L’Echo du mois avec Mounia Rhka – Girls in Tech

L’Écho du mois permet d’échanger, au travers d’une interview, avec des personnalités dont l’action s’inscrit dans les thèmes relatifs à la stratégie, à ses diverses variantes, à ses évolutions technologiques et à leur influence sur celle-ci.

Mounia Rkha (Schibsted Growth) (1)

Mounia est Investment Manager chez Schibsted Growth où elle investit dans des startups Internet et Mobiles pour le compte du groupe Schibsted (propriétaire notamment du site Le Bon Coin). Avant cela Mounia a d’abord passé 3 ans en capital risque chez Ventech avant de se lancer dans l’entrepreneuriat et a co-fondé MyDeal.ma, un des premiers sites d’achat groupé au Maroc.

Pouvez-vous nous présenter l’association “Girls in Tech” ?

Girls in Tech est une association qui vise à promouvoir les carrières technologiques, entrepreneuriales et digitales auprès des femmes. Nous croyons beaucoup à la théorie des modèles pour inspirer et organisons donc des évènements pour mettre en lumière des parcours et personnalités exemplaires.

Girls in Tech Paris est la branche française d’un réseau international, quelles sont, sur le sujet de l’entreprenariat féminin tech, les spécificités françaises, positives et négatives, par rapport aux autres pays ?

La France n’est ni mieux ni moins bien lotie que les autres pays occidentaux similaires (Europe, US). Dans ces pays, les femmes sont libres de choisir leur métier depuis longtemps et restent pourtant sous-représentées et moins bien payées que les hommes dans les postes et carrières de haut niveau. Pourquoi ? Nous pensons que les préjugés ont la vie dure et que les femmes de ces pays-là ont encore de fausses représentations de certains secteurs et métiers. Il faut casser ces barrières en leur donnant à voir des femmes qui travaillent, réussissent et s’épanouissent dans ces carrières. L’effet souhaité étant de leur faire penser « Pourquoi pas moi ? »

Immergées dans la sphère numérique internationale, comment est perçue la France par les autres entrepreneurs et décideurs que vous êtes amenées à rencontrer ? Estimez-vous que nous pouvons réellement jouer les premières places dans les prochaines années ?
Nous avons observé une amélioration significative de l’image de la France à ce niveau depuis quelques années. Alors que nous étions victimes de « French bashing » vers 2010 – 2011, nous sommes maintenant considérés comme un de pays les plus dynamiques pour entreprendre. Certaines success stories récentes y ont largement contribué avec notamment l’introduction en bourse de Critéo.

Quels sont vos liens avec les initiatives du secteur public en matière de numérique notamment avec l’ancienne ou l’actuelle secrétaire d’Etat du numérique (Fleur Pellerin et Axelle Lemaire)? Girls in Tech répond- elle à un manque de valorisation de l’Etat sur ces problématiques?

Nous avons eu la chance d’être plutôt soutenues par les récentes secrétaires d’état au numérique qui sont venues à nos évènements et ont communiqué leur soutien. Nous n’avons par contre pas collaboré plus en profondeur avec le secteur public pour le moment.

Les initiatives féminines se développent (ex : girlzinweb, cyberelles, femmesdunumériques.com, etc.) que cela démontre-il en terme d’(in)égalité hommes/femmes?
Cela démontre que nous ne sommes pas encore à l’égalité mais aussi qu’un vent d’optimisme souffle. Le numérique est une opportunité unique pour les femmes de s’épanouir et d’atteindre l’égalité.

Comment arriver à motiver les femmes aux nouvelles technologies?

Il faut casser des préjugés que nous pouvons avoir sur les techs et les geeks, mais aussi montrer qu’il y a plein de métiers et parcours possibles dans les nouvelles technologies. On peut créer une startup sans savoir coder par exemple.

Quels sont, selon vous, les qualités de femmes entrepreneuses du numérique par rapport aux hommes?

Je ne veux pas verser dans le cliché des qualités propres aux femmes : il y a de tout. Ce qui est intéressant c’est d’avoir des équipes mixtes et diversifiées. Cela permet en général de donner lieu à plus d’innovation, de créativité.

N’avez-vous pas peur d’être affublées du dénominatif de geekettes? En jouez-vous ou cela vous offusque-t-il?
Les profils de nos membres sont suffisamment diversifiés et complexes pour éviter cela. Par contre quel que soit le métier que nous exerçons, ce qui nous réunit toutes, c’est le rôle joué par les tech dans nos vies. Un article que j’ai trouvé amusant sur les nouvelles générations de business women http://madame.lefigaro.fr/societe/generation-muppies-230115-93935

Que vous inspire EchoRadar et que voulez-vous nous souhaiter ?
J’aime toutes les initiatives qui bousculent les medias traditionnels. Ce secteur qui pourrait sembler en crise sur bien des aspects, nous réserve à mon avis de bien belles surprises. Les nouveaux acteurs comme EchoRadar, qui ont une approche originale et qui cassent les codes, vont sûrement jouer un rôle capital dans le paysage médiatique de demain. C’est tout le mal que je vous souhaite !

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