tout devra être quantifiable et qui bannira tout ce qui est gratuit ; un monde où chacun sera évalué chaque matin en fonction de sa productivité supposée par des algorithmes que personne ne pourra vérifier au motif qu’ils ont été élaborés par les personnes les mieux cortiquées de la terre.Bref, un monde où il ne sera plus possible de penser, d’agir, de créer librement ; un croisement du nazisme, du communisme, du maoïsme et de toutes les autres déviances totalitaires que l’esprit humain est capable de concevoir au comble de sa folie et à propos duquel les concepteurs ne cesseront d’affirmer d’abord que « c’est pour notre bien » (car tout totalitarisme se cache derrière le bien supposé de l’humanité) puis qu’ils n’auront même pas le courage de défendre au motif « qu’il n’y a pas d’alternative ».
Un monde d’irresponsables planqués derrière des machines…
Et pour répondre à ta question de savoir pourquoi la France est le pays qui refuse le plus l’IA (ou, pour être plus dans le vent, a le plus peur de l’IA), c’est tout simplement parce que la France est la « mère des arts, des armes et des lois », le pays qui a le plus développé l’art de vivre, celui qui a fait émerger Bernanos qui a si bien décrit « La France contre les robots », le pays qui, bien que dirigé par une clique d’irresponsables, conserve encore les traces de sa splendeur passée quand tant d’autres la bradent.
Le seul pays au monde qui, bien que sa langue décline, demeure attractif pour tous les amoureux des arts ; le pays où l’utilitarisme n’est pas roi, bref, un des seuls (voire le seul) pays où l’on accorde encore un prix aux personnes humaines, ce que les IA seront incapables de faire.
—————–
H :
Comment rendre l’intelligence artificielle plus généreuse
http://mashable.france24.com/tech-business/20160923-intelligence-artificielle-genereuse
——————
D :
« Nos résultats ont montré que l’évolution favorise une stratégie de donations à ceux qui ont au moins aussi bonne réputation que nous. » -> cela exclut la gratuité, et nous retombons sur la question d’un de mes précédents messages.
« Il est important de se rappeler que nos résultats sont issus d’un modèle simplifié : les décisions de dons simulées n’admettent pas d’exceptions telles qu’on les trouve dans la vie réelle, (…) » Certes, il faut bien commencer par quelque chose, mais pour l’instant le don inter-machines est largement limité.
La vraie question du don est celle de la gratuité : si je donne en espérant quelque chose en retour, alors je ne donne pas vraiment, je suis plutôt dans une relation négociée, voire contractualisée.
Il y a encore du boulot pour que les machines soient considérées comme identiques à l’Homme.
Et ce n’est pas parce qu’une machine est généreuse, qu’elle sera forcément artiste.

FIN

Share/Partage

EchoRadar Blog

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

un + 15 =