How the Trump stole Christmas

Il était une fois le plus grand, le plus puissant, et surtout le plus riche royaume du monde. On y avait pris l’habitude de dépenser sans compter le trésor de l’Etat, à tel point que certains considéraient même dans les grandes manufactures du pays qu’un Noël par an ne suffisait plus, et que l’on pourrait en célébrer un deuxième, un troisième, voire un quatrième. En effet, les principaux bénéficiaires de cette boulimie industrielle n’étaient autre que les fabricants de jouets. Jouets pour enfants… jouets pour adultes surtout. Aussi bien que plus personne ne ressentait le besoin de croire à l’illustre Père Noël… le royaume se suffisait bien à lui-même, et pouvait même combler les besoins de ses nombreux alliés !

Depuis des décennies, chacun des illustres dirigeants du royaume avait pris l’habitude de commander des centaines, des milliers parfois, d’objets flattant la toute puissance de leur nation. Les usines tournaient à plein régime, facturant au prix fort auprès de la Grande Maison Blanche (le palais d’où était dirigé le royaume) des produits luxueux qui la feraient rayonner de par le monde, bien au delà de ses frontières. Il en était ainsi depuis plus d’un demi-siècle alors que brusquement… le vent tourna. Et personne ne fut en mesure de le présager.

En cette an deux mille seize après la venue des Rois-Mages, ces haut-dirigeants qui inaugurèrent la tradition des cadeaux de l’Etat, les manufactures se portaient bien. Elles faisaient travailler le petit peuple selon leurs conditions, et on leur avait même confié la défense du pays. Aussi étaient-elles, selon la légende, en mesure de fournir le plus incroyable arsenal de tous les temps à la Grande Maison Blanche. Et selon elles, à des prix défiants toute concurrence. De toute manière, de concurrence il n’y avait plus guère.

Depuis bientôt quinze ans, on a avait même promis aux quelques rois qui s’étaient succédés l’arme suprême: un avion, oui un avion si supérieur, si intelligent, si beau, que plus jamais aucun ennemi n’aurait osé défier la Grande Maison Blanche. Cette dernière fut immédiatement conquise par cette idée, et les marchands de la puissante firme « Martin » rentrèrent satisfaits dans leur manufacture, lançant la production de ce qui serait le plus coûteux programme jamais vu au sein du monde connu. Devant une  telle grandiloquence, l’enthousiasme était total.

Seulement après des années de fastes, le Royaume et le monde avaient dû traverser une grave crise. Et les puissants, les élites, ne réduisaient pourtant pas leurs dépenses… pendant que les sujets eux avaient en revanche dû sacrifier bien des plaisirs. La colère grondait au sein du peuple, mais, aveuglés par les dorures, les dirigeants ne l’avaient pas vu.

Ce Noël perpétuel touchait à sa fin, et si Noël marque bien une chose, c’est le début de l’hiver. Peu en ce monde pouvaient être en mesure de se rappeler la vieille légende du Grinch, ce facétieux troll dont le seul but étaient de gâcher le Noël des bienheureux. Pensez-vous, des années d’opulence avaient troublé les mémoires !

Vînt donc le temps de la grande élection, par le peuple tout entier, du nouveau roi. Un candidat bien singulier émergea et s’imposa très vite dans la course à la Grande Maison Blanche. Qualifié de trublion, de grossier personnage, on ne le prit au sérieux que dans la dernière ligne droite. Surtout, la fracture au sein du royaume apparut au grand jour aux yeux de tous, et de la Cour en dernier lieu.  Bien trop tard pour empêcher son triomphe.

Et ce que personne ne vit en revanche.. c’est que sous les traits de ce nouveau roi du monde, se cachait le Grinch, qui avait su duper tout son monde. Et celui-ci pu enfin mettre son plan à exécution.

Déjà, durant son explosive campagne pour prendre le pouvoir, il avait fustigé les grands ateliers: pourquoi le Royaume continuerait-il de payer si cher des produits défectueux ? Et notamment ce fameux avion hors de prix qui ne tenait pas ses promesses ? Il fallait que ça change, une bonne fois pour toute. La menace ne fut pas prise au sérieux, les signes avant-coureurs donnant pourtant une indice sur l’avenir. Dans les terres enneigés du royaume du nord en effet, grand allié s’il en est, ce même aéronef avait été dénoncé par le jeune prince récemment monté sur le trône…

Même sur la terre ancestrale des Rois-Mages, clients eux-aussi de la maison « Martin », le doute s’installait.

La grande élection passée, partout désormais, on avait peur. Dans la glorieuse vallée de l’ouest, où l’on programmait le monde de demain, on n’en dormait plus la nuit. Chez les grands constructeurs de carrosses, qui lorgnaient eux sur un royaume plus au sud, où les rumeurs racontaient que le labeur était effectué à un coût bien moindre. Chez les tout-puissants concepteurs de machines volantes enfin, en premier lieu la maison « Martin ». Même l’achat d’un nouvel avion royal « Air Force One » était remis en cause (certains appellent encore cela un traîneau) !

 

La maison « Ford » fut la première à céder et à se plier à la volonté du Grinch. Chez « Martin », il fallait réagir et on promit à corps et à cris une ristourne sur la facture qui avoisinait déjà les 400 milliards de crédits royaux. Elles ne seraient sans doute pas les dernières.

Le Grinch, sous le nom de « Trump » venait de voler Noël.

Thomas Schumacher, Pax Aquitania

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Thomas Schumacher

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